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Pour ce faire, la présidente du FMI (Fonds monétaire international) préconise une fiscalité plus écologique.
Après Ban Ki-moon, qui l’a appelée de ses voeux à plusieurs reprises, notamment lors du Forum économique mondial de Davos (Suisse), Christine Lagarde. Bien qu’ils ne soient pas aux commandes d’organisations écologistes, les deux dirigeants considèrent que le système actuel n’est pas assez défavorable – ou trop favorable – aux pollueurs. Aussi convient-il à leurs yeux de mettre en oeuvre une fiscalité plus écologique, laquelle « fasse que le mal que nous faisons se reflète dans les prix que nous payons », a précisé lors d’un discours à Washington (États-Unis) la successeur de Dominique Strauss-Kahn, citée par nos confrères de l’AFP.
« Peut-être pouvons-nous aider avec un concept simple que tout le monde comprend : donner le juste prix aux choses ». En d’autres termes instaurer de nouvelles taxes environnementales ou « des systèmes d’échange des émissions de gaz à effet de serre dans le cadre desquels les États (émettraient) et de préférence (vendraient) des droits à polluer », a-t-elle ajouté, considérant au même titre que pléthore d’ONG que « c’est la voie la meilleure et la plus globale pour réduire les dégâts sur l’environnement ».

« Cela peut aussi galvaniser le développement des énergies renouvelables »
« Cela peut aussi galvaniser le développement des énergies renouvelables », qui malgré une belle progression à l’échelle mondiale demeurent à distance respectable de leurs homologues fossiles dans la plupart des bouquets énergétiques. « Par ailleurs, dans ces temps difficiles pour les budgets, les pays ont besoin de recettes et ce type de taxes ou d’instruments quasi-fiscaux peut donner des résultats », a insisté Mme Lagarde, qui avait vigoureusement défendu le principe d’une « taxe carbone » lorsqu’elle était à la tête du ministère des Finances (NDLR : Pour rappel, quand bien même cette disposition tenait à coeur Nicolas Sarkozy, qui s’était engagé à la mettre en oeuvre, elle fut abandonnée dans la foulée d’élections régionales calamiteuses pour l’ex-majorité) et a en outre rappelé qu’« actuellement, moins de 10 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde sont couvertes par des programmes formels de fixation des prix ».
Le message de la présidente du FMI sera-t-il entendu, à quelques jours de l’ouverture du sommet Rio+20, boudé, on l’a évoqué, par David Cameron, Angela Merkel et Barack Obama ? Peut-il être suivi d’effets alors que la conjoncture climatique ne cesse de se dégrader, ce qui appelle d’importants bouleversements en faveur d’une réduction des rejets carbone, et qu’en 2010, la proposition de M. Strauss-Kahn de créer un « fonds vert » destiné à parer aux répercussions économiques de la hausse du thermomètre mondial n’a pas convaincu ?
Le poids des conservatismes et la force de certains lobbies concernés au premier chef - deux réalités revenus comme des boomerangs avec « l’affaire » de la contribution carbone européenne dans le secteur aérien, qui suscite toujours de très vives oppositions – risquent fort d’empêcher la transformation des paroles en actes, en tout cas à court terme. Pour autant, l’intervention de Mme Lagarde démontre que les thèses des écologistes commencent à trouver grâce dans les hautes instances dirigeantes.
C’est toujours cela de pris.

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