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Chevron condamné en Equateur pour avoir détruit la forêt amazonienne

Chevron condamné en Equateur pour avoir détruit la forêt amazonienne
Des militants de « The true cost of Chevron » s'étaient réunis en mai dernier pour protester contre les méthodes du pétrolier américain avant un conseil d'actionnaire en Californie

A la suite d’un jugement en appel de la cour de Lago Agrio (Équateur), le pétrolier américain devra s’acquitter d’une amende de 14 milliards d’euros pour avoir détruit et pollué la forêt amazonienne mais aussi avoir porté préjudice aux 30 000 Indiens qui vivent dans la région.

Déjà tenue pour responsable d’une marée noire dans la baie de Campos, dans les eaux territoriales brésiliennes, Chevron connaît actuellement une passe très difficile. Le verdict précité confirme quant à lui un premier jugement rendu en février dernier, à ceci près que l’indemnité s’élevait alors à 6,2 milliards d’euros. Le juge avait averti Chevron qu’il doublerait ce montant si aucune excuse n’était prononcée. Le groupe n’ayant pas fait amende honorable, il a mis sa menace à exécution. Quoiqu’élevée, cette indemnité ne compense cependant pas les graves atteintes envers la biodiversité de la région, les fleuves et la forêt. Une expertise judiciaire les avait du reste évaluées à 21 milliards d’euros.

Une histoire vieille de plus de 50 ans

Les faits remontent aux années 1960. A l’époque, l’Équateur abritait d’immenses réserves de pétrole et a accordé une concession d’un million d’hectares de forêt primaire à l’entreprise Texaco, aujourd’hui propriété de Chevron. Elle commence ensuite à exploiter le champ pétrolifère de la région de Lago Agrio, au mépris total des populations locales et des règles environnementales. Le groupe n’hésita pas en effet à utiliser des méthodes obsolètes d’extraction rejetant un grand nombre de polluants dans la nature. La société Petroecuador reprit l’exploitation à son compte en 1990 mais des habitants portèrent plainte auprès d’un tribunal de New York contre Texaco trois ans plus tard. Maria Aguinda personnifie ce drame, cette femme assurant avoir perdu son mari et deux de ses fils à cause des exactions environnementales du pétrolier américain. Après que la compagnie ait creusé ses premier puits,  « la vie a changé et c’en était fini de la chasse, la pêche et la nourriture ». Selon l’ONG Amazon Watch, des millions de litres de brut stockés dans des piscines en proie à de fréquents débordements et des quantités astronomiques de produits toxiques ont été déversés dans la nature, provoquant pollutions et cancers.

La première plainte a été déboutée en 2001 par le tribunal américain, lequel ne s’est pas estimé compétent sur ce dossier, mais la trentaine d’habitants ayant assigné Texaco en justice se sont retournés vers le tribunal de Lago Agrio, qui au terme d’une bataille longue de 18 ans leur a finalement donné raison.

Considérant cette décision « illégitime », Chevron devrait toutefois encore faire appel, cette fois-ci devant la Cour Suprême d’Équateur, et a déposé un recours à la Cour Pénale Internationale (CPI) de La Haye. Une plainte est enfin en cours d’instruction aux États-Unis pour corruption des juges équatoriens et diffamation. Autant donc se garder de tout triomphalisme.

Crédits photos : flickr - Justice In Nigeria Now!/jgomba
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