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Bisphénol A : l’Assemblée nationale unanimement contre

Bisphénol A : l'Assemblée nationale unanimement contre
Conformément au souhait de Xavier Bertrand, qui avait introduit un amendement dans la proposition de loi du député socialiste de Haute-Garonne Gérard Rapt en ce sens, le bisphénol A sera interdit des conditionnements alimentaires pour les enfants de moins de trois ans à partir du 1er janvier 2013

Pas une surprise mais l’amorce législative d’un bouleversement majeur dans le secteur industriel et plus largement dans notre quotidien, au sein duquel le composé chimique est omniprésent : appuyée par la majorité et le gouvernement [NDLR : le ministre de la Santé Xavier Bertrand a même voulu aller plus loin, présentant deux amendements introduisant une interdiction pour les enfants de moins de trois ans à compter du 1er janvier 2013 ainsi que la présentation par l'Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSES) d'un rapport au Parlement sur les substituts d'ici au 31 octobre 2012], la proposition de loi du député socialiste de Haute-Garonne Gérard Rapt visant à exclure le bisphénol A (BPA) du processus de fabrication des conditionnements alimentaires à partir du 1er janvier 2014 a été votée à l’unanimité hier par l’Assemblée Nationale.

Une fois n’est pas coutume partis de gauche et de droite ont parlé d’une seule voix et décidé de concert de passer outre les recommandations des industriels, selon lesquels il faut au moins cinq ans pour mettre au point un composé chimique alternatif sûr et répondant aux mêmes exigences que le BPA. Ainsi que l’a reconnu M. Bertrand, dont les amendements ont eux aussi été adoptés, les deux rapports qu’a publié l’ANSES fin septembre et qui sont tous deux arrivés à la conclusion qu’il était absolument indispensable de réduire l’exposition des personnes les plus vulnérables au bisphénol A et de le remplacer « sans tarder » ont tout changé.

Ils ont rendu « la précaution légitime et même nécessaire », a estimé le ministre de la Santé, qui n’a par ailleurs pas manqué de souligner qu’« avec cette loi, la France sera le premier pays en Europe à aller si loin dans la protection contre le bisphénol A ». M. Rapt s’est pour sa part dit « heureux que l’intérêt général l’emporte ». « Cela tranche singulièrement avec la position du gouvernement ces dernières années », a-t-il ajouté, égratignant au passage Roselyne Bachelot, prédécesseur de M. Bertrand, avant d’évoquer « le problème posé par les phtalates », lequel « devra également être rapidement résolu ».

La députée socialiste de la Gironde (et médecin de profession) Michèle Delaunay s’est montrée plus nuancée, mettant en avant le fait qu’« aucune étude scientifique probante n’aura eu le temps d’être menée à bien ». Et de redouter que « des résultats incomplets (puissent) être avancés par les industriels pour démontrer qu’ils ne disposent pas de substituts définitivement innocentés et demander la prorogation ».

Vu le plébiscite du Palais Bourbon, le Sénat devrait lui aussi voter le texte. Mme Delaunay l’a en tout cas appelé à l’inscrire « au plus vite » à son ordre du jour, de sorte à ce que soit réalisé « dans un délai très bref l’étiquetage obligatoire des contenants comportant du bisphénol A ». Ce n’est qu’à ce moment-là que les industriels seront dans l’obligation de mobiliser toute leur matière grise.

Crédits photos : Wikimedia Commons - Kirby Simon / flickr – canblog
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