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Depuis l’accident de Fukushima, les Japonais font des économies d’énergie une priorité

Depuis l'accident de Fukushima, les Japonais font des économies d'énergie une priorité
Un Japonais consomme actuellement deux fois moins d'électricité qu'un Américain

Dix mois après l’accident de Fukushima, le nucléaire ne s’est jamais aussi mal porté dans le pays du soleil levant. Les Japonais, eux, mettent tout en oeuvre pour réduire leur consommation énergétique.

Jusqu’au 11 mars dernier, l’atome avait toute sa place dans le bouquet énergétique national, contribuant à hauteur de 30 % à la production d’électricité. La donne a changé depuis cette catastrophe aux répercussions sanitaires, alimentaires et écologiques multiples dont le pays ne s’est toujours pas relevé., même si le Premier ministre Yoshihiko Noda a officialisé le mois dernier l’« arrêt à froid » des réacteurs, l’un des grands objectifs de TEPCO (Tokyo Electric Power COmpany). Une fois n’est pas coutume, l’opérateur, tant décrié pour sa gestion de la crise, entre estimations erronées et aveux tardifs d’impuissance, a agréablement surpris son monde en s’y conformant dans les délais qu’il s’était fixé, alors que pléthore d’experts avaient émis publiquement les plus vives réserves quant à la crédibilité de la feuille de route.

Ses techniciens n’en ont pas cependant pas terminé avec leur travail de forçat, et il faudra de trois à quatre décennies pour procéder au démantèlement complet de la centrale accidentée. Calvaire sans précédent depuis celui de Tchernobyl (Ukraine), le drame de Fukushima revêt d’innombrables aspects, de l’impossibilité pour les populations évacuées de regagner leur domicile aux conséquences environnementales du nettoyage d’envergure voulu par les autorités en passant par le caractère invisible et insaisissable de l’ennemi.

Trois cents jours plus tard, des millions de Japonais sont encore traumatisés. « Plus jamais ça ». Alors, pour maximiser les chances de voir le nucléaire enterré, et même si M. Noda s’est prononcé pour un redémarrage des turbines actuellement à l’arrêt, ils s’emploient à faire baisser leur consommation d’électricité, suivant les recommandations gouvernementales. « Dès le début de l’été, de grandes affiches apposées dans les gares, les aéroports, les centres commerciaux et les mairies (les) ont incités à économiser l’énergie“. Le gouvernement a alors fixé les objectifs, plus ou moins drastiques selon les régions », rapporte le correspondant de Libération à Tokyo Michel Temman dans l’édition du jour.

Cet hiver, « chacun imagine toutes sortes de parades pour ne pas avoir froid. Le sous-vêtement technique en fait partie. Il est, dans toutes les chaumières, le pilier de la panoplie thermique de l’ère post-Fukushima ». Cet hiver, la quasi-totalité des réacteurs nippons – quarante-quatre sur quarante-neuf – est à l’arrêt, « officiellement pour des raisons de maintenance, et souvent sous la pression des populations qui redoutent une nouvelle catastrophe ».

« On fait attention à tout »

Leurs craintes ne reposent pas sur du sable, d’autres centrales ayant été installées au bord du Pacifique et la menace d’un autre tsunami ne pouvant être écartée. De Tokyo à Kyoto, d’Osaka à Nagoya, l’effort est collectif, les pics de consommation interdits, la perspective du blackout solidement ancrée dans les esprits. Pour l’éviter, les ménages ont notamment été enjoints à « moins utiliser leurs cuiseurs de riz, lave-vaisselle et autres appareils électriques ». De même, dans la capitale, « ascenseurs, escalators et tapis roulants ont été mis à l’arrêt. Lumières et néons inutiles ont été éteints. Les distributeurs de boissons […] ont cessé d’être éclairé et n’ont plus refroidi les boissons que par intermittence. Côté entreprises, des centaines de milliers d’employés et d’ouvriers ont été priés de goûter aux vacances forcées. Les usines des constructeurs automobiles ont mis en place des rotations dans la production […] et les heures supplémentaires ont été proscrites ». Au revoir le superflu, place à l’essentiel. Rien qu’à l’essentiel.

Et parce que tout le monde joue le jeu et que les Japonais ont la discipline chevillée au corps, la consommation électrique a chuté de 20 % en juillet et aout derniers. Une performance d’autant plus remarquable qu’elle a été réalisée dans des conditions difficiles, avec des températures très élevées et une moiteur omniprésente.

La diète électrique a beau avoir été levée fin octobre, les populations continuent de surveiller leur consommation comme le lait sur le feu. « À la maison, on fait attention à tout. On évite les lumières inutiles. On débranche ce qui ne sert pas. On se passe d’air conditionné. On dépend moins des appareils électroniques et électroménagers. On vit plus simplement, et c’est presque mieux », a rapporté au quotidien Tsubura Yoshida, une artiste établie à Hokkaïdo. Elle est loin d’être la seule à avoir changé son comportement, tant et si bien qu’« un Japonais brûle aujourd’hui moitié moins d’énergie qu’un Américain » et que « les niveaux de consommation actuels égalent ceux de 1973, à l’heure du premier choc pétrolier ».

C’est qu’ils sont une majorité à souhaiter une sortie progressive du nucléaire comme celle décidée par l’Allemagne et la Suisse, à condition qu’elle ne remette pas en cause les intérêts vitaux de la nation. Si « certains réacteurs seront remis en route un jour ou l’autre », affirme Christophe Bosquillon, ingénieur français basé à Tokyo et président de Dai Nippon Kaisha (DNK), une société de conseil en sécurité énergétique sur l’Asie, il paraît toutefois peu vraisemblable que le parc nucléaire nippon recouvre l’intégralité de sa puissance énergétique. Quant aux technologies renouvelables, elles occuperont une place de choix dans le nouveau modèle que le Japon est en train de mettre en place, assure M. Noda.

En attendant, la demande en gaz naturel liquéfié (GNL) augmente. « TEPCO et d’autres producteurs rééquipent des installations gazières. C’est ainsi que le Japon tient », poursuit M. Bosquillon. Avec le coma artificiel de la grande majorité des unités atomiques du pays, et sachant que les projets d’expansion nucléaire adoptés avant l’accident de Fukushima ont été, sinon abandonnés, en tout cas mis en standby, les installations thermiques montent en puissance et les importations de ressources fossiles – GNL donc, mais aussi charbon et fioul – grimpent en flèche. Une situation qui serait heureusement provisoire si l’on en croit l’Institut japonais pour les énergies renouvelables, selon lequel « (leur) part pourrait représenter 30 % de la production électrique nationale d’ici 2030 ».

Abracadabrantesque il y a encore un an, la prédiction est aujourd’hui réaliste. Rares sont les citoyens japonais qui déplorent cette évolution.

Crédits photos : flickr – Gustavo Verassimo / Yamaguchi Yoshiaki
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  • Robert

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