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Emissions de CO2 : l’Europe a encore beaucoup d’efforts à fournir

Emissions de CO2 : l’Europe a encore beaucoup d’efforts à fournir
Alors même que l’Europe est considérée comme un exemple à suivre en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre, un rapport du WWF contredit frontalement cette bonne image…

La dernière édition du rapport Climate Policy Tracker, publié conjointement par le World Wildlife Fund (WWF) et les analystes d’Ecofys, révèle que les pays de l’Union Européenne sont encore bien loin de mener les actions nécessaires pour devenir des économies faibles en carbone.

Afin d’éviter que le monde soit dans les prochaines décennies confronté à des catastrophes climatiques de plus en plus graves, il est entendu que les pays industrialisés se doivent de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) d’au moins 80% d’ici à 2050, voire même de 95%. Les résultats calculés par le Climate Policy Tracker, « un outil puissant qui mesure l’impact des politiques climatiques et leur efficacité » selon Niklas Höhne, directeur du département Energy & Climate Policy chez Ecofys, montrent que l’Europe, malgré les apparences, est très loin du compte. Elle ne fournirait, au vu des actuelles législations, qu’un tiers des efforts nécessaires pour parvenir à cet objectif.

Pour parvenir à ce constat, le Climate Policy Tracker compare et analyse 83 indicateurs relatifs à sept secteurs, l’agriculture, la construction, la fourniture en énergie, les forêts, l’industrie, les transports et la stratégie générale. Toutes ces données permettent ainsi de donner une note aux pays, de A pour les plus vertueux et G pour les moins avancés. Et la meilleure note attribuée n’est au final… qu’un D, accordé à l’Irlande, au Danemark, à l’Allemagne et à la Suède. Le peloton se voit gratifié d’un E, dont la France, alors que la Bulgarie, Chypre, la Finlande, la Grèce, le Luxembourg, Malte, la Pologne et la Roumanie sont même rétrogradées en F.

Bons et mauvais points

Tout n’est pourtant pas à jeter dans les politiques européennes selon ce rapport. Si, dans chacun des secteurs, les pays s’alignaient sur le meilleur modèle, les efforts fournis seraient d’ores et déjà doublés, de quoi atteindre deux tiers des conditions pour remplir l’objectif de 2050. « Il y a des réussites dans chaque pays et les décisionnaires doivent tirer profit de ces meilleurs pratiques » explique M. Höhne ; « cependant, dans l’ensemble, les notes sont basses ».

Car il y a effectivement des secteurs où les politiques publiques ne tiennent pas la route. Le doigt est notamment pointé sur l’efficacité énergétique, les transports et l’industrie, où les résultats sont décevants. D’un autre côté, l’Union met en général plutôt bien en avant le soutien aux énergies renouvelables. « Les réductions nécessaires d’ici 2050 doivent avoir lieu dans tous les secteurs de l’économie. Les Etats membres doivent passer en revue la totalité de leurs politiques pour pallier ces faiblesses » résume Sam Van Den Plas, chargé du programme Politiques du Climat et de l’Energie pour le bureau européen du WWF. « Ils doivent aussi s’engager à améliorer l’implémentation des politiques européennes, puisque 40% des résultats reposent sur la législation européenne ».

La France, ni pire ni meilleure

Focus sur la France, qui obtient la note E. Le rapport met d’abord en avant quelques bons points, comme la plutôt bonne gestion des forêts publiques et privées (NDLR : avec au final une note D pour ce secteur…), le système de bonus/malus pour soutenir les véhicules à faibles émissions de carbone – malgré la récente réduction de son champ d’application – et le soutien à la directive RES-E pour les énergies renouvelables, là encore une mesure récemment remise en cause.

Mais pour le reste, le verdict du WWF est implacable : « bien que des mesures et des réglementations aient été prises dans chaque secteur, celles-ci ne sont pas suffisamment ambitieuses pour positionner la France en tant qu’économie sobre en carbone ». L’industrie, notamment, se voit gratifiée d’un F en raison du manque d’incitations pour parvenir à en améliorer l’efficacité énergétique.

Le rapport offre au final un ensemble de recommandations à l’Hexagone, que ce soit justement relativement à ce secteur industriel défaillant d’un point de vue écologique ou encore aux stratégies globales impulsées par les politiques. Le Plan Climat n’a ainsi pas d’objectifs précis au-delà de 2020, tandis que la loi « Grenelle 2 » « ne constitue pas une stratégie complète de long terme pour y parvenir ». A l’occasion de la conférence de Cancun, les pays de l’Union seraient, au moins, probablement bien inspirés de voir ce qui se fait chez leurs voisins.

Crédit photo : flickr – Alex E. Proimos / Port Of San Diego / Joost J. Bakker Ijmuiden
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