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Chine-Inde : retour sur un accord historique

Chine-Inde : retour sur un accord historique
Jairam Ramesh, ministre indien de l’environnement

Le protocole de Kyoto expire en 2012, d’où la tenue du sommet de Copenhague du 7 au 18 décembre 2009, afin de parvenir à un nouvel accord international sur le climat. Le principal souci auquel vont se heurter les pays qui y participeront est le refus des gros pollueurs de se plier aux règles afin de préserver leur développement économique. C’est en tout cas la position de la Chine et de l’Inde. La Chine connaît à cet égard, depuis une décennie, une croissance exceptionnelle et fulgurante, mais cette montée en puissance s’accompagne malheureusement d’une nette détérioration de l’environnement. Ainsi, à titre d’exemple, les usines de ciment chinoises utilisent 45 % d’énergie de plus que la moyenne mondiale, et les aciéries 20 % de plus, si bien que seulement 1 % des 560 millions de chinois qui vivent en milieu urbain respirent un air sain. 500 millions de personnes y manquent d’eau potable, et la pollution est la première cause de cancer dans ce pays qui est le plus peuplé du monde ! La pollution chinoise peut être responsable de plusieurs dysfonctionnements dans le reste de la planète, en témoignent les pluies acides tombées sur Tokyo ou Séoul. L’Inde, ce grand pays aussi en pleine croissance, n’est pas en reste et figure depuis 2007 parmi les sites les plus pollués au monde, certains villages se situant à proximité d’usines sont ainsi décimés par les eaux contenant du mercure, tandis que les sites de Sukinda et de Vapi mettraient en danger la vie de près de 3 millions d’indiens. De surcroît, nous savons depuis 2002 qu’un nuage noir de pollution épais de 3 kilomètres (rapport du Programme pour l’environnement des Nations Unies datant de 2002) se baladant au-dessus de l’Inde est responsable de sécheresses et de dérèglements climatiques importants.

Maîtriser les dépenses d’énergie en Asie relève donc du défi titanesque, parce que pour certains de ces pays, renoncer à moins polluer, c’est freiner leur croissance. Mais un premier pas a été fait le 21 octobre dernier, à New Delhi, où se sont rencontrés Xie Zhenhua, ministre de la commission chinoise des réformes et du développement et Jairam Ramesh, ministre indien de l’environnement. De cette rencontre est en effet né un accord de coopération étalé sur cinq ans afin d’échanger des informations à propos du changement climatique, et la création d’un groupe de travail entièrement consacré à ce sujet. Le ministre chinois a ainsi déclaré : “Nous considérons l’Inde comme un ami sincère et dévoué et le protocole d’accord sur le changement climatique va faire progresser notre coopération dans ce domaine”, ce qui indique une légère détente après les quelques prises de becs diplomatiques entre les deux pays.

Ainsi, un tout premier pas est esquissé entre les deux géants de cette partie du monde, et même s’il est petit, il faut espérer qu’il en annoncera bien d’autres. Parce que ce sont les deux pays les plus peuplés du monde, que la montée en puissance de leur industrie comporte des risques non négligeables, et que les citoyens de ces états, surtout les pauvres, risquent d’en pâtir, il faut que la région du Soleil Levant fasse tout son possible pour ne pas qu’un nuage noir n’entache son rayonnement.

Crédit photo : US State Department
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