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Tout comme son homologue pétrolière, qui à l’exception notable de Total lorgne les hydrocarbures de l’Arctique et entend bien les exploiter au maximum au risque d’attenter gravement à l’écosystème, l’industrie gazière n’a pas son pareil pour créer la polémique…
Les associations de protection de l’environnement ont de quoi l’avoir saumâtre. Les riverains concernés aussi, en particulier ceux dont des proches reposent dans les cimetières ciblés.
D’emblée, une question se pose : jusqu’où s’arrêteront-elles ? Elles, ce sont les toutes-puissantes entreprises gazières américaines, assoiffées d’hydrocarbures et de gazodollars au point de vouloir désormais exploiter les importantes – et lucratives – quantités de gaz naturel que renferment pléthore de cimetières du Colorado, du Mississippi et de l’Ohio.
Reprise par notre consoeur du Monde Audrey Garric sur son blog, l’information émane de l’Associated Press, à laquelle il n’a pas échappé que lesdites compagnies prospectent déjà dans les églises, les jardins privés, les parcs et les terrains de jeu. Un pas supplémentaire dans l’indécence serait franchi si elles venaient à assouvir leur dessein morbide.
Les pouvoirs publics ont certes la possibilité de légiférer et d’y mettre un veto, mais les intérêts financiers en jeu sont là aussi considérables. Le tapis rouge déroulé à l’exploitation des gaz de schiste n’augure par ailleurs rien de bon et force est de reconnaître que, d’une façon générale, les énergies fossiles continuent de tenir fermement le haut du pavé de l’autre côté de l’Atlantique. Une situation dont il va sans dire qu’elle perdurera si d’aventure Mitt Romney venait à succéder à Barack Obama à la Maison Blanche…
La Pennsylvanie donne le mauvais exemple
Profondément enfoui, le gaz naturel des cimetières américains est donc dans le viseur de grands groupes énergétiques qui semblent décidément n’attacher qu’une importance toute relative à leur image pourtant déjà bien ternie. Des groupes qui ne restent pas les deux pieds dans le même sabot pour tenter de persuader les propriétaires desdits cimetières de leur céder les droits d’exploitation minière.
Le lobbying financier est intense, mais il reste une inconnue de taille : les répercussions environnementales de tels forages, dont il y a cependant tout lieu de penser qu’elles équivalent à celles suscitées par la fracturation hydraulique (NDLR : laquelle, pour rappel, consiste à injecter d’importantes quantités d’eau, de sable et de produits chimiques afin d’extraire les hydrocarbures de roche-mère et est interdite en France depuis l’adoption de la loi Jacob l’année dernière) dans le cadre de l’extraction des gaz de schiste. Augmentation substantielle des rejets de gaz à effet de serre, pollution des nappes phréatiques voire hausse de la radioactivité et stimulation de l’activité tellurique sont donc à redouter.
Tarissables sur ces questions, les compagnies ont néanmoins un argument de poids : grâce à la technique du forage horizontal, éprouvée et qui permet de forer des puits situés à plusieurs centaines de mètres des poches de combustible, leurs actions seraient sans dommage pour les sépultures. Elles ont aussi déjà fait triompher leurs vues à plusieurs reprises, notamment en Pennsylvanie, État au sein duquel les gaz de schiste sont abondamment exploités et où l’Association des cimetières catholiques de Pittsburgh a cédé les droits miniers de onze d’entre eux, soit mille deux cents hectares de terrain. Le début probable d’une longue série qui en dérangera plus d’un…

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