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Des cellules souches pourraient sauver les espèces menacées

Des cellules souches pourraient sauver les espèces menacées
Et si certaines espèces menacées pouvaient survivre grâce aux progrès de la génétique ?

Avec près de 10 000 espèces menacées, voire en danger critique d’extinction, le travail de conservation n’a jamais été aussi important. Les scientifiques sont plus que jamais sur les dents et certains coopèrent depuis plusieurs années dans l’optique de créer un « cryozoo » abritant des échantillons de cellules souches (ou « pluripotentes ») de plus de 800 espèces. Prélevées sur la peau d’individus adultes du zoo de San Diego (Californie), elles peuvent ensuite se transformer en n’importe quelle cellule somatique. Un atout inestimable aux yeux d’Inbar Friedrich Ben-Nun, chercheuse au Scripps Research Institute (SRI) de Californie, selon laquelle « le « cryozoo » pourrait aider à traiter une multitude de maladies animales et contribuer au maintien des espèces menacées ». Partiellement modifiées, les cellules souches pourraient en effet favoriser la reproduction assistée et améliorer la diversité génétique.

L’expérience valait donc le coup d’être réalisée. La première espèce à en bénéficier a été le Mandrill (Mandrillus leucophaeus). Proche de l’Homme et menacé d’extinction, ce primate souffre de diabète lorsqu’il est en captivité mais reste l’une des proies favorites des braconniers dans son habitat naturel, lequel est en perpétuelle dégradation. Quant aux rhinocéros blanc du Nord (Ceratotherium simum cottoni), ils ne seraient plus aujourd’hui que sept individus à travers le monde, tous en captivité, la faute à une diversité génétique particulièrement pauvre qui compromet la reproduction naturelle.

Le « cryozoo » permettrait de « sécuriser » de nombreuses espèces en voie de disparition. « Le meilleur moyen d’enrayer l’extinction est de préserver les espèces et leur habitat », résume Oliver Ryder, directeur du département de génétique au San Diego Zoo Institute for Conservation Research, selon lequel « les cellules souches synthétiques redonnent espoir ». « Le rhinocéros blanc ne sera peut-être plus une espèce en voie d’extinction, bien qu’il ait complètement disparu de son habitat naturel », espère-t-il.

Tous ne partagent cependant pas son (relatif) optimisme, ainsi William Holt, biologiste de la reproduction à la Zoological Society of London, pour le moins dubitatif : « je pense qu’il s’agit d’une pirouette. Les scientifiques n’en savent que très peu sur la biologie reproductive de ces animaux, un savoir pourtant nécessaire si l’on veut participer aux programmes de reproduction assistée. Or avec si peu d’individus restant, il y a peu de chance d’en apprendre plus. » Professeur de neurobiologie au SRI, Jeanne Loring, qui a participé au projet, a de son côté reconnu ne pas savoir comment rendre un rhinocéros fécond. Et d’ajouter : « avant tout, il faut voir ces cellules souches de synthèse comme une base de recherche pour les expériences à venir ».

Le microcosme scientifique s’est retroussé les manches. Il sait aussi qu’il lui reste beaucoup de mystères à élucider…

Crédits photos : Flickr - Jöshua Barnett / Luca Patriccioli
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