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Braconnage : tous les moyens sont bons pour s’emparer des cornes de rhinocéros

Braconnage : tous les moyens sont bons pour s’emparer des cornes de rhinocéros
Malgré les moyens mis en œuvre par les autorités, notamment en Afrique du Sud, les rhinocéros continuent d’être tués pour leurs cornes

On l’a évoqué il y a une dizaine de jours, l’Afrique du Sud est le terrain de chasse préféré des braconniers désireux de récupérer les cornes des rhinocéros pour ensuite les revendre sur le marché noir. Ecoeurant, le business est aussi très lucratif, chaque corne étant revendue entre 25 000 et 200 000 euros. Le continent noir n’en a cependant pas le monopole : depuis quelques temps, des braconniers poussent le mauvais goût jusqu’à écumer les musées européens pour y dérober les têtes empaillées.

Sillonnant d’ordinaire la savane sud-africaine les armes à la main, les braconniers commencent petit à petit à changer de braquet, la faute au déploiement d’effectifs militaires pour protéger les rhinocéros, espèce qui, si rien n’est fait, courra à sa perte. Depuis quatre mois, les militaires se sont en effet installés le long de la frontière du Mozambique, dans le parc national Kruger, célèbre réserve naturelle située dans le nord-est du pays. Il faut dire que « nous ne sommes plus au temps du braconnier isolé qui venait chasser pour la viande, avec son piège, ses flèches ou son fusil de chasse », résume Ken Maggs, qui traque les chasseurs. Et d’ajouter : « maintenant, il arrive prêt à se battre. C’est pour cela que nous adoptons des tactiques militaires ou para-militaires ». La présence de l’armée sud-africaine semble avoir porté ses fruits. D’après les militaires, le mois de mars avait été le plus meurtrier de toute l’histoire du parc Kruger pour les rhinocéros, avec quarante animaux tués. Depuis leur arrivée, on a dénombré trente victimes en avril, quinze en mai et seulement deux en juin.

Il en faut cependant davantage pour arrêter les braconniers, qui n’ignorent pas que la demande est grandissante, notamment en provenance des pays asiatiques. Dans ces derniers, une croyance tenace veut que la poudre de corne ait des vertus aphrodisiaques et soit efficace dans le traitement contre le cancer. Un nouveau gang sévit donc aujourd’hui sur le Vieux Continent, s’introduisant dans les musées pour y voler des cornes de rhinocéros, lesquelles peuvent parfois peser plusieurs centaines de kilogrammes.

Dernière victime en date : le Musée des sciences naturelles de Bruxelles (Belgique), qui vient tout juste de se faire ravir une tête empaillée. Au début du mois, c’est le Musée d’histoire naturelle de Blois (Loir-et-Cher) qui a été pris pour cible. En tout, une vingtaine de vols ont été recensés au cours des six derniers mois, en Belgique et en France donc mais aussi au Portugal, en Allemagne, en République Tchèque ou encore en Suisse. Si les coupables n’ont pas encore été démasqués, de fortes présomptions pèsent cependant sur un groupuscule irlandais.

Près de huit cents rhinocéros d’Afrique ont été tués depuis 2008. Même si la Chine a officiellement proscrit l’utilisation de leurs cornes dans la médecine, l’interdiction n’est aujourd’hui guère respectée et l’Empire du Milieu reste l’un des principaux importateurs. Une véritable catastrophe alors que les rhinocéros noirs seraient aujourd’hui moins de 5 000 individus. Leurs cousins, les rhinocéros blancs, seraient quant à eux environ 17 500. A la vitesse où vont les choses, l’espèce est toutefois elle aussi en danger d’extinction. La stratégie des braconniers semble encore trop bien rodée…

Crédits photos : flickr – meunierd / Javier Kohen
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  • laulo

    Tout ça est bien triste