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EELV : Nicolas Hulot boude toujours

EELV : Nicolas Hulot boude toujours
Nicolas Hulot sera le grand absent des journées d'été d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), qui débutent demain à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Ses affidés Yves Cochet et José Bové, eux, prendront bien part aux journées d’été du parti, qui débutent demain à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

De deux choses l’une : soit le père du Pacte écologique se laisse encore du temps pour digérer sa défaite face à Eva Joly et la remise en cause par ses plus virulents détracteurs de sa probité verte, soit il a déjà décidé de faire une croix sur Europe Écologie-Les Verts (EELV).

On se souvient de l’interview au vitriol qu’il avait accordé à nos confrères du magazine Bretons. Publiés à la fin du mois dernier, ses propos remontaient en fait au 10 juillet, soit deux jours avant la proclamation des résultats du second tour des élections primaires, qu’il savait déjà pliées, et n’en déplaise au numéro deux d’EELV Jean-Vincent Placé force est d’admettre qu’ils n’ont pas été prononcés sous le coup de la colère. Nicolas Hulot espère-t-il toujours que les troupes jolystes fassent acte de contrition à son endroit ? Juge-t-il l’entente définitivement impossible ? S’interroge-t-il même sur son avenir en politique, cet univers impitoyable dans lequel, fort de l’affection que lui vouent ses concitoyens, il pensait peut-être pouvoir s’imposer sans coup férir ?

Si l’intéressé assure ne pas avoir renoncé à son engagement et n’éprouver « ni rancune, ni amertume », il a néanmoins décidé de « prendre une distance bienveillante » avec la formation vert-orange, « conscient d’être aujourd’hui davantage un facteur de division et de dispersion médiatique que de ce rassemblement ». Fort de ce constat, il ne sera donc pas du déplacement dans la capitale auvergnate, théâtre d’un rendez-vous majeur pour la gauche écologiste, désormais incarnée par une dame aux lunettes rouges qui de son côté, après avoir vaincu, doit aujourd’hui convaincre. Si le soutien de l’aile gauche du parti semble acquis, il lui faut toujours tisser sa toile auprès des militants et sympathisants qui défendaient la thèse chère à l’ex-présentateur d’Ushuaïa d’un « élargissement » au centre, sous peine d’échouer à tirer son épingle du jeu dans la course à l’Élysée.

« Un immense sentiment de rendez-vous manqué »

Pour le coup bon perdant, « Sain Nicolas » a souhaité à son ancienne rivale de pouvoir « sereinement lancer et mener sa campagne et développer son programme ». Un programme qui, rappelons-le, consiste notamment en une sortie progressive de l’énergie nucléaire et en l’abrogation de la réforme des retraites, deux des conditions sine qua non en vue d’un accord avec le candidat ou la candidate du Parti socialiste.

Tout en reconnaissant « une sincère tristesse et un immense sentiment de rendez-vous manqué », M. Hulot a par ailleurs indiqué vouloir « profiter de ce recul momentané pour apporter en temps utile au débat public de nouvelles contributions à cet enjeu universel » qu’est la crise écologique et économique. Ce faisant, il a une nouvelle fois relancé les spéculations autour de son avenir proche. L’ancien animateur se bornera-t-il a un rôle de « commentateur » ? Pieds et poings déliés, escompte-t-il se présenter en candidat libre ? Bien que le conseiller régional EELV se soit félicité qu’il se positionne « loin des appels du pied de Jean-Louis Borloo », a-t-il fermement écarté l’hypothèse d’un rapprochement avec l’ancien ministre de l’Écologie, affranchi de la majorité depuis le douchage de ses ambitions matignoniennes et postulant plus que probable à la magistrature suprême ? Accèdera-t-il au voeu de M. Placé en appelant « clairement à voter Mme Joly » ?

« Nicolas se reconstruit. Il faut respecter cela, ça prend du temps […] Il faut qu’il trouve sa place, cela va dépendre de la campagne (de l’ancienne magistrate) », a analysé Pascal Durand, proche de M. Hulot. Son absence en Auvergne a en outre été déplorée par le député EELV de Paris M. Cochet, selon lequel, sans lui, « ça ne sert à rien ».

À l’inverse, le député EELV de Loire-Atlantique François de Rugy, soutien de Mme Joly, a évoqué un « coup médiatique pour faire parler de lui » et fustigé l’attitude de « tonton boudeur ». Une rhétorique teintée d’un mépris qui démontre, si besoin était, que le père du Pacte écologique ne fait toujours pas l’unanimité au sein du parti.

L’eurodéputé Yannick Jadot, lui, s’est dit convaincu qu’« il participera à l’élaboration de propositions sur le fond ». Il y a tout de même matière à en douter.

Crédits photos : flickr – Patrick Janicek
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  • visiteur

    Oulala, il n’y a pas de fierté à avoir… C’est pour l’amour de l’homme et de la nature tout ça !h

  • visiteur

    Quel article partisan….
    Mr Hulot ne “boude” pas. La situation est bien claire pour tout le monde mais visiblement pas pour l’auteur de cet article:
    Eelv avaient un choix a faire: l’écologie pure dans le sens protection de l’environnement en rassemblant au passage des électeurs de tous horizons attirés par le combat environnemental; ou rester un mouvement marginal, proche de l’extreme gauche dans lequel la protection de l’environement s’efface devant des propositions économiques et sociales dans lesquelles très peu de monde se reconnait…

    Les militants d’eelv ont choisi la deuxième solution. Il ne s’agit pas d’un simple choix de candidat mais d’une orientation pour tout le parti qui est incompatible avec le combat environnemental de Mr Hulot, qui ne s’est jamais caché de ne pas partager les idées de l’extreme gauche…

  • visiteur

    @visiteur le 18 août 2011 à 04:46 :
    La teneur de l’article, qui n’est pas celle que vous croyez percevoir, est claire pour tout le monde sauf pour vous !
    Je n’y vois pour ma part aucun signe de “partisanisme” et il me semble bien que Nicolas boude, dans ce sens que d’une part il ne se rendra pas à Clermont-Ferrand et que d’autre part il se refuse à rompre ouvertement avec EELV. Vous n’appelez pas cela une bouderie, vous ?