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Consulter les pêcheurs pour les projets éoliens offshore : une bonne habitude à prendre

6000 MW, c’est la puissance à produire d’ici 2020 à l’aide des éoliennes offshore selon les ambitions du Grenelle de l’environnement. Un calendrier très positif pour la transition énergétique voulue par Philippe Martin. Le tout est de faire en sorte que ces machines s’intègrent à leur environnement et respectent l’économie locale. Pour cela, la consultation des acteurs locaux est incontournable. Le projet du parc éolien au large des îles d’Yeu et de Noirmoutier (Vendée), pour lequel les pêcheurs ont été amenés à se prononcer en faveur de l’un ou de l’autre des deux consortiums en lice, devrait servir de cas d’école pour les parcs à venir.

Le Grenelle de l’environnement prévoit de produire 6000 MW à l’aide des éoliennes offshore. 3000 MW sont actuellement en projet. Les professionnels de l’éolien ont identifié un gisement potentiel de 80.000 MW au large des côtes françaises, soit 13.000 turbines de 6 MW. Autant dire que les obstacles rencontrés actuellement pour le projet éolien au large des deux îles risquent de se reposer à l’avenir.

Dans la région des Pays de la Loire, la confrontation entre les exigences et de la transition énergétique et les intérêts des professionnels de la pêche est d’autant plus problématique que la pêche maritime est une activité historique et emblématique de la région. Elle est la deuxième région française pour la pêche maritime après la Bretagne. Avec 450 kilomètres de côtes et 60 kilomètres d’estuaire de la Loire, elle représente 9 % de l’activité de pêche française en termes de navires et d’emplois.

Il n’était donc pas de trop de tracer les contours d’une consultation sereine avec les pêcheurs et de préparer ainsi les projets éoliens à venir et les interactions avec les populations locales soucieuses de préserver leur économie.

Les pêcheurs se déclarent favorables au projet d’EDF/WPD/Alstom

Les pêcheurs, qui ont d’ores et déjà accepté de partager leur espace de travail avec les objectifs ambitieux de la transition énergétique, ont bien naturellement été invités à donner leur avis pour le projet éolien des deux îles, afin de déterminer laquelle des deux propositions est la moins nuisible à leurs activités.

Le 10 janvier 2014, les représentants des différents ports de pêche se sont réunis à la demande des services de l’État afin de rendre compte des résultats de leurs concertations. Les pêcheurs de l’île d’Yeu élisaient sans ambages le projet d’EDF/WPD/Alstom et appelaient le comité régional des pêches à abonder dans leur sens. Cette semaine, ce fut chose faite. Le comité régional des pêches et élevages marins des Pays de la Loire (COREPEM) a officiellement exprimé sa préférence pour EDF/WPD/Alstom.

« Je tiens par ailleurs à souligner que WPD travaille, et ce depuis de nombreuses années, en étroite collaboration avec les professionnels de la pêche des différents ports concernés (…). Au cours de ces années, le respect entre les différents acteurs s’est instauré et lorsque l’on parle de travailler pour les générations futures, la notion de confiance ne se quantifie pas en termes de promesses, mais bien sur des valeurs et des faits » a déclaré José Jouneau, dans le communiqué de presse du COREPEM.

Les approximations de GDF Suez/Areva

La consultation des pêcheurs a permis de dévoiler les faiblesses du projet de GDF Suez/Areva qui ne tient pas véritablement compte des intérêts des pêcheurs. Elles ont déjà été révélées par le média pédagogique Economie Matin qui en a décrypté les différents aspects.

GDF Suez/Areva se targue de ne déployer que 62 éoliennes (contre 83 pour EDF). Voilà qui au premier abord, a de quoi faire saliver. Mais cette éolienne n’existe pas et Areva, qui souhaite avant tout tester cette technologie en Allemagne, n’en a pas reçu l’autorisation. De plus, le projet empiète davantage sur le domaine de pêche à hauteur de 83 km2 (contre 75 km2 pour EDF). Le média révèle aussi que la puissance par unité de surface du parc de GDF (5,9 MW/km2) n’égale pas celui d’EDF (6,6 MW/km2).

Le consortium n’a pas pris soin non plus d’aligner les lignes éoliennes dans le sens des lignes du Toran. Idem pour les câbles, qui ne vont pas dans le sens des lignes éoliennes. Cela risque de sérieusement compromettre la circulation des bateaux de pêche, les filets ainsi que la sécurité maritime. Il n’est pas étonnant que ces insuffisances aient décidé les pêcheurs de l’île d’Yeu puis le comité régional des pêches à opter pour EDF. Et voilà qui devrait également mettre la puce à l’oreille des décisionnaires.

La concertation avec les pêcheurs a donc permis de mettre le doigt sur les avantages et les inconvénients de chaque projet, dans le détail. L’analyse pragmatique de l’homme de terrain met ainsi en perspective les dessous techniques de chacun des projets. Auraient-ils été perçus avec autant d’acuité si les pêcheurs n’avaient pas été sérieusement impliqués ? Tous les projets éoliens devront connaître le même processus à l’avenir, dans une optique de prévention et d’adaptation maximale à l’environnement d’accueil.

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