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De l’art de boire la tasse

De l'art de boire la tasse
Il a fallu plus de onze mille expressos comme celui-ci pour permettre à une voiture de parcourir trois cent quarante kilomètres sans essence...

Et si les scientifiques se trituraient les neurones pour rien, à tirer la quintessence environnementale de combustibles à base d’algues et autres microbes qui ne seraient finalement pas la solution la plus « écolo » possible ? Et si les industriels du secteur investissaient en fait à perte dans ces biocarburants par ailleurs appuyés financièrement par le plus puissant de la communauté internationale ? Et si l’optimum liquide recherché depuis des années voire des décennies, le seul capable de faire rouler les véhicules du monde entier tout en préservant au maximum l’environnement, résidait en fait dans l’un des breuvages les plus ordinaires qui soit ?

Un Anglais vient en tout cas de réussir à effectuer la liaison Londres-Manchester, soit tout de même trois cent quarante kilomètres, à bord d’un véhicule exclusivement alimenté… en café (NDLR : lequel provient des déchets de la chaîne britannique Costa Coffee). La voiture de ce citoyen d’outre-Manche (qu’il était peut-être disposé à abandonner vu son grand âge, quels qu’auraient pu être les dégâts provoqués par cette expérience insolite), une Volkswagen Sirocco de 1998, a été conséquemment transformée pour les besoins d’une émission scientifique de la BBC1, Bangs Goes the Theory. Joliment rebaptisée « car-puccino », elle a fait office de cobaye à une première mondiale qui a estomaqué plusieurs dizaines de milliers de téléspectateurs.

Bien entendu ça fait rêver, mais il y a un « mais », même deux « mais », et ils sont de taille. Il faut en effet un kilo de café, soit l’équivalent de cinquante-six tasses d’espressos, pour parcourir un mile (1,6 kilomètre). Environ onze mille sept cent soixante espressos ont en donc été nécessaires pour rallier Manchester sans avoir recours au moindre millilitre d’essence. Le plein a en outre été refait à deux reprises, en même temps que le nettoyage du filtre. Une double obligation qui, vu la quantité de café déversée dans le réservoir, a pris un temps trop considérable pour n’importe quel homme normalement pressé.

Reste que l’automobiliste qui blanchit à chaque fois qu’il s’arrête à une station-service, anéanti qu’il est de contribuer à la pollution atmosphérique, sait aujourd’hui qu’il existe une alternative aux essences fossiles et aux biocarburants. Force est toutefois de reconnaître qu’elle n’est guère crédible et que la possibilité de voir un jour un spécialiste prôner par voie de presse la substitution intégrale de l’arabica ou du robusta aux combustibles est à peu près équivalente à celle de revoir Elvis Presley vivant.

L’investissement est de plus à nette perte, un trajet Londres-Manchester effectué uniquement à partir de café revenant au minimum vingt-cinq fois plus cher que s’il avait été réalisé grâce à un carburant traditionnel, d’autant qu’il nécessite d’importantes modifications sur le véhicule. Ceux qui partent du postulat que le temps et de l’argent auraient enfin quelque raison de penser que ce parti insolite sinon insensé requiert une patience digne de Confucius et du dalaï-lama réunis.

Ce coup médiatique pose néanmoins la question des propriétés énergétiques du caféier, qui pourrait à terme intéresser certains experts. Comme pour tout, mieux vaudrait toutefois ne pas en abuser.

Flickr - star5112
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