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L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) vient de publier des chiffres inquiétants : 30,6 gigatonnes de dioxyde de carbone (CO₂) ont été rejetées dans l’atmosphère l’année dernière, soit 1,6 gigatonne de plus qu’en 2009.
Traduite en pourcentage, cet accroissement représente une hausse de 5% comparé au précédent record, atteint en 2008 avec 29,3 gigatonnes de CO₂. Les experts de l’AIE ne s’attendaient pas à cette augmentation record. « Je suis très inquiet. C’est une très mauvaise nouvelle », a déclaré Fatih Birol, économiste en chef de l’AIE, dans les colonnes de nos confrères du Guardian.
Selon l’Agence, les pays en développement (PED) sont responsables d’environ trois quart de cette augmentation en raison à la fois de l’impact de la crise économique sur la production énergétique, plus prononcé dans les pays riches, et de la flambée des prix du pétrole.
Les émissions de CO₂ avaient légèrement diminué entre 2008 et 2009, passant de 29,3 gigatonnes à 29 gigatonnes, et les experts de l’AIE espéraient voir dans la récession une opportunité de s’éloigner des énergies fossiles. Les chiffres publiés aujourd’hui suggèrent cependant une occasion ratée, et le défi de maintenir l’augmentation de la température moyenne globale sous les deux degrés celsius devient « une belle utopie », dixit M. Birol. Pire, il y aurait d’après le professeur Lord Stern « 50% de chances que la température moyenne globale augmente de 4°C d’ici 2100 ». Cette prévision dramatique établie à partir des projections du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat), en partant du principe que les rejets de CO₂ augmenteront sur leur lancée.

Plusieurs facteurs limitent les chances de relever le défi du climat
D’après l’AIE, les émissions annuelles de CO₂ provenant du secteur de l’énergie ne doivent pas excéder les 32 gigatonnes d’ici 2020, sous peine de subir de plein fouet les conséquences du dérèglement climatique.
Or l’Agence a indiqué que 80% des rejets carbone prévus d’ici 2020 sont verrouillées, parce que provenant de centrales déjà construites ou en cours de construction. Autre facteur d’inquiétude : le risque nucléaire, alors que la catastrophe de Fukushima 1 (Japon) est encore loin d’avoir livré tous ses enseignements. Plusieurs pays à l’image de la Suisse et de l’Allemagne viennent de se prononcer pour une sortie progressive de l’énergie atomique, mais les énergies renouvelables étant peu susceptibles à court terme de compenser cette alternative aux énergies fossiles, ces renoncements impliqueront sans doute davantage d’émissions de CO₂.
Rappelons enfin l’âpreté des négociations climatiques, étant entendu que « pour rester sous les deux degrés celsius, il faudrait un accord international juridiquement contraignant ou des mesures importantes concernant les technologies énergétiques propres », souligne M. Birol. Le plus vite possible bien entendu.

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