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La Chine, employeur « écolo » de l’année

La Chine, employeur « écolo » de l'année
Avec une population active forte d'environ 790 millions d'âmes, le secteur des énergies renouvelables constitue une aubaine pour la Chine qui est passée maître dans l'art de créer des emplois verts

Que la Chine soit un pays très compétitif où la productivité règne en maître n’est pas nouveau. Que cela soit dans le domaine des emplois verts pourrait surprendre. L’Empire du Milieu, premier émetteur de gaz à effet de serre (GES), a pourtant investi 34,6 milliards de dollars, soit près de 25 milliards d’euros, l’année passée pour verdir son économie. Désormais, la Chine est le pays qui emploie le plus grand nombre de salariés dans le secteur des énergies renouvelables, talonnée par les Etats-Unis.

Six des plus grosses entreprises spécialisées dans les énergies renouvelables sont Chinoises selon le rapport « Clean Tech Job Trends 2009 » publié par la société d’audit Clean Edge. Il y est précisé en outre que malgré la santé fragile de l’économie mondiale, un secteur continue de générer des créations de postes très bien rémunérés : celui des énergies renouvelables. Des emplois verts qui se sont multipliés en Chine au point de représenter 700 000 des trois millions de postes créés dans ce secteur en 2009 dans le monde. La filière solaire, largement promue par le gouvernement chinois, est la plus dynamique. Il semblerait d’ailleurs que la France et l’Allemagne se préparent à déposer une plainte antidumping contre la Chine auprès de l’Union européenne, alors que le pays exporte ses panneaux solaires à des prix plus que compétitifs. Jean-Louis Borloo, ministre français de l’Ecologie, souhaiterait voir baisser les importations de ces produits made in China afin de laisser une chance à l’industrie photovoltaïque de se développer dans l’Hexagone.

Ron Pernick, l’un des auteurs du rapport rendu par Clean Edge, a cependant tenu à nuancer l’avance prise par la Chine, précisant qu’ « Il est impossible qu’un pays occupe à lui tout seul une position dominante dans chacune des filières « propres ». La révolution des technologies vertes va s’opérer de manière sporadique ».

L’Empire du Milieu est en effet talonné par d’autres pays qui ont su se montrer très compétitifs à leur tour. Le Brésil, la Corée du Sud, l’Allemagne, le Japon ou encore les Etats-Unis n’ont pas l’intention de se laisser distancer. « Il y a une concurrence sérieuse sur le terrain de jeu mondial », a ainsi souligné Ron Pernick.

Le bilan contrasté des Etats-Unis

Les performances de la Chine pourraient bien inciter d’autres pays à intensifier leurs efforts. C’est le cas des Etats-Unis où le gouvernement  a consacré 1,6% du budget dédié à la relance économique à la promotion des emplois dans le secteur des technologies vertes. Bilan mitigé : 70% des produits utilisés dans des installations de ce type installés continuent de provenir de l’étranger.

Mais selon Clean Edge, la raison de ce bilan tient aussi à l’absence de ce que les Américains appellent le « Renewable Portfolio Standard », autrement dit la quote-part qui correspond à un pourcentage d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables à atteindre à une échéance précise. Nombreux sont les pays qui ont déjà adoptés de tels objectifs dont la Chine qui a misé sur 15% d’électricité « propre » d’ici 2020. Une telle mesure constituerait un levier de croissance important pour le pays puisqu’elle inciterait les investisseurs à se montrer moins frileux. Plus généralement, il ressort du rapport que c’est une politique environnementale globale qu’il manque à l’Oncle Sam, tant en matière de régulation que de mesures économiques viables.

Le tableau n’est cependant pas tout noir à en croire les performances des Etats-Unis en matière d’énergie solaire – filière qui génère le plus d’emplois verts –, d’éolien – le pays possède le plus grand parc onshore du monde –, ou de véhicules propres. La Californie et sa Sillicon Valley font pour l’instant figures de modèles.

Mais au sud de l’Etat, de l’autre côté de la frontière, un autre pays est entré dans la compétition. Le rapport « Clean Tech » indique ainsi qu’ « avec sa main d’oeuvre bon marché et sa situation géographique avantageuse, le troisième partenaire commercial des Etats-Unis attire ceux qui espèrent s’introduire sur le marché Nord-Américain des technologies vertes à moindres frais ». Le Mexique a d’ores et déjà séduit le fabriquant de panneaux solaires japonais Sanyo et le spécialiste de l’éolien allemand Liebher.

En tout, Clean Edge a identifié plus de vingt-cinq filières comme le stockage d’énergie solaire et les matériaux de construction écologique, qui stimulent la création d’emplois. « Les emplois verts ne sont pas improductifs comme le prétendent leurs détracteurs, mais représentent au contraire l’un des secteurs les plus dynamiques dans le paysage des nouvelles technologies », conclut le rapport.

La France n’est pas en reste : les emplois verts en France ont bénéficié d’un coup de pouce du gouvernement et Valérie Léthard, secrétaire d’Etat à l’Ecologie, table sur « 600 000 emplois créés ou maintenus à l’horizon 2020 ».

L’écologie est sans nul doute un domaine économiquement porteur et qui, à ce titre, a de beaux jours devant elle. La multiplication des initiatives destinées à promouvoir l’emploi vert à travers le monde en constitue un témoignage éloquent.

Crédit photo : Saad Akhtar
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