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Bornéo, nouveau laboratoire indonésien de la lutte contre la déforestation

Bornéo, nouveau laboratoire indonésien de la lutte contre la déforestation
Très gravement touchée par la déforestation, l'île martyre de Bornéo a été choisie par les autorités indonésiennes comme région pilote pour de nouveaux projets de réduction des émissions carbone

Officiellement engagée aux côtés de la Norvège dans un programme ambitieux de lutte contre le déboisement sur son territoire, phénomène trop longtemps incontrôlé voire ignoré et qui fait de lui l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre (GES) de la planète, l’Indonésie aura sans doute bien du mal à l’endiguer.

La faute entre autres à Sinar Mas, tout-puissant conglomérat certes délesté de bon nombre de ses clients occidentaux mais qui, malgré ses annonces vaguement iréniques, ne semble pas disposé à renoncer de sitôt à la production d’huile de palme, et aux industries de la pâte à papier. La faute aussi, sans doute, au manque de consistance juridique du fameux mécanisme REDD (Réduction des émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts), talon d’Achille récemment pointé du doigt par Greenpeace dans un rapport particulièrement préoccupant.

Ça n’empêche : la situation est devenue trop grave pour que Djakarta puisse encore se permettre de laisser faire, et l’aide d’un milliard de dollars (environ sept cent quarante-huit millions cinq cent mille euros) allouée par Oslo est tributaire de sa bonne volonté, de la transparence de ses initiatives et des résultats qu’elle obtiendra d’ici 2014, quand débuteront les premiers versements.

Il y a désormais urgence à passer à la vitesse supérieure pour pérenniser le principal réservoir d’oxygène du pays et les autorités indonésiennes l’ont manifestement bien compris, elles qui ont dans les dernières heures de 2010 désigné Bornéo comme région pilote dans le cadre de la mise en oeuvre de nouveaux projets de diminution des rejets carbone. Un choix qui n’a rien du hasard, la quatrième plus grande île du monde – elle s’étend sur sept cent trente-six mille kilomètres carrés, soit deux fois la taille de l’Irlande – abritant une biodiversité aussi riche que désormais gravement menacée, ce à la fois par l’expansion des plantations de palmiers à huile et le développement soutenu des mines de charbon à ciel ouvert. Parmi les grandes victimes que cette double évolution, les orangs-outans, dont la survie n’est aujourd’hui plus garantie, même si les décideurs ont annoncé en juillet vouloir leur « réserver » quatre-vingt mille hectares de forêts.

Des projets REDD sont déjà en cours de développement dans la province de Kalimantan (NDLR : la partie indonésienne de l’île, qui couvre les quatre cinquième de sa superficie), qui va donc être le théâtre de nouvelles expérimentations dont la teneur exacte reste à préciser.

D’après Greenpeace, Sinar Mas et consorts projetteraient de tripler les productions d’huile de palme et de pâte à papier aux horizons 2020 et 2025. Raison de plus pour que les autorités, qui réfutent catégoriquement ces allégations, fassent étalage de leur rigueur et de leur efficacité.

Crédit photo : flickr – Ben Sutherland
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