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Alors que les compagnies aériennes, contraintes de réduire leurs émissions de CO2, cherchent une alternative au kérosène, les biocarburants à base de jatropha notamment, ont la cote. Mais leur utilisation a été à plusieurs reprises décriée du fait de leur exploitation qui empiète sur les productions agricoles, et ce, sans compter les fortes émissions de CO2 que leur conception suscite. A l’heure actuelle, seule la culture d’algues semble ne poser aucun problème et être l’alternative la plus viable pour la fabrication d’agrocarburant.
Mais il semblerait bien que la bactérie E.coli qui est en train de terroriser l’Europe et qui a tué, aux dernières nouvelles quarante-huit personnes outre-Rhin, puisse elle aussi contribuer à la conception d’un nouveau « carburant vert ». C’est en tout cas ce que soutient Jay Keasling qui dirige l’institut de bioénergie du département américain de l’énergie. Et ce n’est pas la première fois que les scientifiques l’utilisent à des fins tout à fait honorables… Cette bactérie en ce moment largement diabolisée s’avère en effet être dans certains cas très bénéfique : elle joue un rôle important dans la production de vitamine K (NDLR : qui aide à la coagulation du sang) et elle produit de l’insuline semblable en tout point à l’insuline humaine… Mais aujourd’hui les scientifiques lui ont trouvé une nouvelle fonction… En effet, ils estiment que la bactérie E.coli génétiquement modifiée pourrait permettre de produire du biocarburant.

Des chercheurs ont en effet réalisé diverses expériences et sont parvenus à modifier son génome, la rendant ainsi apte à convertir en biocarburant des sources naturelles de carbone, comme le sucre par exemple. Mais pour l’heure, le rendement de ces bactéries est encore insuffisant pour envisager l’introduction de ce nouveau carburant sur le marché. Si les entreprises investissent, M. Keasling espère bien sa commercialisation d’ici cinq ans. Et ces bactéries ont toutes leurs chances de séduire les investisseurs. En effet, tout comme les biocarburants à base d’algues et d’huile de friture,  ici la conception ne prévoit en aucun cas de s’accaparer les terres des pays en développement au détriment des cultures alimentaires locales. Ainsi, cet agrocarburant ne contribuerait donc pas à l’envolée des prix des denrées alimentaires et ne viendrait pas empiéter sur les forêts…
Une nouvelle alternative qui pourrait redorer le blason de cette bactérie. Mais pour l’anecdote, sachez tout de même que la bactérie E.coli est aussi utilisée dans la fabrication de certains plastiques ou dans certains tapis… Mais ça, les sociétés commercialisant ces produits se sont bien gardées de le mentionner sur leurs étiquettes…

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