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Ségolène Royal s’est affichée aux côtés des ténors du parti.
Elle a matière à être (très) abattue, mais l’ex-candidate socialiste au scrutin présidentiel de 2007, qui reste sur un terrible revers lors des dernières élections législatives, l’assure : « Je ne m’éloigne pas des socialistes ». Et de préciser : « Je vais les représenter tous à l’internationale », dont le XXIVème congrès se tiendra en Afrique du Sud les 31 août et 1er septembre prochain. La présidente de la région Poitou-Charente, qualifiée de « voix importante dans la vie politique française » par la ministre du Logement et ci-devant Secrétaire nationale d’EELV (Europe Écologie-Les Verts) Cécile Duflot, citée par nos confrères d’Europe 1, a également apporté son soutien au parti écologiste. « J’entends ce que dit Mme Royal (de notre rôle de) locomotive au sein du gouvernement », a ainsi ajouté la ministre.
Trois mois après son entrée dans le cercle décisionnaire, la formation désormais dirigée par Pascal Durand dressera un premier bilan à l’occasion de ses Universités d’été, qui débutent aujourd’hui à Poitiers (Vienne). Ses responsables ont de quoi être amers, en dépit du bon score du parti lors du dernier scrutin législatif, lequel a fait oublier celui d’Eva Joly durant la présidentielle.
Rappelons en effet l’éviction retentissante de Nicole Bricq du ministère de l’Écologie. Celle-ci a été désavouée par le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et au bout du compte par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault après qu’elle ait officiellement fait état d’une suspension des forages d’exploration d’hydrocarbures au large de la Guyane. Mme Bricq, les écologistes et les associations de protection de l’environnement y sont farouchement opposés, mais pas les socialistes…
De même, les troupes de François Hollande et le président de la République lui-même – quoique silencieux sur ce sujet depuis de longues semaines – n’ont pas fermé la porte à une réouverture du dossier des gaz de schiste, dont l’exploitation ferait il est vrai rentrer beaucoup d’argent dans les caisses. Sur ce sujet aussi, EELV se veut catégorique : ce serait à ses yeux une folie que de franchir ce Rubicon. Soulignons enfin que le chef de l’État s’est engagé à poursuivre le chantier du réacteur EPR de Flamanville (Manche), à ne fermer « que » la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), doyenne du parc national et qui est aussi dans le collimateur des environnementalistes et élus locaux concernés allemands et suisses, et à ne ramener la part de l’atome dans le bouquet énergétique national « que » de 75 à 50 % à l’horizon 2025. Très marqués par le drame de Fukushima (Japon), les écologistes, eux, auraient souhaité aller plus loin, comprenez davantage de démantèlements d’unités nucléaires et l’arrêt du programme EPR, jugé beaucoup trop coûteux.

Aider le développement durable à s’imposer politiquement
Fort de deux maroquins ministériels et, pour la première fois, d’un groupe à l’Assemblée Nationale et au Sénat, EELV n’a donc pas le vent dans le dos pour autant. Cette progression institutionnelle historique serait toutefois « de nature à redonner au mouvement écologiste une crédibilité nationale qu’il n’avait plus, ou qu’il n’avait jamais vraiment eu d’ailleurs », estime le député et co-président du groupe EELV au Palais Bourbon François de Rugy, cité par Reuters.
Également interrogé par l’Agence, Emmanuel Rivière, membre de l’institut de sondage TNS-Sofres, est autrement plus nuancé. « La dernière fois qu’ils étaient au pouvoir, ils étaient portés par le contexte assez favorable de la gauche plurielle, alors qu’il y a là un scepticisme ambiant qui est plus important », analyse-t-il, sachant que les enjeux liés au développement durable préoccupent moins les Français que ceux ayant trait à la crise économique, perçus plus immédiats et plus urgents. Et d’ajouter : « On est plutôt en train de clore une séquence de très forte popularité d’EELV qui s’était ouverte à l’occasion des élections européennes de 2009 et qui s’est peu à peu altérée au cours de la dernière année, au point que le Parti socialiste lui a ravi la place de parti politique qui a la meilleure opinion ».
Les postes qu’occupent Mme Duflot et Pascal Canfin n’étant pas directement liés aux problématiques vertes, le parti a cependant la possibilité de sortir du « carcan du pur environnemental », de se forger une identité et de concevoir une doctrine qui devra à la fois être audible, différente et complémentaire de celle du parti majoritaire, avec lequel une entente a été scellée, non sans mal, en fin d’année dernière.
« La difficulté pour EELV, c’est la tentation d’être au gouvernement et d’être dans l’opposition en même temps », résumé l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit, cité par Reuters et selon lequel ce positionnement est « néfaste », parce que difficilement lisible. « On ne peut pas être (Jean-Luc) Mélenchon et au gouvernement en même temps. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre », conclut « Dany ».
Le parti écologiste est confronté à un choix difficile. Sera-t-il en mesure de statuer dès ces Universités d’été ? On peut en douter. Sa vocation, elle, ne change pas : contribuer à offrir au développement durable l’importance politique qu’il mérite.

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