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Australie : des pesticides au coeur de la Grande Barrière de corail

Australie : des pesticides au coeur de la Grande Barrière de corail
Abritant une biodiversité unique, la Grande Barrière de corail est gravement menacée par le réchauffement climatique, l'acidification des océans et les pesticides

Sacrilège ! Déjà victime du réchauffement climatique - même si un rapport récent a révélé que certaines espèces pourraient s’y adapter – et de l’acidification des océans, pas franchement ménagée depuis de longs mois, entre la marée noire provoquée par le vraquier chinois Shen Neng 1 en avril 2010 et les conséquences des inondations puis du cyclone Yasi en début d’année pour les eaux territoriales australiennes, la Grande Barrière de corail finira-t-elle par sombrer corps et biens ? La découverte par des chercheurs du Département de l’Environnement et de la Gestion des ressources du Queensland d’importantes quantités de pesticides jusqu’à soixante kilomètres des côtes, et donc en partie à l’intérieur de ce sanctuaire de biodiversité de deux mille six cents kilomètres de long, est en tout cas une bien triste nouvelle.

D’abord parce que ces polluants sont une menace très sérieuse pour la survie de certaines espèces rares sinon uniques, ensuite parce que l’étude Reefs at Risk, menée conjointement par près d’une trentaine d’associations et d’organisations – dont la NASA, le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le WWF -, a révélé que 95 % des coraux pourraient purement et simplement disparaître à l’horizon 2050.

Il y a quelque raison de redouter une extinction encore plus rapide en Océanie si la législation reste en l’état. Même si des efforts ont été entrepris ces dernières années, les cultivateurs de canne à sucre continuent en effet d’être montrés du doigt.

Sauf que les accusés ont affirmé pour leur défense ne disposer d’aucune alternative aux produits chimiques, aussi serait-il certainement judicieux de se pencher sans tarder sur la question pour ensuite interdire au moins les plus nocifs à la vente, comme l’a suggéré Nick Health, membre du WWF Australie. Las ! Les autorités verraient au contraire d’un bon oeil une reconduction de l’autorisation d’utilisation du diuron, l’une des trois substances – avec l’atrazine et le métachlore – dont les chercheurs ont constaté la présence (NDLR : avec des concentrations parfois cinquante fois supérieures aux limites autorisées).

Détectés à huit endroits différents le long du récif, les pesticides ont en partie été drainés par les pluies diluviennes de janvier. Les intempéries n’expliquent cependant pas tout, et alors que la conjoncture océanique continue de se dégrader Canberra tarde à donner l’impulsion pour une agriculture raisonnée.

Trois cent cinquante-mille kilomètres carrés de coraux sont pourtant en grand danger. Plus que jamais…

Crédit photos : flickr – Sarah Ackerman
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  • daniel d

    ça ne s’arrange pas !