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L’association s’est vue offrir deux drones financés en partie par des sympathisants du New Jersey (Etats-Unis). Un atout majeur.
Le match continue, mettant aux prises deux belligérants particulièrement déterminés. Gonflée à bloc par le succès de l’opération No Compromise, l’ONG Sea Shepherd a pleinement conscience de son pouvoir de nuisance. Un pouvoir assez important pour qu’en face, les autorités japonaises aient voulu mettre l’association hors-la-loi, démarchant pour ce faire l’administration américaine, qui n’a pas donné suite, a révélé Wikileaks il y a quelques mois.
Bien que le Japon soit confronté à une crise d’une gravité historique, neuf mois et demi après l’effroyable enchaînement séisme-tsunami à l’origine de l’accident de la centrale de Fukushima 1, et bien que cette pratique ne soit aujourd’hui plus rentable, le gouvernement japonais s’entête. Les baleines seront en effet encore chassées cette année, officiellement pour des motifs scientifiques, prétexte fallacieux utilisé depuis maintenant un quart de siècle pour contourner le moratoire commercial qu’a institué la désespérante Commission baleinière internationale (CBI), et tant pis si ce funeste dessein est apparemment financé à hauteur de vingt-trois millions de dollars (environ dix-sept millions six cent mille euros) par des fonds prélevés sur la « cagnotte » qui doit servir à la reconstruction des contrées dévastées. On se situe ici au-delà de la faute de goût mais la motivation des troupes de Paul Watson a sans doute été décuplée après avoir eu connaissance de ce scandale.
Deux drones équipés de caméras et de systèmes de détection leur ont donc été offerts. Des engins qui ont été lancés depuis le bateau Steve Irwin – lequel faillit être saisi cet été et est actuellement « pisté » par trois navires japonais qui l’empêchent de prendre en chasse le bateau-usine Nisshin Maru – et qui ont permis la veille de Noël la localisation de la flotte japonaise à une latitude de trente-sept degrés sud, à environ mille six cents kilomètres au nord de l’océan Austral. Plus rapides, le Bob Barker et le Brigitte Bardot, les deux autres bateaux de l’ONG, semblent quant à eux plus à même de contrarier les plans des baleiniers.

« Une traque longue et difficile »
« Ca promet d’être une traque longue et difficile d’ici aux côtes antarctiques mais grâce à ces drones, nous avons un avantage que nous n’avions pas jusqu’ici : des yeux dans le ciel », s’est félicité M. Watson, selon lequel aucune baleine n’aurait encore été harponnée par le Nisshin Maru. Le capitaine sait toutefois que le camp adverse est plus décidé que jamais à laver l’affront de la précédente saison, quand il avait dû plier bagage un mois avant le terme prévu. Désormais escortés – et bien escortés -, les pêcheurs « ont reçu la consigne ferme de revenir avec leurs neuf cents carcasses de baleines. L’honneur du Japon en dépend ! », rapporte notre confrère du Point Frédéric Lewino, qui souligne également que Sea Shepherd « (bénéficie) d’un important réseau d’indics chez les pêcheurs du monde entier ».
L’association est-elle pour autant déjà en position de force, moins de trois semaines après que les baleiniers aient levé l’ancre ? La tactique habituelle qui consiste à former un barrage autour du Nisshin Maru pour lui permettre d’échapper à ses poursuivants n’a en tout cas pas fonctionné, les drones ne le lâchant pas d’une semelle.
L’opposition renforcée ne se présentera cependant pas en victime expiatoire. Les bateaux australiens ne viendront en outre pas apporter leur grain de sel, Canberra, bien que farouchement hostile aux captures de cétacés, ayant signifié son refus de dépêcher des navires pour arbitrer le duel.
Présidente de Sea Shepherd France, Lamya Essemlali n’a pas dissimulé ses craintes : « on craint une escalade sans précédent de la violence à notre encontre. Pays extrêmement fier, le Japon a très mal pris sa défaite de l’an passé alors que Sea Shepherd avait forcé sa flotte baleinière à quitter le sanctuaire avec seulement 16 % de son quota de baleines tuées ». Il ne fait pas le moindre doute qu’il mettra tout en œuvre pour faire beaucoup mieux cette année. Au point de franchir la ligne jaune et de prendre le risque de s’attirer les foudres de la communauté internationale ?

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