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Des victimes d’attaques de requins dénoncent le shark finning

Des victimes d'attaques de requins dénoncent le shark finning
Le shark finning, une pratique qui fait couler du sang et de l'encre, déshonore ses adeptes et indigne jusqu'aux victimes d'attaques de requins

Nous ne le dirons jamais assez, d’autant que le message est très loin d’être parvenu à toutes les oreilles : le requin, aussi effrayant soit-il, n’est pas le croqueur d’hommes dépeint dans la saga des Dents de la Mer. Des victimes du grand méchant blanc elles-même en conviennent et ont écrit aux Nations Unies pour qu’elles s’emploient à arrêter le massacre.

Le squale cinématographié qui sévissait au large de l’île d’Amity était un grand requin blanc, mastodonte dont les stocks ont dans la vraie vie régulièrement (et tragiquement) baissé au cours des dernières décennies et qui ne s’en prend au surfeur vu d’en-dessous que lorsqu’il le confond avec une otarie. Et encore.

Une fois sa méprise constatée, le squale relâche sa proie dans l’immense majorité des cas, pour la bonne et simple raison que les hommes ne font pas partie de son régime alimentaire. Quant aux autres espèces de requins, elles sont pour pléthore d’entre elles carrément indifférentes aux baigneurs.

Des morts par dizaines de millions

Qu’à cela ne tienne : « on » continue toutefois de s’arracher les requins, dans tous les sens du terme et dans tous les océans du globe. Le mythe perdure, quoiqu’il a désormais du plomb dans l’aile, le délit de sale gueule aussi, mais surtout les préjugés monstres aquatiques rapportent. Beaucoup. Leurs ailerons surtout, dont la culture orientale vante les vertus thérapeutiques et aphrodisiaques.

Cette croyance tenace est à l’origine d’une pratique universellement répandue et scandaleuse, le shark finning, déjà évoquée dans nos colonnes et qui consiste à découper au couteau les ailerons d’animaux qui sont ensuite rejetés en mer, étant entendu qu’ils n’ont dès lors pas la moindre chance d’en réchapper.

Le nombre de requins tués chaque année pour leurs seuls ailerons se compte en dizaine de millions (soixante-treize selon l’estimation la plus haute), avec des conséquences d’autant plus catastrophiques pour les écosystèmes marins qu’ils en sont les régulateurs. Cette situation intenable n’interpelle que modérément les décideurs, lesquels font montre d’une passivité coupable – il n’y a ainsi toujours pas de législation internationale – alors même que les associations de défense de l’environnement ne cessent de la dénoncer.

« Je ne peux blâmer le requin pour ce qu’il a fait »

L’approbation silencieuse de la majorité de l’opinion publique internationale ne leur étant d’aucune utilité, ces dernières apprécieront à sa juste valeur le soutien officiel de quelques-unes des victimes d’attaques de requins. Neuf d’entre elles ont en effet adressé une lettre aux Nations Unies dans laquelle elles leur ont demandé de prendre enfin des mesures concrètes pour éradiquer le shark finning, authentique aberration qui fait par ailleurs l’objet d’une exposition à Paris depuis le 8 juillet.

Un vœu sans doute pieux au regard de la manne financière que représente le business des requins et de l’ancrage de la « squalophobie », en particulier en Asie. La symbolique de ce courrier n’en demeure pas moins forte et rappelle si besoin était la différence de hauteur qui peut exister entre les hommes.

« J’ai été attaqué par un requin. Bien sûr c’est une tragédie mais je ne peux pas blâmer le requin pour ce qu’il a fait [...] Il faut mettre cela de côté et relativiser par rapport aux soixante-treize millions de requins qui sont découpés chaque année pour leurs ailerons », a notamment estimé Krishna Thompson, banquier new-yorkais qui a frôlé la mort en 2001 après qu’un requin ait avalé son bras gauche dans les eaux bahaméennes. Cet homme a perdu son bras gauche mais n’éprouve manifestement aucune rancœur envers celui qui a manqué de peu d’écourter son passage sur Terre.

Un pacte pour sauver les requins du Golfe du Mexique ?

« Si j’ai pu survivre à une attaque, me remettre de la perte d’un de mes membres et continuer à militer pour la préservation des requins je ne vois pas pourquoi tout le monde ne pourrait pas le faire [...] Je n’ose imaginer à quoi ressemblerait les océans s’il n’y avait plus de requins. Je sais que ce serait une mauvaise chose », a-t-il judicieusement ajouté.

Gravissime, la situation ne devrait cependant pas s’améliorer de manière significative dans les prochaines années, les signes d’une concorde mondiale pour mettre un terme se faisant encore cruellement attendre. Subsiste un motif d’espoir : le projet en cours d’élaboration d’une improbable triplette États-Unis-Cuba-Mexique pour protéger les squales du Golfe du Mexique, où leur population est en chute libre (la marée noire provoquée par l’explosion de Deep Water Horizon ne devrait bien sûr rien arranger).

Si d’aventure les discussions devaient aboutir sa concrétisation démontrerait que la sauvegarde d’espèces inestimables peut au bout du compte dépasser les divergences idéologiques et les différends d’ordre politique. À méditer, comme les propos coup de poing de M. Thompson.

Crédit : Flickr - YoTuT
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