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Japon : une barge géante installée au large de Fukushima

Japon : une barge géante installée au large de Fukushima
Une barge permettant de stocker jusqu'à dix mille tonnes d'eau radioactive est amarrée depuis samedi au large de la centrale de Fukushima 1. Une mesure bienvenue alors que TEPCO vient de confirmer la fusion de barres de combustibles dans les réacteurs 2 et 3 et que des quantités astronomiques d'eau contaminée doivent être filtrées pour assurer le refroidissement des turbines

Une barge pouvant contenir environ dix mille tonnes d’eau radioactive a été amarrée samedi près de la centrale nucléaire accidentée.

L’exploitant TEPCO est en pleine tourmente, avec des déficits abyssaux, les très probables révocations d’ici fin juin de son PDG Matasaka Shimizu et de son directeur général adjoint Sakae Muto et surtout des dégâts sensiblement plus graves que prévu sur les réacteurs 1, 2 et 3. Prise au piège de sa propre légèreté, l’entreprise mettra de longs mois à rétablir la situation sur le site de Fukushima 1 (Japon) et va devoir procéder à des coupes franches sur son champ d’activités, sans qu’il soit certain que les sacrifices à venir lui suffisent à éviter la banqueroute.

On l’a évoqué, le changement de cap officialisé la semaine dernière, lui, ne s’est pas traduit par des reports d’échéances. L’opérateur table en effet toujours sur un « arrêt à froid » d’ici janvier prochain et entend bien faire mentir ces nombreux experts selon lesquels le calendrier initial ne pourra pas être respecté. L’amarrage ce week-end d’une gigantesque barge de stockage – elle mesure cent trente-six mètres de long et quarante-six mètres de large – témoigne de cette volonté, des moyens hors norme déployés par TEPCO pour refroidir les réacteurs et a fortiori du caractère épique des opérations de secours. Reste à savoir combien ils seront à y prendre part, sachant que quelque quatre neuf cent cinquante-six « liquidateurs » auraient déjà été surexposés aux radiations.

A la barge dépêchée au large de la centrale accidentée et qui a vocation à éviter des déversements dans le Pacifique semblables à celui, tragique, de début avril s’ajoutent des réservoirs destinés eux aussi à entreposer d’importantes quantités d’eau contaminée, a précisé TEPCO. La compagnie électrique nippone peut également compter sur le soutien logistique des fers de lance français du nucléaire Areva et EDF, qui ne sera pas de trop au regard du défi chaque jour plus herculéen auquel elle est confrontée.

Le gouvernement va miser sur le solaire

Conformément aux allégations de nombreux spécialistes et du gouvernement japonais, qui en ayant fermé provisoirement la centrale d’Hamaoka, le temps de bâtir un mur anti-tsunami et de durcir les normes de sécurité, a apporté la preuve par les actes qu’il mettra toutes les chances de son côté pour ne pas vivre un nouveau cauchemar atomique, l’entreprise a en effet indiqué tout à l’heure que des barres de combustibles ont fusionné dans les réacteurs 2 et 3 de la centrale de Fukushima. La fusion s’est selon TEPCO produite le 13 mars sur le numéro trois et le lendemain sur la turbine numéro deux, soit respectivement deux et trois jours après le tremblement de terre et le tsunami et alors que des hélicoptères tentaient désespérément d’abreuver d’eau de mer les réacteurs surchauffés.

Tout comme celle du réacteur 1, les cuves de pression de ces turbines sont probablement percées et on peut légitimement s’interroger sur le fait qu’il ait fallu près de deux mois et demi à l’exploitant pour constater l’ampleur réelle du désastre. Il n’y a sans doute pas loin d’ici à ce qu’il soit une nouvelle fois accusé de rétention d’informations et essuie d’autres critiques sur sa stratégie de communication, même si un responsable de TEPCO a pris les devants en expliquant que l’entreprise a récupéré petit à petit des informations et les a ensuite méthodiquement analysées avant d’en arriver à cette douloureuse conclusion.

Celle-ci, pas franchement surprenante vu la cascade de mauvaises nouvelles en provenance du Japon, intervient après une série de commentaires laudateurs des autorités au sujet des énergies renouvelables. Leurs détracteurs ont beau émettre de vives réserves sur leur solidité, les éoliennes nippones ont à la différence de la centrale de Fukushima 1 bien résisté au tremblement de terre et au tsunami du 11 mars dernier mais c’est semble-t-il sur le développement de l’énergie solaire que Tokyo veut porter l’accent. D’après nos confrères du quotidien Nikkei, des panneaux photovoltaïques pourraient ainsi être installés sur l’ensemble des bâtiments neufs à partir de 2030.

Le Premier ministre Naoto Kan devrait expliciter ses intentions lors du prochain sommet du G8, qui se tiendra à Deauville (Calvados) jeudi et vendredi. Selon toute vraisemblance, et même si l’objectif de 50 % d’électricité d’origine atomique à l’horizon 2030 a plus que jamais du plomb dans l’aile, il annoncera également la poursuite du programme nucléaire nippon. Sous réserve d’un renforcement des normes de sécurité effectivement indispensable.

Crédits photos : flickr – daveeza / Abi Skipp
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  • vtourisme

    Le gouvernement prend enfin ses responsabilités, c’est parfait.