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Des « papillons mutants » aux abords de la centrale de Fukushima

Des « papillons mutants » aux abords de la centrale de Fukushima
Une quantité non négligeable de papillons bleus a développé des anomalies, notamment une malformation des yeux et des ailes plus petites, après l'accident de Fukushima

Un quart de siècle après l’accident de Tchernobyl (Ukraine), c’est au tour du Japon de découvrir les conséquences « orwelliennes » d’un désastre atomique.

Une biodiversité digne d’un film de science-fiction est-elle en train d’émerger autour de la centrale de Fukushima-Daiichi (Japon) ? Si nous n’en sommes pas au stade des moutons à cinq pattes et des poissons à trois yeux, si aucun effet comparable n’a jusqu’ici été constaté sur l’Homme (ce qui pourrait cependant arriver, considérant le nombre effrayant de malformations enregistrées après la catastrophe de Tchernobyl), des chercheurs ont tout de même observé un nombre important de spécimens de « papillons mutants », rendant l’interrogation légitime. Répandus au Japon, ces petits papillons bleus, Zizeeria maha de leur nom scientifique, ont développé des anomalies, en particulier une malformation des yeux et des ailes plus petites.

Les résultats de leurs travaux ont été dévoilés la semaine dernière, mais lesdits spécialistes ont en fait recueilli ces individus malades peu après l’accident de Fukushima. À compter de mai 2011, ces derniers ont ensuite été élevés en laboratoire à des fins de reproduction.

« 18% de la génération suivante ont développé des problèmes similaires », a indiqué Joji Otaki, professeur à l’université Ryukyu d’Okinawa, cité par nos confrères du Figaro. Un pourcentage déjà inquiétant et qui doit être associé aux 34 % de papillons de troisième génération ayant été confrontés aux mêmes difficultés.

Quels dommages sur l’écosystème dans son ensemble ?

« Six mois après le désastre, un nouveau lot de papillons a été attrapé près de Fukushima-Daiichi, et cette fois le taux d’anomalies de la génération suivante a été mesuré à 52% », poursuit le site Internet du quotidien. À noter également que les experts ont entrepris une expérience-test sur des papillons non-affectés, les exposant à de faibles doses de radioactivité en laboratoire. La même proportion de malformations que la première génération de « papillons mutants », soit 12 %, a été constatée.

Les Zizeeria Maha sont-ils particulièrement sensibles aux radiations ? S’agit-il d’un cas isolé ou d’autres espèces ont-elles elles aussi grandement souffert de la catastrophe ? Dans quelle(s) mesure(s) l’écosystème dans sa globalité a-t-il pâti du drame de Fukushima ? Il est encore trop tôt pour pouvoir répondre à ces questions essentielles.

« Nous en avons tiré la conclusion claire que les radiations dégagées par la centrale avaient endommagé les gènes des papillons », a malgré tout déclaré M. Otaki, qui a par ailleurs insisté sur le fait que les résultats des investigations menées par son équipe ne sont avérés que sur cette espèce.

De son côté, l’exploitant TEPCO a fait savoir avant-hier que des lottes pêchées le 1er août dernier au large de Fukushima, à vingt kilomètres de la centrale, et soumises à des analyses scientifiques ont présenté un niveau record de vingt-cinq mille huit cents bécquerels de caesium par kilogramme, c’est-à-dire deux cent cinquante-fois plus que le seuil légal. On a du mal à croire qu’aucune autre espèce de la biodiversité marine ne soit logée à la même enseigne.

Crédits photos : Wikimedia Commons / KENPEI - Show_ryu
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