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Gaz de schiste : José Bové monte au créneau

Gaz de schiste : José Bové monte au créneau
Après celui mené contre les OGM, José Bové s'est engagé dans un nouveau combat : le gel des prospections en vue d'extraire du gaz de schiste en France

L’eurodéputé (Europe Écologie-Les Verts) réclame le gel des prospections autorisées par le ministère de l’Écologie.

C’est LA grande polémique environnementale de cette fin d’année et il est très probable que cette proclamée recette miracle pour l’indépendance énergétique suscite, au même titre que l’extraction des sables bitumineux avant elle, une mobilisation internationale des associations de protection de la nature dans les années à venir. Un flou dérangeant plane sur les méthodes d’exploitation du gaz de schiste et en particulier sur le liquide de fracturation à haute pression qui pousse ledit gaz à la surface.

Mis au point par la société Halliburton, qui était notamment chargée du cimentage du fameux puits Macondo mais qui ne fait curieusement pas partie des entreprises poursuivies par l’administration Obama à la suite des ravages provoqués par l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique, celui-ci est constitué « de sable, d’eau et de pression », « précise » la multinationale américaine sur son site Internet. Difficile de faire plus vague, et si les Gérard de l’Écologie existaient Halliburton aurait sans aucun doute pu prétendre à mettre tout le monde d’accord cette année.

Car on sait en revanche que chaque fracturation de la couche de schiste requiert entre sept mille et quinze mille mètres cube d’eau (la moitié tout au plus remonte à la surface) et que l’opération se traduit par d’importantes fuites d’hydrocarbures, en plus de nécessiter l’affectation de centaines de camions. Les risques de fissure du coffre de béton, que nous avons déjà évoqués en début de semaine dernière, sont par ailleurs élevés, d’où des échappements de gaz et du liquide de fracturation et, par extension, des conséquences sanitaires potentiellement gravissimes. Pollution en surface, contamination des nappes phréatiques : les défenseurs de l’environnement préjugent d’un véritable désastre.

« Ni analyse, ni réflexion ni débat public »

Compte-tenu de tous ces éléments, le quidam est fondé à s’interroger sur l’aval donné au printemps dernier par Jean-Louis Borloo à l’exploration de dix mille kilomètres carrés de terres françaises. Passant outre le principe de précaution, négligeant les études d’impact, l’ancien ministre de l’Écologie a en effet délivré en catimini trois permis exclusifs pour permettre au fleuron national Total, au groupe suisse Mouvoil et à la société américaine Texas Schuepbach Energy de prospecter dans une zone d’environ dix mille kilomètres carrés s’étendant de Montélimar (Drôme) et Montpellier (Hérault). Parmi les contrées concernées, le plateau du Larzac, havre de paix qui est aussi aux dires du plus célèbre paysan français « le château d’eau de toute la région sud ».

José Bové l’a saumâtre et il n’est pas le seul. L’association Les Amis de la Terre, co-organisatrice avec lui et ses partisans d’une réunion d’information qui s’est tenue lundi dans la commune aveyronnaise de Saint-Jean-de-Bruel, concernée au premier chef, refuse elle aussi de jouer les victimes expiatoires.

« On a donné les autorisations sans analyse ni réflexion et sans aucun débat public sur les avantages et les inconvénients », regrette le député européen, qui prône un moratoire « pour mener ce débat public avant de commencer le moindre forage » et sera la figure people du « comité de vigilance » créé à l’issue de la réunion précitée.

Les opposants à la décision gouvernementale comptent en outre sur le soutien des municipalités, dont certaines pourraient prendre des arrêtés en vue d’interdire les forages. Pour l’heure, aucun n’a encore été effectué et le début des travaux n’est pas daté, ainsi que l’a précisé la préfecture de l’Aveyron, laquelle aura toutefois bien du mal à canaliser les velléités de révolte.

Ces dernières sont d’autant plus compréhensibles que les techniques d’exploitation du gaz de schiste sont en plein essor outre-Atlantique. M. Bové redoute donc une « ruée des firmes gazières sur les Cévennes et le Larzac » qui laisserait « présager d’un nouveau combat fondamental pour la sauvegarde des ressources naturelles », quatre décennies après les célèbres manifestations « hippisées » contre l’extension du camp militaire du Larzac.

Il est en l’occurrence question « de trous tous les deux cents mètres et de créer un vrai no man’s land là où vivent des gens », prophétise l’écologiste, qui devrait pouvoir compter sur le soutien global des habitants.

Parce qu’ils ont indiscutablement leur mot à dire, il faudra les écouter. L’idéal auquel croient encore les adversaires des gaz de schiste serait de faire d’abord en fonction d’eux et de leur environnement. Les autorités auraient tort de douter qu’ils seront prêts à tout pour que les choses se passent ainsi.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Guillaume Paumier / Sylvagnac
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  • notre nature

    Je suis impatient de voir ce que fera un ministère digne de son nom : ministère de l’écologie. Et qui ne sera pas bridé ou moqué par le pouvoir socialiste ou méprisé et magouillé par la droite. En attentendant , MERCI José Bové et bonne vigilance…

  • bertile

    Bonjour,
    José Bové ne doit pas être le seul à monter au créneau. Afin de faire circuler l’info sur les gaz de schiste, J’ai créé un groupe sur facebook, “Contre la prospection de gaz sur le Larzac”.
    http://www.facebook.com/group.php?gid=62462810909

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