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Une loi qui aurait pu provoquer une vague de déforestation au Brésil s’est vue retoquée par la présidente Dilma Rousseff. Mais pas autant que les ONG ne l’auraient souhaité…
«La présidente de la République a décidé de mettre plusieurs vetos au projet de loi sur le code forestier», a résumé, cité par nos confrères de l’AFP, l’avocat général de l’Etat Luis Inacio Adams. Alors que le sommet sur le développement durable Rio+20 se tiendra dans un mois au Brésil, l’actuelle chef de l’Etat a imposé vendredi dernier des amendements sur une loi grandement décriée par les écologistes.
Cette décision est toutefois à relativiser, car si 12 articles ont été supprimés et 31 modifications apportées, « les parties les plus dangereuses de ce code forestier ne sont pas soumises au veto ». « De larges pans de la forêts amazonienne restent donc gravement en danger », a commenté Greenpeace sur son site Internet, accusant Mme Rousseff de « préserver les apparences d’une présidence verte, à quelques semaines du sommet de Rio, en ménageant les intérêts des uns et des autres et en se livrant à ce qu’on pourrait qualifier de manœuvre dilatoire ». Et l’association d’ajouter : « Concernant par exemple un des articles les plus emblématiques de ce nouveau code forestier qui devait supprimer l’obligation faite aux petits et grands propriétaires de préserver 80% des forêts abrités par leurs propriétés, elle n’a pas tranché, maintenant cette obligation pour les grands propriétaires, mais l’assouplissant fortement pour les centaines de milliers de petits propriétaires. »

Augmentation considérable de la déforestation en prévision
D’une manière générale, les ONG de protection de l’environnement sont sceptiques. Le veto, partiel de surcroît, n’empêcherait il est vrai pas la déforestation de la forêt amazonienne s’il devait rester en l’état. Débattue depuis… 1965 par les lobbys agricoles et les écologistes, la loi a été approuvée le mois dernier par le Congrès brésilien.
Elle témoigne surtout du dilemme auquel sont confrontés les pouvoirs publics, tiraillés entre la nécessité de préserver la production agricole et celle (au moins aussi impérieuse, sinon plus) de réduire la déforestation. Celle-ci pourrait augmenter de quelque 47 % d’ici 2020, sachant que le texte « revisité », s’il conserve l’obligation de maintenir 80 % de la superficie de la forêt amazonienne pour les grandes entreprises agricoles, maintient une flexibilité accrue pour les petits propriétaires.
La destruction de la forêt serait bien entendu catastrophique pour la biodiversité. La planète serait alors dépourvue de son « poumon vert », qui contrairement aux idées reçues n’est cependant pas un « bouclier » dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique - la production totale de gaz à effet de serre et d’oxygène d’une forêt mature est nulle, car elle en consomme autant qu’elle n’en relâche.
De là à encourager le déboisement, il y a un grand pas dont on aurait souhaité que Mme Rousseff ne le franchisse pas…

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