NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

Bruxelles veut se donner les moyens d’abolir le shark finning

Bruxelles veut se donner les moyens d'abolir le shark finning
L'augmentation de la demande mondiale en potages aux ailerons de requins explique en grande partie la recrudescence du shark finning

Enfin ! La Commission européenne aura pris tout son temps pour se pencher sur la question mais elle projette désormais d’éradiquer définitivement le shark finning, pratique barbare évoquée à maintes reprises dans ces colonnes, dénoncée par les écologistes, les scientifiques mais aussi par des victimes de requins et qui consiste à couper leurs ailerons à bord des navires de pêche avant de rejeter les squales encore vivants à la mer.

Aussi atroce soit-il, équivalant en fait à une mort certaine – et donc déstabilisant pour de nombreux écosystèmes marins dans la mesure où les requins sont situés tout en haut de la chaîne alimentaire -, ledit « charcutage » s’est intensifié ces dernières années en raison de la hausse de la demande mondiale, dans les pays d’Asie du Sud-Est en particulier. Rappelons en effet la popularité très élevée dont jouit aujourd’hui le potage aux ailerons de requins, met traditionnel réservé aux nantis dans un passé pas si lointain mais qui s’est largement démocratisé en Chine avec l’augmentation du niveau de vie des classes moyennes, et les vertus aphrodisiaques que leur attribuent certaines cultures extrêmes-orientales.

Conjuguée à une maturité sexuelle par trop tardive pour permettre le renouvellement rapide des stocks, cette frénésie est directement à l’origine d’un épouvantable massacre, de soixante-dix à cent-vingt millions de spécimens trouvant la mort chaque année (!), tant et si bien qu’une trentaine d’espèces de requins sont actuellement menacées de disparition. Face à cette situation désastreuse, plusieurs États ont fini par prendre leurs responsabilités, les Bahamas et la République de Palau notamment, la municipalité de Toronto venant quant à elle de décréter l’interdiction de servir la soupe d’ailerons de requins dans les restaurants de la ville. L’Union Européenne (UE) a pour sa part adopté un règlement en 2003 mais celui-ci s’est avéré « trop permissif » et « insuffisant pour prévenir de manière certaine la poursuite de la pratique du finning sans que celle-ci ne soit détectée ni punie », rapporte Shark Alliance (NDLR : une coalition « lancée et coordonnée par le Pew Environment Group » qui regroupe plus de cent organisations « actives dans les domaines de la protection des océans, de la science et des loisirs ») sur son site Internet.

Il est aujourd’hui question de le renforcer, la Commission européenne ayant publié hier une proposition qui, sous réserve de son adoption par le Conseil des ministres européens de la Pêche et le Parlement – lequel a approuvé en décembre dernier une résolution invitant précisément Bruxelles à remettre une proposition d’interdiction de l’enlèvement des nageoires de requins à bord des navires -, corrigera les failles de l’interdiction communautaire. Elle garantirait en effet que tous les requins capturés par des navires de l’UE ou dans les eaux territoriales européennes soient débarqués avec les ailerons encore naturellement attachés au corps, ce que les spécialistes et défenseurs de l’environnement marin réclament depuis de longues années.

Sachant que le Vieux Continent est l’un des plus grands fournisseurs mondiaux d’ailerons de requins en Asie, il s’agirait là d’une avancée majeure. Les ministres et les eurodéputés ont l’obligation morale et écologique de l’entériner.

Crédits photos : flickr – Alpha / Andrew Mitchell
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !