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Captage et stockage du CO2 : quatre projets lancés

Captage et stockage du CO2 : quatre projets lancés
Pour lutter contre les émissions de GES, l’ADEME a décidé de contribuer au financement de quatre projets de construction de démonstrateurs de recherche destinés à capter et stocker le dioxyde de carbone. Actuellement à l’état de miniatures au 1/10ème, ils pourraient devenir opérationnels en 2020 ou 2025.

Le captage et le stockage du CO2 est l’une des voies les plus étudiées afin de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre (GES). L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) vient de sélectionner quatre projets auxquels elle va octroyer des financements. Avec l’ambition d’avoir des technologies déployables à l’horizon 2025.

Juillet 2008 : les ministres Jean-Louis Borloo, Valérie Pécresse et Christine Lagarde lancent un appel à projets commun dans le cadre du Grenelle de l’environnement et plus précisément de son engagement n°61 : « Expérimenter les technologies de captage et de stockage géologique du CO2 ». Le premier « fonds de soutien aux démonstrateurs de recherche pour les nouvelles technologies de l’énergie » est créé. Il vise à trouver des solutions viables et opérationnelles pour capter et stocker le dioxyde de carbone et ainsi diminuer les émissions de GES, une mission hautement ambitieuse et complexe. 400 millions d’euros sont alors débloqués sous la responsabilité de l’ADEME et, un peu moins de deux ans plus tard, quatre projets ont officiellement été retenus. 45 millions d’euros vont être affectés au développement de quatre démonstrateurs de recherche à l’échelle 1/10ème, et ce sur une durée de 6 à 8 ans. Petite revue d’effectifs.

1.Projet « Pil Ansu » (Pilote d’Anti-sublimation)

Un partenariat géant liant Alstom, EDF, GDF Suez et Armines a obtenu l’agrément de l’agence dès juin 2009. Le projet en question a pour objectif la réalisation d’un démonstrateur de captage du CO2 par anti-sublimation (givrage/dégivrage des gaz) sur les fumées d’une centrale à charbon. Ce qui était à l’origine une idée de chercheurs de l’Ecole des Mines de Paris soutenue par l’ADEME a finalement attiré les entreprises. Le prototype pourrait à terme devenir un procédé applicable à l’échelle industrielle.

2.Projet « France Nord »

L’idée de « France Nord », une opération pilotée par Total et rejointe par un groupe d’industriels et d’organismes de recherche (NDLR : six entreprises  – Air Liquide, EDF, GDF Suez, Lafarge, Total et Vallourec – et cinq organismes de recherche, les français BRGM, IFP et INERIS et les allemands EIFER et GeoForschungsZentrum), est d’optimiser le transport et le stockage du CO2. La question du captage n’est donc en l’occurrence pas traitée. Ce projet vise à évaluer la capacité des aquifères salins du nord de la France à stocker les émissions industrielles de CO2 et son coût a été évalué à 54 millions d’euros, dont 40% financés par l’ADEME et 60% par les partenaires.

3.Projet « ULCOS » (Ultra-Low CO2 Steelmaking)

L’ULCOS est un consortium composé d’une cinquantaine de groupes issus de quinze pays européens, dont le français Air Liquide et le luxembourgeois ArcelorMittal. Il vise à lancer le tout premier démonstrateur de recyclage de gaz de haut fourneau et captage de CO2. Le principe : la mise au point d’un processus de production d’acier réduisant les émissions de GES, lesquelles sont captées par un haut fourneau à recyclage, transportées par pipeline et finalement stockées en terre. Pilotée par ArcelorMittal, l’expérimentation sera réalisée dans son usine d’Eisenhüttenstadt (dans l’est de l’Allemagne) pour y construire un pilote et dans une unité sidérurgique à Florange (Lorraine) où sera installé un démonstrateur industriel. « La sidérurgie étant un gros émetteur de gaz à effet de serre, le développement de technologies spécifiques pour cette activité est primordial », estime l’ADEME. Le projet global représenterait un total de 500 millions d’euros, dont une partie sera financée par l’Agence.

4.Projet EDF-Alstom-Veolia Environnement

Le dernier projet retenu consiste en un captage du CO2 postcombustion par solvant à base d’amines (NDLR : une des spécialités industrielles d’Alstom). Cette technologie consiste à séparer le dioxyde de carbone des autres constituants des fumées (azote, vapeur d’eau…) grâce aux amines. Initiée par EDF, l’expérimentation a été rejointe par Alstom et Veolia Environnement, ce dernier s’occupant surtout de la valorisation du CO2 recueilli. Elle a pour cadre la construction d’un démonstrateur de recherche en captage de CO2 sur l’unité n°4 de la centrale de production d’électricité au charbon EDF du Havre. Prévue pour la période 2010-2013, elle se découpe en trois phases : étude, construction et exploitation. D’un montant de 22 millions d’euros, ce projet a obtenu un financement de 25 % de l’ADEME.

Un cinquième projet, initiative de Veolia en partenariat avec Geogreen, a longtemps été en position de compléter la liste. Il consistait à capter et à stocker le CO2 issus de son incinérateur de déchets de Claye-Souilly (Seine-et-Marne), à le valoriser en biogaz et à l’injecter dans un aquifère salin situé à 1 500 mètres sous terre mais n’a finalement pas été retenu par la commission de pilotage de l’ADEME.

L’Agence participera toutefois activement à quatre projets environnementaux qui pourraient être déterminants dans les années à venir.

Crédit photo : Flickr – A. Belani
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