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Edouard François, le Jean Nouvel de l’architecture verte

Edouard François, le Jean Nouvel de l'architecture verte
La « Tower Flower », l'une des plus belles réussites de l'architecte Edouard François

Les tempes grisonnantes, les cheveux indisciplinés. Et surtout un talent fou qu’il met depuis de longues années au service de l’écologie.

Non, l’architecture française ne se résume pas aux succès du brillantissime Jean Nouvel. Il y en a d’autres, certes moins connus du grand public, qui participent activement eux aussi à la respectabilité de l’urbanisme bleu-blanc-rouge.

Parmi eux, Edouard François, désigné Créateur de l’Année par Maison&Objet. Une récompense de plus pour ce quinquagénaire passé par l’École Nationale des Beaux Arts, Boulonnais de naissance aujourd’hui basé dans le XVe arrondissement de Paris et qui ne sait plus où donner de la tête tant les sollicitations sont devenues nombreuses. Esthète, doux déjanté à l’imagination fertile, celui-là fait plaisir et se fait plaisir. Il est également designer, a l’allure soignée du muscadin en phase avec son époque, la voix bien posée, les idées claires et ne se perd pas en digressions boboïsantes indigestes. Aussi structuré et cohérent que ses ouvrages en somme.

Après diverses collaborations fructueuses, Edouard François a ouvert son agence d’architecture, d’urbanisme et de design en 1998. Pari risqué mais payant : une douzaine d’années après, il jouit d’une reconnaissance nationale et internationale. Certaines de ses oeuvres ont ainsi rejoint les collections permanentes du Centre Pompidou et du FRAC (Fonds régional d’art contemporain) Centre. « Le travail d’Edouard François est (par ailleurs) régulièrement exposé [...] au Centre Canadien d’Architecture à Montréal, à la Galerie Épreuve d’artiste à Beyrouth (Liban), au Guggenheim Museum à New York (États-Unis), à la Galerie d’architecture de Leipzig (Allemagne), au Victoria&Albert Museum de Londres… », peut-on également lire sur son site Internet. Chapeau l’artiste.

« L’homme a besoin d’un édifice qui soit décoré »

Figure de son microcosme, Edouard François deviendra aussi, pour peu qu’il accède un jour à la très grande notoriété, l’un des chouchous des éco-citoyens. C’est que toutes ses réalisations intègrent la notion de respect de l’environnement, au sens premier du terme.

La végétation luxuriante est l’alpha et l’oméga du  conceptuel « Immeuble qui pousse » à Montpellier (Hérault), une construction de sept étages et soixante-quinze mètres de long achevée en 2000 qui comprend notamment des cabanes sans toit sur pilotis et est équipée d’une façade « végétale » à l’irrigation automatique (dispositif malheureusement supprimé depuis). Quant à l’apaisante Tower Flower, elle comporte trente logements répartis sur dix étages et est entourée de balcons garnis de bambous en pots. Située dans la ZAC de la Porte d’Asnières à Paris, elle détonne assez pour avoir reçu, dans les semaines qui ont suivi son inauguration en 2004, la visite de journalistes japonais.

« Si la dimension économique et juridique est importante, il faut aussi avoir une conscience générale et se poser des questions, type « qu’est-ce qui fait bouger le monde de nos jours ? » », avance l’architecte en guise de profession de foi. Et de soutenir que « l’homme a besoin d’un édifice qui soit décoré », pour la bonne et simple raison que « ce n’est que de cette manière qu’il peut être heureux ».

Il ne faudrait cependant pas s’y tromper : Edouard François n’est pas un khmer vert prosélyte qui se refuserait un beau voyage sous prétexte d’un trajet polluant par les airs. « Certains week-end, à l’insu de mes collègues, je prends un avion pour la Martinique, direction la forêt tropicale », confesse-t-il. De même il ne conçoit pas de « faire dans le vert » dans le but de faire plaisir à la galerie.

« Quand on m’a passé commande pour l’Hôtel Fouquet’s-Barrière (NDLR : ouvert en 2006, il est situé sur les Champs-Élysées), on m’a demandé une oeuvre d’architecture verte mais cela n’avait aucun sens [...] Ici une telle idée ne peut pas fonctionner parce qu’il n’y a aucune nature et je ne veux pas créer un bâtiment juste pour que quelqu’un passe et dise « Wow ! Une construction écolo ! ». Je veux une architecture intelligente », précise celui qui avoue construire d’abord pour séduire.

Authentique, entier et pragmatique en toutes circonstances, il veut aussi des constructions en symbiose avec leur environnement. L’éco-conception sans attenter au paysage. Parce que c’est beaucoup mieux ainsi.

C’est enfin à lui qu’est revenue la conception d’Eden Bio, oasis de verdure situé dans le XXe arrondissement de Paris. En l’occurrence les matériaux (bois, briques et zinc) qui constituent cet ensemble de cent logements sociaux ont été choisis pour perdurer dans le temps. Les plantes, elles, sont autonomes, sans insecticides et 100 % bio. Du sur mesure pour Edouard François.

Crédits photos : www.edouardfrancois.com
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