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Les îles vertes : des modèles à suivre


Les exemples de communautés non interconnectées au réseau métropolitain et visant l’autonomie énergétique à travers le tout renouvelable se multiplient dans le monde. La France n’est pas en reste, notamment grâce à l’île de la Réunion, véritable territoire d’innovations en matière de production d’électricité propre
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En juin 2014, le président de la communauté insulaire d’El Hierro, inaugurait, sous les flashs des journalistes, la nouvelle centrale hydroéolienne Gorona del Viento. Modèle unique au monde, elle a permis à cette l’île des Canaries de 10 000 habitants, de devenir la première au monde à bénéficier d’une production d’électricité entièrement renouvelable. Associant cinq éoliennes à deux bassins,  elle couvre  les besoins de la population et des activités industrielles de l’île.

Des obstacles divers mais surmontables

La particularité du modèle d’El Hierro est d’être parvenu à s’adapter au problème de stockage inhérent à l’énergie d’origine éolienne. En effet, l’excédent d’électricité créé par le parc éolien permet de propulser de l’eau de mer adoucie vers un bassin situé à 700m au dessus du niveau de la mer.  Lorsque le vent tombe et empêche le bon fonctionnement des éoliennes, cette eau se déverse dans un bassin, situé lui à 650m au dessus du niveau de la mer. La puissance de cette énergie hydraulique est de 11,3 mégawatts. Soit quasiment autant que celle du parc éolien.

En 2015, l’ile de Soren, au Danemark, est elle aussi parvenue à l’autonomie grâce à l’électricité totalement renouvelable. Alors que 90% de la production provient du parc éolien, la difficulté majeure, reconnaît, Soren Hermansen,  directeur de la Samso Energy Academy, a été de « convaincre les gens ». En effet, l’île bénéficie d’une exposition constante au vent, ce qui lui permet de mettre au second plan les problèmes de stockage.

Un long travail de dialogue avec la population a donc été entrepris afin de sortir de ce que Soren Hermansen désigne comme la « mentalité, pas dans mon jardin ». « Pour que ce projet marche, il fallait qu’il soit démocratique, communautaire. Les gens n’auraient pas accepté qu’une entreprise extérieure leur impose des éoliennes de 70 m devant leurs fenêtres, sur leurs terres ».

Les exemples se multiplient

Outre la pédagogie classique sur les bienfaits du renouvelable, une des solutions imaginées par les pouvoirs publics locaux a été de pousser la population à financer cette transition. Une réussite puisque près de 500 familles, sur les 4000 habitants que compte l’îlot de 114 km2, ont consacré une partie de leurs économies au projet.

Une implication financière de la population, qui a également été mise en place sur l’île allemande de Pellworm, dont la réussite débouche même sur un excédent de production vendu sur le continent.

Si les exemples de ce type restent rares, de nombreux projets sont en cours, notamment en France, sur les îles du Ponant, au large du Finistère. Les maires des communes insulaires de Sein, Molène, et Ouessant, se sont lancés le défi de fonctionner au tout renouvelable d’ici 2030. Ils ont notamment reçu une aide de l’Etat à hauteur de 500 000 euros.

Un projet fou est également imaginé par l’entreprise germano hollandaise TenneT, en partenariat avec le groupe danois Energinet. L’objectif est de créer une île artificielle de 6 km2, en pleine mer du Nord. Equipée de panneaux solaires et de près de 7000 éoliennes, elle pourrait fournir de l’électricité à 80 millions de personnes, situés dans six pays différents (Islande, Grande-Bretagne, Norvège, Danemark, Allemagne, Pays-Bas)  Le projet pourrait voir le jour d’ici 2050.

La Réunion : un territoire français en avance

La majorité des « îles vertes » sont aujourd’hui des expériences à petite échelle. Cependant, on peut espérer que dans les prochaines années, des territoires plus importants parviendront à  dépendre uniquement d’énergies renouvelables. En ce sens, l’île de la Réunion apparaît comme l’exemple type des possibilités futures en terme de mix énergétique.

Véritable vitrine en matière d’innovations, l’île de près de 900 000 habitants s’est engagée dans une mutation profonde de son modèle de production d’électricité. Une transformation qui s’inspire notamment du succès des expériences menées à Soren ou Pellworm ou El Hierro. Une démarche qui porte déjà ses fruits puisqu’aujourd’hui, 36 % de la production électrique est issue d’énergies renouvelables.

Différentes initiatives ont ainsi été mises en place, permettant au territoire ultramarin d’envisager une production d’électricité 100% renouvelable à horizon 2050. L’innovation majeure, et sans doute décisive pour la réussite future de cet objectif, est l’amélioration des capacités de stockage de l’énergie produite.

Alors que l’éolien est minoritaire, en raison du relief trop important, les Réunionnais ont largement recours au solaire photovoltaïque. Un système  instable, dans la mesure où il dépend des conditions météorologiques. Ainsi, pour pallier à d’éventuelles baisses de production, l’île est contrainte d’utiliser, en parallèle, des énergies carbonées, telles que le fioul ou le charbon.

Cependant, les expérimentations menées depuis quelques années semblent prometteuses. En partenariat avec Météo France, EDF a mis en place un système de stockage permettant au réseau électrique de s’adapter aux aléas climatiques. EDF jouant un rôle moteur dans le développement des énergies renouvelables sur l’île de la Réunion.

Selon un procédé naturel, l’énergie produite est transformée en hydrogène par électrolyse. Puis, à l’aide d’une pile à combustible, elle peut ensuite être retransformée en électricité et injectée dans le réseau en fonction des besoins.

Afin de développer ce procédé à grande échelle, EDF a installé à Saint-André,  au nord de l’île, une batterie utilisant la technologie sodium-souffre (NaS). Dotée d’une puissance d’un Mega Watt (MW), elle est aujourd’hui l’un des plus gros dispositifs de stockage utilisé par un pays européen.

Une installation qui devrait être complétée, dans les prochaines années,  par un parc de batteries atteignant la puissance de 5 Mega Watts(MW), ce qui permettrait à la Réunion de poursuivre sa course au tout renouvelable et d’atteindre, d’ici 2050 l’autonomie complète.
© Photo : EDF – FACHE MORGAN

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