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Dernière ligne droite avant l’expérimentation de l’affichage environnemental

Dernière ligne droite avant l'expérimentation de l'étiquette environnementale

Prévue par la deuxième loi du Grenelle, cette disposition entrera en vigueur le 1er juillet prochain. Accompagnée de la Commissaire générale au développement durable Michèle Pappalardo et d’acteurs du dossier, la ministre de l’Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet a donné une conférence de presse sur le sujet à midi.

Le défi n’est pas insurmontable. Il est néanmoins considérable et implique des changements en profondeur qui effrayent bien des entreprises, d’où un important retard dans le calendrier. Quoique confrontées à de nombreux obstacles, les autorités n’ont pas abandonné ce chantier majeur du Grenelle en cours de route, et conformément à ce qu’avait annoncé l’ancienne secrétaire d’État à l’Écologie Chantal Jouanno en octobre dernier l’éco-étiquette sera bel et bien expérimentée au début de l’été.

« Il faut faire de l’information une incitation », a répété « NKM » à plusieurs reprises. La finalité est clair : il s’agit de « rendre l’information lisible et de l’architecturer (sic) pour qu’elle ait un impact ». L’expérimentation est la première pierre de cet édifice colossal. Elle a été précédée d’un appel à manifestation d’intérêt auquel deux cent trente entreprises ont répondu. Cent soixante-huit ont été retenues, dont un tiers dans le secteur alimentaire. Le textile, l’ameublement, l’édition ou encore l’imprimerie sont toutefois représentés eux aussi, et le gouvernement était particulièrement attaché à cette diversité, pour que « l’expérimentation soit la plus solide possible ».

De nature à révolutionner les habitudes de consommation à long terme, l’affichage environnemental a gagné en crédibilité auprès des gouvernants avec les succès de l’étiquette énergie pour l’électroménager et du bonus-malus écologique sur les voitures, lequel, bien que réévalué à la baisse depuis sa création, a permis de réduire significativement les rejets carbone du parc automobile français. Il ne faudrait cependant pas s’y tromper : l’éco-étiquette devant figurer sur un millier de produits de consommation à compter du 1er juillet ne sera pas un pilier de la fiscalité « verte ».

« L’affichage environnemental contribuera à renforcer la compétitivité du site France »

Elle doit en revanche accélérer un changement de mentalité de plus en plus perceptible avec l’avènement des thématiques durables dans la société française. « Un producteur bien informé a davantage les moyens de s’engager et peut orienter la production », a soutenu la ministre, pour qui « l’affichage environnemental contribuera à renforcer la compétitivité du site France » en valorisant les produits de qualité et la notion de proximité. « NKM » en est persuadée, il stimulera aussi la compétitivité des entreprises engagées et, une fois généralisé, contribuera à changer les types de productions et d’offres.

Les décideurs ont distingué les bienfaits d’une telle mesure, mais à quatre mois de l’expérimentation « tous les types d’étiquettes sont possibles, à condition d’être multicritères et d’opter pour une méthodologie sérieuse », a précisé la ministre. Le temps de la réflexion n’est donc pas encore révolu, comme l’a confirmé Mme Pappalardo, qui a indiqué que la plate-forme ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie)/AFNOR (Association française de normalisation) travaille en parallèle avec les sociétés volontaires « sur chaque type de production » et a rappelé que l’expérimentation à venir n’est qu’« un petit échantillon ». De fait « il ne faut pas attendre de changements immédiats des comportements des consommateurs », a-t-elle judicieusement ajouté.

Qu’à cela ne tienne : la démarche est louable et bénéficie du soutien « plein et entier » de France Nature Environnement (FNE). Présent ce midi à l’Hôtel de Roquelaure, le responsable Économie verte de la fédération Gaël Virlouvet a salué l’engagement des entreprises et l’amorce d’« un cycle consommation-production plus orienté vers l’environnement ». « Ce sont les premiers pas vers un dispositif considérable, ambitieux et qui prendra du temps », a-t-il également estimé. Et de plaider pour une « note unique, avec un système de seuil », pour une « cohérence avec les éco-labels » et pour l’intégration de « critères qualitatifs ». Trois exigences destinées à éclairer le mieux possible le consommateur mais qui doivent encore être débattues.

« Un levier très utile, voire même majeur »

« Aujourd’hui, c’est l’expérimentation. Demain ce sera l’harmonisation et la généralisation », s’est réjoui M. Virlouvet, selon lequel l’affichage environnemental est « un levier très utile, voire même majeur ».

La tendance est aujourd’hui à un « dispositif mixte » avec des mises à disposition sur Internet et sur ticketting, a enfin décrypté la ministre, qui ne croit pas une seconde que l’éco-étiquette puisse favoriser le greenwashing. « Les entreprises étant volontaires, elles n’ont aucun intérêt à mentir. Sur ce type de démarche, l’affabulation serait visible », a-t-elle estimé en réponse à une question d’une de nos confrères.

Nous n’en sommes actuellement qu’aux prémisses d’une déferlante verte sur le marché de la consommation, mais le fait est que des PME artisanales comme des champions mondiaux de la distribution ont déjà mordu à l’hameçon. Parmi eux, Auchan, Bonduelle, les brasseries Kronenbourg, Casino, Carrefour France, Conforama, la FNAC, La Redoute, Leroy Merlin, L’Oréal (Garnier), Monoprix, Orange, Orangina Schweppes France, Prisma presse, Procter&Gamble, SFR ou encore Unilever. Les experts de l’ADEME et de l’AFNOR les aideront dans leur démarche, qui outre les émissions de CO2 englobera aussi, entre autres, la sauvegarde de la biodiversité et la préservation des ressources naturelles.

Le succès de l’expérimentation de l’éco-étiquette suppose une rigueur inébranlable. Sa généralisation, elle, passe sans doute par le dépassement de certaines réticences. Il faudra sans doute encore plusieurs années pour que le consommateur n’y échappe plus. En attendant, quelles que soient les déceptions passées, présentes et à venir, laissons à ce gouvernement le mérite de ne pas avoir enterré cette belle ambition.

Crédit photo : flickr - centralasian / Casino / flickr - Luc Legay
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  • jc

    Effectivement, il s’agit d’un sacré chantier, espérons qu’ils arrivent à harmoniser un peu tout ça.

  • hyper ecolo

    Depuis le temps que ça traîne…

  • alain b

    Très bonne mesure qui nécessite du temps, de la patience, le soutien des entreprises et par-dessus tout une volonté politique qui doit dépasser le cadre de l’idéologie. Concrètement ce serait dommage qu’un gouvernement de gauche ne reprenne pas le flambeau en cas de changement de majorité l’an prochain…

  • greenit

    Espérons que les fabricants et fournisseurs ne jouerons pas uniquement sur cet indice carbone. Car il est assez facile de faire baisser les émissions de CO2 tout en augmentant le reste de l’empreinte écologique. L’étiquetage serait alors contre-productif et ferait le jeu du greenwashing (http://www.greenit.fr/tag/greenwashing) actuel.