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Durban : la Chine, les Etats-Unis et l’Inde hostiles à l’élaboration d’un nouveau traité contraignant

Durban : la Chine, les Etats-Unis et l’Inde hostiles à l’élaboration d’un nouveau traité contraignant
Le sommet de Durban devrait déboucher sur une prolongation du Protocole de Kyoto, bien qu’il ne couvre aujourd’hui plus que 30 % des émissions carbone globales

Pléthore de spécialistes le redoutaient et la conférence sud-africaine risque fort de préserver l’importante marge de manœuvre dont disposent actuellement les Etats en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES).

Il y a deux ans à la même époque, des centaines de journalistes du monde entier convergeaient vers Copenhague (Danemark), théâtre d’un sommet international sur le climat aussi attendu que décevant. Véritable « Waterloo de l’écologie », la rencontre a laissé des traces.

Deux ans plus tard, ils sont autrement moins nombreux pour couvrir la conférence de Durban (Afrique du Sud), qui s’achève vendredi et qui, à défaut de susciter l’indifférence populaire (en témoignent les manifestations qui ont rassemblé plusieurs milliers de personnes réclamant des actions « urgentes et équitables » en fin de semaine dernière), ne présage pas, répétons-le, d’avancées déterminantes sur le front de la coopération mondiale contre le réchauffement climatique. Bien que les négociations soient toujours en cours, les six mille délégués présents dans la métropole sud-africaine auraient cependant d’ores et déjà réussi à éviter le pire, rapporte le site Internet du ministère de l’Ecologie, selon lequel « la majorité des questions techniques liées à la mise en œuvre des décisions de Cancun (Mexique) trouve des solutions ». Et de préciser : « sur les sujets politiques (…), la présidence sud-africaine (…) s’efforce de mettre en place les éléments qui doivent faciliter le débat et les décisions au niveau ministériel sur l’équilibre général des résultats de Durban ».

Subsiste néanmoins la question ultra-sensible de la prolongation – ou non – du Protocole de Kyoto, qui avait déjà compliqué les tractations à Cancun et sur laquelle la communauté internationale peine à s’accorder. Tout en croyant toujours à l’adoption d’un texte (enfin) ambitieux, l’Union Européenne a pris le contrepied du Canada, du Japon et de la Russie en préconisant son maintien, lequel serait toutefois conditionné par des concessions de la Chine, des Etats-Unis et de l’Inde, trois des quatre plus gros pollueurs de la planète, en vue de définir des objectifs contraignants en matière de réduction des émissions de CO2. Les deux premiers seraient réticents sur ce point aux dires d’un négociateur européen cité par nos confrères de l’AFP, tandis que le chef de la délégation indienne Jayant Mauskar a fait savoir que « (l’objectif du pays) dans ces négociations ne doit pas être de lancer un nouveau processus pour un nouveau traité » et que 130 ministres et chefs d’Etat viennent d’arriver sur place pour arbitrer les choix et préparer l’accord final.

« Ce sera lent mais ce sera efficace »

Il est encore trop tôt pour se faire une idée précise de son contenu. S’agira-t-il d’un nouveau catalogue de bonnes intentions ? Des objectifs ambitieux seront-ils fixés en matière de lutte contre la déforestation ou encore de transfert des technologies vertes vers les Etats du Sud ? S’il ne devrait pas sceller le sort du protocole précité – qui couvre aujourd’hui moins de 30 % des rejets globaux, dont la première phase expirera fin 2012 et que les Etats-Unis n’ont jamais ratifié -, se traduira-t-il malgré tout par l’instauration d’une feuille de route établissant a minima des principes et un calendrier vers un nouveau traité, suivant le souhait des négociateurs européens  ?

« J’ai participé à seize des dix-sept réunions (annuelles) depuis le début de ce processus et c’est l’une des plus imprévisibles que j’ai connues », a commenté Alden Meyer, analyste au sein du groupe de réflexion américain Union for Concerned Scientists. La situation pourrait toutefois se décanter si la Chine, qui demeure officiellement considérée comme un pays en développement (PED) sur le plan climatique et est de fait dispensée d’obligations en matière de rejets carbone, et les Etats-Unis, pour qui « l’idée de mettre une forme à l’action avant d’en définir le contenu n’a pas beaucoup de sens », se résolvaient à lâcher du lest. Sans pour autant fermer la porte aux discussions et tout en se disant favorable à la poursuite du Protocole de Kyoto, le négociateur chinois Su Wei s’est quant à lui opposé à la volonté européenne de signer avant 2015 un mécanisme de réduction obligatoire des émissions de gaz à effet de serre (GES), arguant que « (cela va) au-delà de ce qui a été décidé, notamment dans la feuille de route de Bali, signée en 2007 ». « Nous sommes prêts à négocier mais les objectifs post-2020 ne sont pas au menu des pourparlers de Durban », a-t-il ajouté, confirmant par là-même la reculade de l’Empire du Milieu, qui en décembre 2010 était disposé à se soumettre à une résolution onusienne contraignante.

« Le processus est lent et frustre beaucoup de gens mais il doit être lent car il embarque à son bord chacun des pays. Ce sera lent mais ce sera efficace », a pour sa part assuré Christiana Figueres, secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les Changements climatiques (CCNUCC). On saura dans trois jours si elle a vu juste.

Crédit photos : flickr – Mark Ziubinski / bfishadow
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  • Gui

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