NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Des frigos qui gardent l’espoir au chaud

Des frigos qui gardent l’espoir au chaud
Ravagé par les sécheresses et le virus du SIDA, le Swaziland est l’un des Etats les plus pauvres du monde. L’initiative d’un fonds allemand, en partenariat avec un fabricant local de produits de réfrigération, permet l’installation de réfrigérateurs dans les campagnes les plus reculées du pays. De quoi stocker canettes comme vaccins.

Amener le froid dans l’une des régions les plus chaudes du monde : cette idée de l’International Climate Initiative (ICI) s’est transformée en réalité au Swaziland. Les réfrigérateurs à l’énergie solaire qui ont été exportés dans ce pays qui figure parmi les plus pauvres du monde ne servent pas qu’à déguster du Coca frais.

Le portrait que l’on pourrait dresser du Swaziland est terrible : une espérance de vie moyenne de trente-six ans – la plus faible au monde –, un adulte sur trois au chômage, 40% de la population contaminée par le VIH. C’est dans ce petit Etat d’Afrique australe particulièrement défavorisé (et très oublié par la communauté internationale) qu’un programme révolutionnaire en son genre a été mis en place par l’ICI, fonds du gouvernement allemand.

Créé en décembre 2007, celui-ci se donne pour mission principale de « fournir un support financier aux projets internationaux supportant […] l’adaptation au changement climatique, ainsi que des projets de biodiversité avec une connotation climatique ». C’est dans ce cadre qu’elle s’est intéressée à la situation critique du Swaziland et a élaboré un plan qui consiste en l’installation de réfrigérateurs solaires dans l’un des pays les plus secs de la planète.

Le Swaziland est en effet soumis à de régulières périodes de sécheresse, lesquelles détruisent toutes les cultures vivrières et peuvent être suivies d’inondations non moins dévastatrices. Consciente de la gravité de la situation climatique du pays l’ICI a fait appel à la Palfridge Company, une entreprise spécialisée dans la fabrication de systèmes de réfrigération commerciaux et domestiques, allant des congélateurs grande taille aux petits réfrigérateurs.

Dans les frigos, du Coca ou des vaccins

Jusque là la société exportait l’essentiel de sa production (respectueuse de l’environnement et n’émettant aucun chlorofluorocarbone (CFC) nocif pour la couche d’ozone) à destination de son voisin sud-africain. Son association avec l’ICI lui a permis de trouver de nouvelles perspectives de développement qui sont traduites par un financement du fonds allemand de trois millions cinq cent mille euros destiné à fournir des réfrigérateurs « verts » dans les campagnes du Swaziland, là où vit la majorité de la population du pays. « Ils peuvent fonctionner dix-sept heures [en cas de rupture de l’alimentation électrique] sans perdre le froid qu’ils contiennent », souligne Casca Bhila, responsable de Palfridge à Matsapha, où s’est implantée l’entreprise de cinq cents salariés.

Ils permettent ainsi de stocker les rares produits frais que les habitants peuvent se procurer ainsi que l’eau puisée par les petits exploitants agricoles. Mais les réfrigérateurs permettent surtout  de conserver les doses de vaccins et les tests de détection du virus HIV, principal fléau de santé publique du pays. De même ils stockent les traitements contre la malaria, mal endémique qui touche également le Swaziland avec régularité. « Nous sommes les premiers à posséder ce genre d’équipements en Afrique australe, et même dans l’Afrique entière », se félicite Casca Bhila. L’utilisation de ces modes de production d’énergie renouvelables permet en outre d’éviter d’importants rejets de dioxyde de carbone. A ce sujet l’ambition de l’ICI est d’économiser vingt-neuf mille tonnes d’émissions de gaz à effet de serre (GES) par an.

Petit à petit, ces « frigos de l’espoir » trouvent des applications civiles, notamment dans les deux principales villes du pays que sont Mbabane et Matsapha. Palfridge Company loue  des réfrigérateurs à quelques commerçants, avec une option d’achat de cinq cents euros pour en faire l’acquisition définitive. Un montant considérable pour un Etat où le revenu moyen mensuel n’excède même pas les cent euros, mais les bénéficiaires ne se découragent pas pour autant. Une vendeuse de rue promet ainsi de « passer des journées entières à travailler pour l’acheter ». Et par conséquent de faire fonctionner son petit commerce là où, à quelques pâtés de maison, les centres de santé gardent précieusement leurs vaccins dans les mêmes frigos.

Crédit photo : Flickr – Steven W Belcher
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !