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Better Place, l’avenir du secteur automobile ?

Better Place, l'avenir du secteur automobile ?
Fondateur et PDG de Better Place, Shaï Agassi est un businessman hors norme. Il est aussi un fervent défenseur de la voiture électrique, qui constitue selon lui le salut de l'automobile face à la dépendance énergétique à l'égard du pétrole

Better Place et Renault collaborent depuis février 2008. Leur partenariat vise rien de moins qu’à diminuer la dépendance du secteur automobile vis-à-vis des énergies fossiles.

Le constructeur français a depuis la signature de cet accord étoffé sa gamme de véhicules électriques. Il est notamment en train de développer une version « propre » de la Kangoo et peaufine les réglages de la future berline Fluence ZE. « Le premier véhicule au monde zéro émission, 100 % électrique avec batterie lithium-ion échangeable », précise Renault sur son site Internet et dont un prototype a été présenté lors du dernier Salon de Francfort. Parallèlement, la Twizy ZE et la Zoe ZE mobilisent aussi les ingénieurs (voir « Renault électrifie ses voitures »).

« ZE » c’est-à-dire « zéro émission », une ambition élevée qui s’applique à neuf des futurs modèles d’un des géants de l’automobile européen, lequel a accéléré ces dernières années pour être écologiquement en pole position. Son partenariat avec la start-up israélo-américaine Better Place va lui aussi dans ce sens.

A la conquête des marchés israéliens et danois

Il s’agit pour Renault d’exporter des Fluence ZE en Israël – dont le gouvernement s’est engagé à changer les comportements automobiles en proposant une batterie de mesures fiscales incitatives – alors que Better Place (« Un meilleur monde ») fournira l’an prochain un réseau électrique de recharge et d’échange des batteries qui concernera tout le territoire. À terme, l’entreprise en proposera cinq cent mille dans les parkings couverts, des mini-stations de remplacement des batteries ainsi qu’un dispositif d’information pour les clients.

L’affaire a été rondement menée. Shaï Agassi, quarante-deux ans, fondateur, PDG de Better Place, monstre de charisme et vraisemblable visionnaire, a d’abord convaincu les autorités israéliennes, qui aujourd’hui piaffent d’impatience. Il a ensuite contacté des constructeurs et a convaincu Renault, dont on saura à moyen terme s’il a tiré le gros lot.

En attendant, son partenariat avec Better Place s’est aussi étendu au Danemark. Une vague de cent mille Fluence ZE déferlera donc en Scandinavie à compter du premier semestre de l’année prochaine, ce qui laisse présager des lendemains qui chantent pour le constructeur français.

« Il y aura des opportunités de croissance dans les secteurs de l’énergie et de l’automobile »

Fin janvier, Better Place a annoncé la signature d’un accord avec un consortium dirigé par HSBC pour un investissement en fonds propres de trois cents cinquante millions de dollars, ce qui en fait l’un des plus importants de l’histoire des clean-techs. Il a enthousiasmé Stuart Gulliver, directeur exécutif de la banque, persuadé que « la transition [...] vers les véhicules électriques créera des opportunités de croissance dans les secteurs de l’énergie et de l’automobile ».

Haut responsable de HSBC et membre du conseil d’administration de Better Place, qui pèse désormais plus d’un milliard deux cents millions de dollars américains, Kevin Adeson ne doute pas de son côté de voir d’autres pays se laisser convaincre par la « méthode Agassi » : « Nous sommes confiants en les qualités techniques et commerciales de la solution proposée par Better Place qui sont celles requises pour l’adoption massive des véhicules électriques à court terme [...] Nous nous attendons à voir le modèle Better Place largement adopté dans de nombreux pays et villes, particulièrement dans les pays qui ont mis en place des mesures favorables à l’adoption des véhicules électriques ».

D’autres pays européens et le marché asiatique sont désormais dans le viseur du tandem Renault/Better Place. Alors que cinq cent stations de remplacement Better Place pourraient prochainement être installées dans nos frontières et que l’entreprise a conclu ce week-end un accord avec le constructeur chinois Chery pour développer des véhicules électriques à batterie échangeable, l’Australie et l’Amérique du nord seraient également en passe de mordre à l’hameçon.

« Location » des batteries des véhicules électriques

« Considérez notre pilote en Israël comme une cellule, qu’il sera ensuite facile de répliquer dans le reste du monde », avait confié Sydney Goodman, responsable des alliances chez Better Place, à nos confrères de L’Expansion en avril 2009. Un an plus tard, les choses se sont effectivement accélérées. Les projets d’alliance se multiplient, et si tous ne verront pas forcément le jour force est de constater que Renault, Shaï Agassi et sa bande ont une force de persuasion et des arguments à faire valoir.

« Nous sommes limités par les lois de la physique et les lois de l’économie. Et mon idée de départ était donc « Comment faire cela dans la limite de la science que nous avons aujourd’hui ? Nous n’avons pas de temps pour exposer des idées scientifiques, pas de temps pour [...] attendre qu’une batterie magique voit le jour », a fait valoir M. Agassi pour justifier sa stratégie. La clef résiderait selon lui « dans la séparation entre la possession de la voiture et la possession de la batterie ».

Ainsi le « système » Better Place consiste-t-il d’abord à réduire le coût des véhicules électriques pour stimuler leur développement via un dispositif de rechargement et d’échange des batteries – lesquelles ne sont plus la propriété de l’automobiliste – source d’un gain de temps appréciable pour l’usager de la route.

Au total, le big boss de Better Place semble avoir bien calculé son coup. Les partenariats signés ces deux dernières années en témoignent : il dispose désormais de toutes les armes pour convaincre à l’échelle internationale.

Une perception qui gagne du terrain

« Nous avons envoyé des lettres à tous les constructeurs [...] Carlos Ghosn a répondu quelque chose de très intéressant lorsqu’on lui a parlé d’hybrides : « Les hybrides sont comme les sirènes. Lorsque vous voulez un poisson vous avez une femme lorsque vous voulez une femme vous avez un poisson », a révélé Shaï Agassi lors d’une conférence en février 2009. Tous ne partagent cependant pas le scepticisme du PDG de Renault-Nissan à l’égard de la technologie hybride et continuent d’investir des millions pour des solutions alternatives auxquelles il ne croit pas. L’autonomie des batteries encore trop limitée à leurs yeux, leur coût et le temps de rechargement jugé trop long expliquent la relative frilosité des autres constructeurs.

Reste qu’avec l’épuisement des ressources pétrolières, le point de vue selon lequel la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur automobile passe prioritairement par un développement instantané des structures électriques déjà existantes (plutôt que par celui de nouvelles technologies dont l’efficacité reste à démontrer) commence à se répandre.

Ils seraient plusieurs à se satisfaire d’un dispatching planétaire : Better Place, Renault et les automobilistes, auxquels des prix plus attrayants seraient proposés.

Reste le plus important, le jackpot que toucherait l’environnement. L’électrification de l’ensemble du parc automobile n’est de toute évidence pas à l’ordre du jour. L’application du concept de Better Place dans d’autres pays du monde, elle, est plus que jamais envisageable.

Crédit photo : Flickr - eirikso
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