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Fukushima : TEPCO sent le vent du boulet

Fukushima : TEPCO sent le vent du boulet
L'accident de Fukushima a plombé les finances de l'opérateur TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), dont l'action vient de tomber à son plus bas niveau depuis 1974

Confronté à des indemnisations qui se chiffrent en milliards de dollars, l’exploitant de la centrale nucléaire de Fukushima 1 (Japon)  n’a jamais été aussi près de mettre la clef sous la porte.

L’action de la compagnie électrique vient en effet de dégringoler de 27,6 % en clôture. La faute à un nouveau pic de radioactivité dans le réacteur 1 qui rappelle si besoin était qu’il faudra encore beaucoup de patience et d’énergie pour assurer l’« arrêt à froid » des réacteurs, originellement prévu début 2012 avant que la direction de TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany), concédant la fusion du coeur des turbines 1, 2 et 3, n’annonce de nouvelles prévisions moins optimistes et plus conformes à celles de la plupart des spécialistes.

Le titre a provisoirement plongé à deux cent-six yens, soit un euro et soixante-quinze centimes (!) et une action à son plus bas niveau depuis l’entrée en Bourse de l’entreprise en 1974. La perte nette pour l’année budgétaire avril 2011-mars 2012, elle, pourrait selon l’agence d’information Kyodo atteindre cinq cent soixante-dix milliards de yens (environ quatre milliards huit cent cinquante millions d’euros). Un chiffre qui ne tient pas compte des dédommagements précités… Tokyo ayant multiplié les déclarations faisant état d’un soutien financier relatif (NDLR : le plan de sauvetage annoncé il y a trois semaines par le gouvernement pourrait en outre être remis en cause en cas de démission du controversé Premier ministre Naoto Kan), les analystes craignent le pire pour TEPCO qui, quoi qu’il arrive, devra fortement restreindre son champ d’activité et tenter de convaincre les banques, ce qui ne sera pas une sinécure et relèvera même de l’impossible si, comme le redoutent nos confrères, le groupe devait se retrouver avec une trésorerie limitée à cent milliards de yens (huit cent-cinquante millions d’euros) en mars prochain.

Bien que l’action ait dévissé de 90 % depuis le début de la catastrophe – laquelle, conjuguée à un grave déficit d’image, a eu raison du PDG Matasaka Shimizu, remplacé par Toshio Nishizawa, nouveau pilote d’un avion promis à s’écraser – , le Tokyo Stock Exchange a indiqué que, pour l’heure, le retrait du titre de la cote n’est pas d’actualité. Les responsables de TEPCO ont eux aussi tenté de rassurer les actionnaires, soulignant notamment que les chiffres avancés par Kyodo ne sont pas officiels. Ça n’empêche : à l’image de la compagnie aérienne Japan Airlines l’an passé, il est très probable que l’opérateur soit prochainement placé en redressement judiciaire pour ensuite être relancé.

nucléaire : l après fukushime se révèle catastrophique pour Tepco

« Un mur haut de dix mètres et jamais le grand public n’aurait entendu parler de Fukushima »

Sur le terrain, l’acheminement par camions de trois cent soixante-dix citernes destinées à stocker les dizaines de milliers de litres d’eau contaminée sur le site a été officialisé hier. D’une capacité totale de plus de quarante mille tonnes d’eau radioactive, elles s’adjoindront à la barge géante amarrée au large de la centrale depuis le 21 mai dernier, qui peut quant à elle contenir dix mille tonnes d’eau contaminée.

Deux nouveaux employés de TEPCO ont par ailleurs été surexposés aux radiations. Intervenus sur les réacteurs 3 et 4 en mars et en avril et ayant depuis quitté le site, ces derniers ont reçu des doses supérieures à la limite annuelle de deux cent cinquante millisieverts fixée par les autorités en période de crise. Il ne fait guère de doute que d’autres « cas » seront recensés dans les semaines voire les mois à venir.

Reconnaissant que le risque zéro n’existe pas sur le plan atomique, la présidente d’Areva Anne Lauvergeon a enfin plaidé pour davantage de sûreté et de transparence. « Avec les électriciens, un peu partout dans le monde, nous travaillons à adapter les centrales existantes aux leçons de Fukushima », a-t-elle indiqué à nos confrères du JDD. Et d’épingler les choix de TEPCO : « un mur haut de dix mètres et jamais le grand public n’aurait entendu parler de Fukushima ! [...] Pour refroidir les réacteurs, il y avait encore deux solutions. Quelques camions de pompiers étaient suffisants pour arroser ; le problème aurait été réglé [...] La situation est devenue de plus en plus difficile avec les explosions d’hydrogène. Pour les éviter, il existe un dispositif extrêmement simple, peu coûteux, dont ne disposait pas la centrale de Fukushima : des recombineurs d’hydrogène. Nous en avions proposé à TEPCO… ».

Les allégations de Mme Lauvergeon viennent corroborer les dires de nombreux experts selon lesquels l’exploitant, dramatiquement impréparé, n’a pas pris les bonnes décisions dans les heures et les jours qui ont suivi l’accident. Il le paiera certainement au prix fort.

Crédits photos : flickr – Abode of Chaos / Wikimedia Commons – Harald Dettenborn
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  • visiteur

    “Et d’épingler les choix de TEPCO : « un mur haut de dix mètres et jamais le grand public n’aurait entendu parler de Fukushima.” Sauf que le refroidissement du réacteur n°1 est tombé en panne au moment du tremblement de terre du 11 Mars… Si erreur il y a, c’est le choix même du nucléaire, car le risque ZERO n’existe pas. Et toutes les autres ommissions ou mensonges des opérateurs et gouvernements : où est passé le plutonium… et les retombées radioactives en france d’origine farnçaises (cesuim)… COCORICOUAC !

  • visiteur

    quel guignol cette anne lauvergnon

  • visiteur

    C’est très facile de dire cela après coup! Si les centrales Nucléaires de Fukushima sont jugées loin du standard Français, pourquoi leur avoir livré du MOX pour encore compliquer les choses?
    Chacun devra répondre de toutes les erreurs qui lui sont dues quand le moment sera venu.

  • visiteur

    Avec une infrastructure H.S. impossible d’acheminer un camion de pompiers dans les jours suivant le Tsunami…

    Toutes les centrales doivent pouvoir se sécuriser en AUTONOMIE; sinon ne pas les construire.

    Un gamin le sait …