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Elections présidentielles de 2012 : Eva Joly disposée à voter « DSK » au deuxième tour

Elections présidentielles de 2012 : Eva Joly disposée à voter « DSK » au deuxième tour
Eva Joly s'est dite prête à apporter son soutien à « DSK » au deuxième tour pour empêcher la réélection de Nicolas Sarkozy

À condition bien sûr que le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), battu lors des primaires socialistes de 2006, brigue la magistrature suprême…

Pour l’heure Dominique Strauss-Kahn continue de ne rien laisser filtrer sur ses ambitions, même si Anne Sinclair, sa femme, a récemment pu laisser croire aux observateurs à l’affut du moindre signe qu’il pourrait tenter l’aventure. Une ligne qui ne figure pas sur le cursus honorum de l’ancien ministre des Finances de Lionel Jospin, « débarqué » à Washington (États-Unis) en novembre 2007 avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy et paradoxalement éternel « présidentiable ».

Le chef de l’État souhaitait-il éloigner ce rival potentiel, qui avait tout de même son mot à dire, dans l’optique du scrutin de 2012 ? Toujours est-il que le ministre du Budget François Baroin l’a appelé à aller au terme de son mandat, qui court jusqu’en novembre 2012. La droite dans son ensemble a emboîté le pas du chiraquien, provoquant l’ire des cadres du Parti socialiste, qui n’ignorent pas davantage la popularité de l’expatrié le plus célèbre de France auprès de nos concitoyens et qui, en attendant les inévitables affrontements internes s’il devait se jeter dans le grand bain, font bloc derrière lui.

Nicolas Hulot, qui s’est entretenu à deux reprises avec « DSK » ces dernières semaines, continue lui aussi d’hésiter sur la marche à suivre. Candidat ? Pas candidat ? Le feuilleton se poursuit et commence à exaspérer certains élus d’Europe Écologie-Les Verts (EELV), en particulier Eva Joly, qui l’a appelé plusieurs fois ces dernières semaines à lever le voile, ce qui permettrait il est vrai d’éclaircir son avenir et d’avoir une idée plus exacte de la température au sein du nouveau parti.

Nicolas Hulot tranchera en avril

L’ex-magistrate a beau ne pas être la préférée des Français et ne plus faire l’unanimité au sein de sa formation, elle a certifié qu’elle se présenterait aux primaires écologistes – dont le calendrier n’est finalement toujours pas arrêté. Et si son image de femme à poigne et d’avaleuse de dossiers en séduit plus d’un, les atermoiements du père du Pacte écologique, abondamment relayés par les médias, semblent avoir fait naître une émulation plutôt malsaine, parce que susceptible de donner à une partie de l’électorat l’image d’un parti ingérable, et des troubles qui ne cesseront pas dans l’immédiat.

« Sain Nicolas » vient en effet d’adresser un courrier aux amis de sa Fondation. Fidèle à son style évasif, il leur a confirmé qu’il « (réfléchit) en ce moment à la meilleure façon de maintenir au sein du débat public la prise de conscience des enjeux environnementaux et de faire adopter les solutions (qu’il défend) ». « Une des options pourrait effectivement être de porter ces propositions directement devant les Français, au moment des élections présidentielles », a-t-il confirmé. L’animateur a néanmoins assuré ne pas avoir encore pris sa décision et, avalisant les dates avancées par les membres de son entourage politique, s’être « fixé jusqu’au mois d’avril pour évaluer comment (il pourrait) être le plus utile ». L’hypothèse d’un engagement politique demeure donc plus que jamais d’actualité. Auquel cas celui-ci passera pas les primaires précitées que, d’après les sondages, il a de grandes chances de remporter.

Consciente que des charges répétées sur l’écolo préféré de nos concitoyens pourraient n’avoir aucun impact voire même des répercussions négatives en ce qui la concerne, Mme Joly a réitéré avant-hier soir lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro son voeu de discussions constructives. « Nicolas Hulot est le bienvenu. Nous sommes deux candidats de valeur, il y a abondance de biens et je pense que nos débats seront intéressants pour le public », a-t-elle notamment déclaré, faisant comme si ce dernier avait déjà franchi le Rubicon. La Franco-norvégienne est même prête à le soutenir et espère qu’en cas de succès aux primaires Nicolas Hulot adoptera une approche identique. Toutes ses allégations publiques attestent en fait de la priorité qu’elle accorde à l’intérêt du parti et d’une crainte – légitime – de voir la confrontation d’idées dégénérer en foire d’empoigne.

« Je ne veux pas que Nicolas Sarkozy soit reconduit »

Au même titre que le porte-parole du PS Benoît Hamon, Mme Joly considère par ailleurs que la droite libérale actuellement au pouvoir et l’écologie sont antagonistes, expliquant en substance que « les changements politiques (qu’EELV propose) sont si importants que (l’UMP) s’y opposerait ». Et de prôner « une nouvelle répartition des richesses » qui nécessite « une campagne longue », « le temps de porter cette vision ».

L’étourdissante percée de Nicolas Hulot n’a semble-t-il pas douché la détermination de l’ancienne juge d’instruction, en tout cas dans les discours. De même la finalité n’a pas changé d’un iota : s’opposer coûte que coûte au président de la République et à ses troupes. « Ce que je veux, c’est que Nicolas Sarkozy ne soit pas reconduit après ces cinq années de catastrophes », a martelé celle que certains commencent à surnommer en off « Eva dans le mur ».

Son échec est-il à ce point certain ? Mme Joly est aujourd’hui largement distancée dans les sondages mais que celui qui la devance, préjugé moins dogmatique, hésite encore sur la marche à suivre… L’ex-juge, elle, n’a jamais fait mystère de ses intentions et a pour elle une volonté indéfectible de fédérer, ce qui est certes, chacun en conviendra, autrement plus facile à dire qu’à faire. Consciente qu’EELV risque de ne pas avoir les armes nécessaires pour atteindre le second tour, la Franco-norvégienne a enfin rappelé si besoin était son ancrage à gauche, moins discuté que la position de Nicolas Hulot sur l’échiquier politique, en officialisant son intention d’appeler à voter pour « DSK », s’il se présente (une issue au sujet de laquelle le présentateur d’Ushuaïa n’aurait aucun doute), s’il accède à la « finale » et « s’il prend en compte (les considérations) du parti ».

Il y a quelques mois Mme Joly révélait son goût pour la causticité en affirmant bien connaître le directeur du FMI, qu’elle a jadis mis en examen. Force est d’admettre qu’elle opte aujourd’hui pour un style plus conventionnel et ménage les chouchous de nos compatriotes.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Marie-Lan Nguyen / Olivier Tétard / flickr – World Economic Forum
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