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Élection présidentielle : Nicolas Sarkozy et François Hollande actent leurs divergences sur l’avenir du nucléaire français

Élection présidentielle : Nicolas Sarkozy et François Hollande actent leurs divergences sur l'avenir du nucléaire français
« Le nucléaire français est le plus sûr du monde et est reconnu comme tel », a déclaré Nicolas Sarkozy hier durant le débat de l'entre-deux-tours.

Enflammé du début à la fin, le débat de l’entre-deux-tours a tout de même été marqué par de très nombreuses passes d’armes, dont une sur le nucléaire.

Les deux finalistes avaient manifestement très envie d’en découdre, après des semaines de discours virulents à l’endroit de leur adversaire. Ultra-déterminés, le premier à conforter sa position de favori, le second à conserver les clefs de l’Élysée, ils ont chacun joué leur partition à fond dans ce qui fut, avec celui qui mit aux prises François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988, le débat de l’entre-deux-tours le plus brutal et le plus intense de la Ve République. Un véritable match de boxe que David Pujadas et Laurence Ferrari eurent toutes les peines du monde à arbitrer, avec une bataille dans la bataille, celle des chiffres (que les observateurs ne manqueront pas de vérifier), et au cours duquel les deux belligérants se rendirent coup pour coup en cherchant vainement le KO à chaque round.

Animé du début à la fin, jalonné de piques assassines et de questions embarrassantes dont il ne fut pas rare qu’elles demeurent sans réponse, viril mais plutôt correct, l’affrontement aura tenu toutes ses promesses, mais il n’est pas du tout certain qu’il ait permis au « président-candidat » de refaire une partie de son retard dans les sondages. De même, on peut douter que le candidat socialiste, très pugnace, en particulier au début de la joute, ait pour autant creusé l’écart hier soir.

Sans surprise, Nicolas Sarkozy l’a « chargé » sur son inexpérience au plus haut niveau de l’État, fustigeant aussi, pèle-mêle, les « vieilles lunes », la « folie dépensière » et le « laxisme » d’un « petit calomniateur » dont « la normalité n’est pas à la hauteur des enjeux ». Non moins offensif, mais dans un autre registre, prompt à interrompre son interlocuteur et fort peu amène vis-à-vis de son bilan, François Hollande a pour sa part régulièrement reproché au président sortant de se réfugier derrière la crise et de fuir ses responsabilités. Morceaux choisis : « Avec vous, c’est très simple, ce n’est jamais de votre faute, vous avez toujours un bouc émissaire » ; « quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe, vous êtes content. Les Français le sont moins ».

Les considérations environnementales ont, elles, été complètement occultées. Tout juste le président du Conseil général de Corrèze a-t-il fait mention, à quelques minutes du terme du débat, du réchauffement climatique, les énergies fossiles, qui d’après le président de la République représentent soixante-trois des soixante-dix milliards d’euros du déficit commercial de la France, ayant été sommairement évoquées au début. Comme on pouvait également s’y attendre, MM. Sarkozy et Hollande se sont néanmoins livrés à une belle empoignade sur la question de l’avenir du nucléaire dans nos frontières, sans que les intrusions d’hier dans les centrales du Bugey (Ain) et de Civeaux (Vienne) aient été abordées.

« Il n’y a pas de problème de tsunami à Fessenheim » (Nicolas Sarkozy)

Le premier a d’abord rappelé que « trente des cinquante-huit réacteurs français ont été ouverts sous la présidence de M. Mitterrand » et que la filière, « un atout français », génère « deux cent quarante mille emplois ». Par ailleurs, étant donné la forte augmentation des prix du gaz et du pétrole, ce n’est selon le président sortant « pas le moment pour la compétitivité française de supprimer le nucléaire », lequel procure de surcroît une électricité 35 % moins chère que de l’autre côté du Rhin. « Le problème vient de la négociation entre le Parti socialiste et EELV (Europe Écologie-Les Verts), qui voir rouge dès qu’on parle de nucléaire », a-t-il estimé. Et de dénoncer un « accord politique misérable » dont les ouvriers de Fessenheim (Haut-Rhin), la seule centrale que son challenger projette de fermer durant son quinquennat, seraient les otages.

