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Barrage de Belo Monte : La justice fédérale donne son accord

Barrage de Belo Monte : La justice fédérale donne son accord
« Le troisième plus grand barrage du monde (11 200 MW de puissance installée) devrait voir le jour au coeur de la forêt amazonienne. La justice fédérale de Brasilia en a décidé ainsi malgré la forte opposition des populations indigènes

Il y a huit jours à peine, les adversaires de l’édification du barrage de Belo Monte (Brésil) se frottaient les mains. Antonio Almeida Campel, le juge de l’État du Para, venait de suspendre l’appel d’offres

Aussi les Indiens Xingu, l’Église catholique ou encore le réalisateur canadien d’Avatar, James Cameron, tous hostiles au pharaonique projet gouvernemental, pouvaient-ils légitimement croire que le gigantesque projet gouvernemental ne dépasserait pas le stade de la planche à dessin, ou tout du moins que la menace serait écartée pour un bon moment.

Ils ont déchanté hier à la suite de la décision de la justice fédérale de Brasilia, saisie en appel par l’Agence nationale de l’énergie électrique (ANEEL) et par l’Institut brésilien de l’environnement et qui, après avoir perdu la première manche, ont pris une revanche spectaculaire. Les juges n’ont en effet pas suivi M. Campel et se sont prononcés pour le maintien de l’appel d’offres et l’octroi de la licence écologique. C’est Norte Energia, un consortium à dominante publique dirigé par la Compagnie hydroélectrique du Sao Francisco (filiale d’Electrobas), qui a raflé la mise, notamment parce qu’il proposait un prix attractif pour la vente d’énergie [NDLR : 77,9 reais par mégawattheure (MWh), soit environ 44 dollars US].

Saluée par le président Lula (dixit l’un de ses ministres), selon lequel un complexe hydroélectrique en Amazonie est indispensable pour satisfaire les besoins énergétiques croissants du pays, la décision des magistrats a sans surprise déclenché une impressionnante levée de boucliers du côté des populations concernées et des écologistes. Leur détermination de même que la médiatisation de leur combat sont tels qu’on imagine bien mal la saga désormais terminée.

« Il va y avoir une guerre »

Le chef de la tribu amazonienne des Kapayos Raoni Metuktire a en tout cas averti que les Xingu accueilleraient les visiteurs indésirables avec des flèches. « Je pense que l’homme blanc en veut trop, notre eau, nos terres… Il va y avoir une guerre, pour que les blancs ne puisse plus s’approprier nos terres », a ajouté celui qui se bat depuis plus de vingt ans – aux côtés entre autres du chanteur Sting – pour que les autorités brésiliennes renoncent à la construction d’un complexe hydroélectrique au coeur du plus grand réservoir d’oxygène de la planète. Luis Xipaya, un autre leader des populations concernées, a usé de la même rhétorique belliqueuse : « Il va y avoir un bain de sang et le gouvernement brésilien devra en endosser la responsabilité ».

À Brasilia, des militants de Greenpeace ont déversé trois tonnes de fumier devant le siège de l’ANEEL pour signifier leur mécontentement. Des manifestations ont également été organisées dans huit autres villes du pays, dont Altamira, la métropole la plus proche du futur barrage, censé entrer en service en 2015. Il devrait y en avoir beaucoup d’autres, plus importantes, dans les prochaines semaines.

La justice fédérale a tranché mais de toute évidence la riposte s’est déjà organisée.

La superstructure de Belo Monte, dont la puissance installée a été estimée à plus de onze mille mégawatts (MW) et qui sera la troisième plus importante au monde, aura beau générer des dizaines de milliers d’emplois et être écologiquement irréprochable aux dires de ses partisans, elle n’a pas fini de faire parler d’elle. Les populations concernées ne l’entendent pas de cette oreille.

Crédit photo : wikimedia – Jonathan Lewis
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