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Canalisations : la France perd les eaux

Canalisations : la France perd les eaux
Des hectolitres sont gâchés tous les ans à cause de la vétusté des canalisations souterraines

Nouveau fléau écologique, nouvelle bête noire des collectivités : l’eau. Cette ressource inestimable pourtant encore considérée par certains comme une énergie renouvelable est au cœur d’une polémique en France. En cause? La vétusté des réseaux de distribution qui engendre des pertes d’eau colossales, 25% du total de l’eau circulant dans les canalisations.

En France, les citoyens ne se rendent pas encore compte des enjeux liés à l’eau potable qu’ils utilisent quotidiennement sans états d’âme. A part quelques résidents irrités par les interdictions de remplir leur piscine ou d’arroser la pelouse en période de canicule, ouvrir un robinet, en France, cela coule de source.

Et pourtant. Le Journal du Dimanche a mis le doigt sur une grosse faiblesse des réseaux de distribution partout en France. Un litre d’eau sur quatre serait gâché pour cause de fuites. L’état calamiteux des canalisations françaises y est sans doute pour quelque chose, ce qui a fait réagir vivement Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecologie. « Il est faux de croire que nous aurons toujours de l’eau en abondance » a-t-elle précisé.

La facture est lourde pour l’environnement et illustre l’insouciance presque indécente de la population à l’égard de l’eau. Avec 60 litres d’eau sur 100 arrivant dans les robinets, Nîmes a le record du taux de fuites en France. Une catastrophe naturelle de 1988 serait la cause de ces dysfonctionnements, à laquelle s’ajouterait la méconnaissance partielle des spécialistes quant aux canalisations enfouies sous le sol et inaccessibles. Quoiqu’il en soit, les pertes d’eau représentent pour le pays près de 2 milliards d’euros chaque année, tout droit sortis du portefeuille des contribuables.

Identifier les responsables

Concrètement, les résidents ne peuvent pas agir directement sur ces fuites invisibles. Mais ils peuvent au moins faire pression sur les acteurs concernés pour que la qualité des réseaux s’améliore. Parce que ni les collectivités, ni les distributeurs, ni les régies n’entendent assumer leurs responsabilités pour l’instant.

Les déclarations du patron de Veolia Eau, Marc Reneaume pourraient mettre de l’huile sur le feu. « Les réseaux sont probablement en meilleur état en France qu’ailleurs » s’est-il rassuré. Devrait-on dès lors s’en contenter? Pour lui comme pour son homologue de la Lyonnaise des eaux (Suez), Isabelle Kocher, la politique de l’eau est définie par les élus locaux qui se sont trop longtemps concentrés sur les problématiques d’assainissement et pas assez sur la qualité des réseaux. Il est vrai que c’est sur les épaules des maires et des présidents d’agglomération que repose la pleine responsabilité de l’état des tuyaux, de l’usine de production jusqu’aux compteurs des maisons. Généralement, les réparations provisoires, moins coûteuses, ont été privilégiées. Sans compter les délais d’intervention interminables. Parfois vieilles de plus de 40 ans, les canalisations n’ont pas été suffisamment surveillées par les collectivités locales restées  passives.

Les armes du gouvernement

Chantal Jouanno a mis un point d’honneur à ce que la situation ne perdure pas. Un objectif de 15% de pertes d’eau au maximum fixé par le Grenelle devrait remettre les pendules à l’heure. 600 000 millions de mètres cubes d’eau seraient ainsi économisés chaque année. Mais il ne faudrait pas que cela se traduise par une augmentation des impôts locaux. Après tout, c’est le laxisme ambiant des différents acteurs de la distribution qui est aussi à l’origine du gâchis. Le remplacement du réseau défectueux représente un coût de 1,5 milliard d’euros. Les investissements qui manquaient jusqu’ici vont donc être encouragés. En échange d’une augmentation de leur redevance, les collectivités locales obtiendront une aide financière de l’Etat. Un système de bonus-malus, dans l’esprit des précédentes mesures écologiques décrétées par le gouvernement en place, va aussi voir le jour.

Les résultats exemplaires de Paris, avec des pertes de seulement 3,5%, montrent que la qualité des réseaux peut être largement améliorée. Ils seraient la conséquence des travaux effectués sous le Second Empire par le baron Haussmann qui a rendu 1800 kilomètres de canalisations accessibles à pied, ce qui facilite grandement les interventions. Par ailleurs, des initiatives déjà mises en place prouvent que la tâche n’est pas insurmontable. Dans certaines communes, il a été décidé de faire installer un émetteur sur les compteurs d’eau dans chaque foyer. Il rend possible un relevé de la consommation d’eau en temps réel et alerte le distributeur si un débit inhabituel est enregistré.

Alors rendez-vous dans 10 ans, même jour, même heure, même robinet, pour apprécier les avancées de la France en matière de distribution d’eau, si progrès il y a.

Flickr - PraguaBangBang
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