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Du « Whitewashing » pour sauver les glaciers

Du « Whitewashing » pour sauver les glaciers
La peinture blanche, comme sur les toits de ces maisons des Bermudes, permettrait de lutter contre le réchauffement climatique.

Pas de concept marketing derrière cette initiative de « lavage » écologique mais une poignée de Péruviens soutenus par la Banque Mondiale qui espèrent sauver les glaciers des Andes en badigeonnant leurs sommets de peinture blanche.

L’idée semble a priori farfelue et trop simple pour fonctionner. Elle n’émane pas d’un chercheur en géothermie mais d’un homme qui a de l’intuition, Eduardo Gold, 55 ans.

Le Pérou, qui abrite plus de 70% des glaciers tropicaux du monde, souffre particulièrement du réchauffement climatique, lequel serait d’après un rapport de la Banque mondiale paru l’an passé à l’origine de la fonte de 22% d’entre eux au cours des 30 dernières années. Les glaciers pourraient même totalement disparaître d’ici 20 ans, avec des conséquences dramatiques pour l’approvisionnement en eau de la côte peuplée du Pérou et pour l’énergie hydroélectrique. Aussi les communautés andines, qui vivent principalement de l’élevage et dépendent de l’eau potable des glaciers, commencent-elles à s’organiser.

Le froid attire le froid

L’idée de M. Gold se base sur un principe scientifique simple : lorsque la lumière du soleil est réfléchie par une surface blanche, une grande partie de l’énergie solaire est renvoyée vers l’espace et ne réchauffe donc pas la surface de la Terre. C’est d’ailleurs pour cette raison et pour garder les habitants « au frais » que les maisons au Maroc, en Andalousie ou encore en Grèce sont pour la plupart blanches.

Peindre l’ancien glacier en blanc devrait donc refroidir la pierre à la surface de la montagne et créer un microclimat autour du sommet « blanchi ».

Après avoir laissé sceptique la communauté scientifique et le ministre de l’environnement du Pérou Antonio Brack, M. Gold a finalement reçu un soutien de taille en provenance de la Banque Mondiale. Le blanchiment a en effet été retenu parmi 1700 propositions au concours des « 100 idées pour sauver la planète » et a à ce titre été financé par la Banque à hauteur de 200 000$ (161 000 euros).

Les 900 habitants du village d’éleveurs de Licapa, dépendants du glacier Chalon Sombrero (4.756 mètres d’altitude) pour l’approvisionnement en eau, soutiennent eux aussi très activement le projet. Quatre villageois ont déjà recouvert près de 50 000 m² avec des sceaux de chaux et l’objectif est de peindre 3 sommets, soit 700 000 m2.

Le « whitewashing », une idée pas si farfelue

Peindre une montagne pour sauver un glacier pourrait être assimilé à brûler des nappes de pétrole pour endiguer une marée noire mais le procédé est totalement respectueux de l’environnement dans la mesure où la peinture est composée de trois ingrédients simples qui sont utilisés depuis l’époque coloniale: de la chaux, des blancs d’œufs et de l’eau.

Le projet de M. Gold pourrait cependant être trop coûteux et difficile à mettre en place sur toute la chaîne andine. C’est en tout cas l’avis du ministère de l’environnement, qui préfère investir 400 000$ par an (322 000 euros) dans d’autres actions pour lutter contre le changement climatique au Pérou.

Il est d’autant plus méfiant que les scientifiques ont multiplié ces dernières années des projets certes à la pointe de la technologie mais difficilement réalisables : installer des miroirs dans l’espace pour réfléchir les rayons du soleil, nourrir le bétail à l’ail pour réduire les émissions de méthane, planter des forêts d’arbres synthétiques, construire des immeubles bordés d’algues et des navires qui  pulvériseraient des nuages capables de modifier le climat, etc.

Le Secrétaire américain à l’Energie Steven Chu estime pour sa part que le « whitewashing » est une solution à prendre au sérieux à grande échelle. Il s’est ainsi prononcé pour que tous les Américains recouvrent dès cet été leurs toits de peinture blanche ou d’une surface réfléchissante type aluminium et prône le même « whitewashing » pour les routes et les allées. Selon une étude du Lawrence Berkeley National Laboratory, cette mesure pourrait permettre d’économiser jusqu’à 44 milliards de tonnes de CO2 (équivalent aux émissions de CO2 de 600 millions de voitures… sur une période de 18 ans !). Le « whitewashing » a beau faire sourire de prime abord, il n’en serait pas moins efficace.

Crédit : flickr - Danny Silverman
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