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Bientôt une mention spécifique pour les miels comportant des traces d’OGM

Bientôt une mention spécifique pour les miels comportant des traces d’OGM
Désormais les étiquetages des pots de miel devront comporter la mention « avec OGM », même pour une infime trace de matériel génétiquement modifié

La Cour de Justice européenne a tranché. Les producteurs de miel contenant des traces d’OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) ont obtenu une autorisation préalable de mise sur le marché (AMM) « quelle que soit la proportion de matériel génétiquement modifié contenue dans le produit en cause », a précisé le tribunal. Peu importe donc si le pollen issu de maïs génétiquement modifié a été introduit dans le miel intentionnellement ou non : du point de vue législatif, le résultat est le même mais le producteur sera tenu de préciser sa présence, ce que nombre d’apiculteurs ont fraîchement accueilli, estimant de surcroît que ce verdict est dénué de fondement scientifique. Leur collègue allemand qui avait intenté un procès contre son voisin qui cultivait du maïs Monsanto à environ cinq cents mètres de ses « plates-bandes » a quant à lui dû apprécier, d’autant que la porte reste ouverte pour formuler une demande d’indemnisation auprès des autorités bavaroises peut donc se frotter les mains.

« Ce cas montre bien que la coexistence est une escroquerie et que la culture des OGM empêche le choix pour des produits sans OGM », a commenté l’eurodéputé Europe Ecologie-Les Verts (EELV) José Bové. « Autoriser la culture des OGM conduit nécessairement à la contamination des autres cultures et des produits alimentaires […] La seule façon d’éviter la contamination est d’interdire la culture de ces OGM », a-t-il ajouté. Membre de la fédération Les Amis de la Terre, Mute Schimpf a de son côté estimé que cette décision permet de « confirmer que les lois européennes sur les OGM méritent d’être révisées ».


Directeur du centre pour les sciences biologiques de l’Université de Southampton (Grande-Bretagne), Guy Poppy n’en pas convenu. Selon lui, « il n’y a pas de problème de sécurité avec ce miel », qui serait « aussi sûr qu’un autre ». « Le maïs Monsanto est génétiquement modifié pour produire la protéine Bt [NDLR : Bacillus thuringiensis, conçue pour lutter contre les larves de pyrale, principal fléau des cultures de maïs] mais pendant des années cette même protéine a été régulièrement utilisée en spray par tous les agriculteurs, y compris ceux convertis au bio », a-t-il également souligné.

Cet épilogue judiciaire risquerait néanmoins d’avoir des répercussions néfastes sur le commerce du miel, prophétise Frédéric Vincent, porte-parole du Commissaire européen chargé de la Santé et des Consommateurs. Outre l’apparition d’un « avec OGM » potentiellement dévastateur sur le plan commercial au regard de la défiance que les plants transgéniques suscitent sur le Vieux Continent, Bruxelles devrait en tout cas prochainement revoir les règles d’importation en vigueur dans l’Union pour éviter que du miel contenant des traces même faibles desdits plants n’arrivent sur les tables des consommateurs.

Rappelons que chaque année, l’Union Européenne (UE) produit 200 000 tonnes de miel et en importe 140 000 tonnes, principalement d’Argentine et de Chine. Le débat concernant la contamination des cultures par les OGM et de la coexistence reste donc ouvert. Non pas à l’échelle continentale mais à l’échelle mondiale.

Crédits photos : flickr - LauraZimmerman / yves Tennevin
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  • gaga

    Oui, il faut que nous, consommateurs soyons au courant de ce que nous mangeons !