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Barrage de Belo Monte : Lula a donné son accord

Barrage de Belo Monte : Lula a donné son accord
La construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte sur les rives amazoniennes du Xingu devraient assurer une plus forte indépendance énergétique du Brésil… et causer un coup dur à l’environnement, à en croire ses détracteurs

Le président brésilien Lula jouissait jusque là d’une image écologique plutôt flatteuse puisqu’il a entre autres fait de la lutte contre la déforestation l’une de ses priorités. Son aval à la construction du barrage controversé de Belo Monte, le troisième plus grand du monde, devrait néanmoins lui valoir l’ire chronique de nombreux défenseurs de l’environnement.

C’est une signature officielle qui ne passera pas inaperçue. Après une longue série d’épisodes quant au devenir exact de ce projet gargantuesque, d’abord repoussé par le juge de l’Etat du Para avant d’être validé par la justice fédérale, Luiz Inacio Lula a finalement paraphé le contrat de concession de travaux publics pour la construction de la superstructure de Belo Monte. Une décision qui a sans surprise été prestement condamnée par les écologistes et les communautés indigènes, lesquelles ont en outre récemment défrayé l’actualité en prenant en otage une centaine d’ouvriers sur le chantier de construction d’un autre barrage hydroélectrique, à l’autre bout de l’Amazonie, près de la frontière bolivienne.

Un projet à dominante publique

« Nous rendons possible quelque chose qui paraissait impossible il y a 30 ans. C’est une victoire du secteur énergétique », a commenté le président brésilien durant la cérémonie d’inauguration. Les enjeux de cette construction sont en effet considérables pour l’avenir énergétique du pays dans la mesure où le projet de Belo Monte pourrait, à terme, fournir plus de 10% de la puissance électrique nationale. « Nous allons les convaincre que nous avons tenu sérieusement compte de la question sociale et environnementale », a indiqué M. Lula, estimant que ce dessein très contesté avait été le mieux planifié au monde depuis les années 70. L’essentiel du projet se fera sous gouvernance publique puisque le consortium Norte Energia, affecté à la construction du barrage, est à moitié détenu par l’Etat. Avec la participation de fonds d’investissements d’entreprises publiques, la participation de l’Etat devrait cependant culminer à 70%.

La levée de boucliers contre annonce n’a pas tardé. Après avoir soufflé le chaud et le froid ces derniers mois, la justice régionale a finalement condamné l’approbation présidentielle par la voix du procureur Ubiratan Gazetta, selon lequel la construction du barrage de Belo Monte va entraîner « des excavations équivalentes à celles du canal de Panama ». L’afflux de 20 000 travailleurs (NDLR : Sachant que quelque 85 000 personnes en quête de travail pourraient migrer dans les terres concernées) devrait par ailleurs doubler d’une seule traite la population locale, « ce qui entraînera une pression sur la terre et la déforestation », prédit M. Gazetta. De même, de nombreux opposants au projet soutiennent que si le financement de ce barrage est public, c’est d’abord parce qu’il n’est « pas économiquement viable ».

Indiens et people réunis pour s’opposer

Les communautés indigènes s’étranglent une nouvelle fois contre ce qu’ils estiment être un coup terrible porté à leur habitat naturel. « La forêt est notre épicerie, la rivière notre marché. Nous ne voulons pas que les cours d’eau du Xingù soient envahis et que nos villages et nos enfants, qui seront élevés selon nos coutumes, soient en danger », ont conjointement écrit, sous le « commandement » du célèbre chef Raoni, 62 chefs indiens dans un manifeste contre le barrage. Celui-ci a été accompagné d’une pétition dont tout indique qu’elle rencontrera un franc succès. « Le monde entier doit savoir ce qui se passe ici, il doit se rendre compte à quel point la destruction des forêts et des peuples indigènes signifie sa propre destruction. C’est pour ces raisons que nous ne voulons pas de Belo Monte. Ce barrage signifie la destruction de notre peuple », ont également analysé les chefs.

Ils ont été rejoints dans leur combat par James Cameron qui a lui aussi rédigé une pétition. Mise en ligne sur le site Amazon Watch, elle est de surcroît appuyée par Sigourney Weaver, qui tient le rôle principal de son blockbuster écologique « Avatar » et défend depuis longtemps la cause environnementale. Opposant de longue date à la construction du complexe hydro-électrique de Belo Monte, il a réalisé un court-métrage de trois minutes, « A Message From Pandora », dans lequel il explique comment celui-ci va contraindre des milliers d’habitants d’indigènes à fuir.

D’après les chiffres officiels la construction du barrage devrait du reste contraindre 16 000 personnes à se déplacer, en plus d’inonder une zone de 500 km². « Le gouvernement a signé la condamnation à mort du fleuve Xingu et l’expulsion de milliers de riverains », accusent les Indiens de la région. Avec l’élection présidentielle d’octobre prochain qui approche, et alors que Lula veut imposer sa protégée Dilma Rousseff à la tête de l’Etat brésilien, la question environnementale pourrait se retrouver au centre du jeu politique. Bien malin celui qui est capable de prédire si ce sera pour le meilleur ou pour le pire…

Crédit photo : Flickr – Greenwich Photography
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