Doyenne du parc atomique français, l’unité alsacienne a été récemment visitée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), laquelle l’a jugée « apte », a poursuivi M. Sarkozy, qui de fait a ouvertement demandé « pourquoi la fermer » ? « Si le nucléaire est dangereux, ce n’est pas que la centrale nucléaire de Fessenheim qu’il faut fermer », a-t-il ajouté, précisant non sans ironie qu’« il n’y a pas de problème de tsunami à Fessenheim ». « Le nucléaire français est le plus sûr du monde et est reconnu comme tel », a insisté le « président-candidat », qui a enfin souligné la progression de la part des énergies renouvelables dans le panache énergétique durant son mandat, avec « une puissance éolienne multipliée par quatre, une puissance photovoltaïque multipliée par cent » et une augmentation de leur contribution à la production nationale d’électricité de « 10,5 à 13 % » en l’espace de cinq ans.

« Vous avez dit que vous êtes allé à Fukushima, vous n’y êtes jamais allé », a de son côté asséné M. Hollande, qui a par ailleurs enjoint son adversaire à « citer une autre centrale française construite sur une zone sismique » pour justifier son engagement de fermer celle de Fessenheim d’ici 2017 et a de nouveau prôné un « grand débat citoyen sur l’énergie ». Soulignant la « double dépendance » française à l’égard du pétrole et du nucléaire, le candidat socialiste a aussi plaidé une nouvelle fois pour « réduire (la part de l’atome » dans le bouquet énergétique de 75 à 50 % à l’horizon 2025.

« Tous les emplois seront gardés » à Fessenheim, a-t-il en outre assuré, évoquant le démantèlement du site haut-rhinois, qui prendra de toute façon des années. Le président du Conseil général de Corrèze a enfin – encore – pris ses distances avec l’accord PS-EELV, indiquant notamment que « c’est Martine Aubry qui l’a signé » et qu’il n’était « pas lié aux Verts sur (la question du nucléaire) ». Les écologistes ont dû apprécier…

Porte-parole de campagne de M. Sarkozy citée par nos confrères de 20 Minutes, l’ancienne ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a estimé à la sortie du studio que le candidat socialiste avait « esquivé sur des questions précises ». Également cité par le quotidien, le député UMP de Paris Bernard Debré a quant à lui indiqué n’avoir « rien compris de (ses) propos sur l’électricité ». À l’inverse, « face à un adversaire sans idées et sans autre projet que celui de sa réélection, spécialiste des contre-vérités et des approximations, M. Hollande  a démontré sa connaissance des dossiers », a commenté le maire socialiste de Dijon (Côte-d’Or) François Rebsamen. Comme toujours, chacun voit midi à sa porte…

Crédits photos : flickr / World Economic Forum – Jean-Marc Ayrault
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  • daniel d

    Fr.Hollande tel qu’en lui-même : Monsieur Petites Blagues reste le roi de l’esquive et de l’approximation…vainqueur des primaires socialistes, il laisse Martine Aubry signer un accord avec EELV puis nous explique qu’il ne se sent pas tenu par cet accord…
    Si ce type est élu, ça promet…

  • http://www.scoop.it/t/politique-par-la-cftc-hus/p/1716843798/election-presidentielle-nicolas-sarkozy-et-francois-hollande-actent-leurs-divergences-sur-l-avenir-du-nucleaire-francais Élection présidentielle : Nicolas Sarkozy et François Hollande actent leurs divergences sur l’avenir du nucléaire français | Présidentielle 2012 : Place au Duel Final "Autrement" | Scoop.it

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