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Copenhague, un gouffre financier

Copenhague, un gouffre financier
La demande quotidienne de pétrole pourrait d'après l'AIE atteindre près de cent millions de barils, essentiellement en raison de la hausse de la demande de carburant en Chine

Des données qui font froid dans le dos

À la lecture de cette étude assassine et alors que la menace de sécheresses récurrentes se fait plus précise, on se dit que l’humanité n’y arrivera pas, que les retards qui se sont accumulés au fil des années en raison de la primeur des intérêts nationaux sur l’intérêt national ne sont à présent plus rattrapables et que le sommet de Cancun, quand bien même il s’achèverait sur une happy end, ne pourrait au mieux que faire naître un David qui devra se mesurer à un Goliath.

Les scientifiques s’accordent tous ou presque sur le fait qu’une hausse des moyennes supérieure à deux degrés celsius compliquerait singulièrement l’existence sur Terre, aussi faut-il « s’arracher » pour que le dérèglement climatique atteigne des proportions encore acceptables pour les espèces, l’espèce humaine y comprise. Or réduire les rejets carbone de manière suffisamment significative pour atteindre cet objectif nécessite non seulement des efforts considérables à l’échelle planétaire mais aussi « une transformation profonde du système énergétique mondial » à laquelle tous, les plus puissants en particulier, ne semblent aujourd’hui pas disposés.

Les efforts consentis, y compris ceux qui se quantifient en milliards d’euros, sont pour l’heure très insuffisants. On a par ailleurs pu voir que les lobbies pétroliers, malgré le cataclysme environnemental dans le Golfe du Mexique, réussissent encore à tirer leur épingle du jeu, ce aussi bien aux États-Unis que sur le Vieux Continent, et plus largement que la Terre vit maintenant très au-dessus de ses moyens. Trêve de digressions aussi apocalyptiques que réalistes, il paraît clair aujourd’hui que ceux qui nous gouvernent auraient intérêt à changer d’état d’esprit dard-dard et à mettre les bouchées quadruples pour se débarrasser d’un joug fossile dont on mesure beaucoup mieux maintenant la propension destructrice.

La montagne a accouché d’une souris qui a révélé la pertinence de réformer le processus décisionnaire onusien, quoi qu’en pensent les optimistes béats et tous ces décideurs d’après lesquels il est possible de bâtir quelque chose de crédible à partir de cette concorde en carton-pâte. « Les engagements annoncés par les pays dans le cadre de l’accord de Copenhague pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ne sont pas, dans l’ensemble, à la hauteur de ce qui serait nécessaire », a asséné l’AIE, pour qui seule « une impulsion politique phénoménale » pourrait éviter une flambée des températures.

Selon elle la planète devrait en outre consommer à l’horizon 2035 36 % d’énergie en plus par rapport à 2008. Une croissance elle aussi très inquiétante et qui deviendra dramatique si les énergies polluantes, lesquelles représentent de nos jours cinq fois plus de subventions que leurs homologues « propres », devaient continuer à tenir le haut du pavé. D’ici vingt-cinq ans la Chine pourrait peser 22 % de la demande mondiale, soit cinq points de plus qu’actuellement, sachant que la croissance de la demande chinoise depuis 2000 a été quatre fois plus importante que lors de la décennie précédente. Puissance définitivement éveillée, monstre démographique, l’Empire du Milieu a donc de solides raisons de consacrer des sommes déjà colossales aux technologies vertes, même si l’engagement devra être autrement plus marqué et que des efforts immenses restent encore à accomplir.

Crédits photos : Wikimedia Commons – Walter Siegmund / High Contrast / Jmh2o / Wayne National Forest

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