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Après l’or noir, c’est l’argent qui coule chez BP

L’ex-roi d l’or noir BP voit ses comptes tourner au rouge. Et la plainte déposée par l’Etat du Texas pour une pollution atmosphérique au large de Texas City ne risque pas d’arranger leur situation

Le groupe pétrolier anglo-américain commence à indemniser les victimes de la marée noire du golfe du Mexique, en témoigne la dotation d’un fonds imaginé par le président Barack Obama à hauteur de trois milliards de dollars (2,3 milliards d’euros). Il n’y a toutefois pas que sur ce front que le tiroir-caisse du groupe de Robert Dudley s’apprête à résonner…

Ce premier versement entre dans le cadre d’un dispositif inédit créé par le gouvernement fédéral avec BP pour venir en aide aux populations sinistrées. « L’objectif de ce compte bloqué est de montrer aux personnes touchées par la marée noire que nous tenons nos engagements vis-à-vis d’elles et des contribuables américains » a ainsi expliqué dans un communiqué M. Dudley, le nouveau commandant de bord de BP. « Le fait d’établir la confiance et d’effectuer le premier paiement en avance sur le calendrier prévu démontre notre détermination à réparer les dégâts sur la côte du golfe du Mexique » a-t-il poursuivi. A terme, ce fonds devrait être doté de vingt milliards de dollars (15,3 milliards d’euros). Deux milliards de dollars supplémentaires seront ainsi apportés avant la fin de cette année, puis des versements de 1,25 milliard de dollars seront effectués tous les trimestres jusqu’à atteindre ces vingt milliards.

Provision insuffisante ?

L’heure est aux comptes d’apothicaire pour le groupe pétrolier. Il a effectué une provision de 32,192 milliards de dollars (24,5 milliards d’euros) dans ses comptes du second trimestre 2010 en espérant que cela suffise à couvrir l’ensemble des frais liés à la catastrophe du Deepwater Horizon. Cela pourrait pourtant ne pas suffire puisqu’en plus de ce fonds de solidarité, BP a annoncé avoir déjà dépensé 6,1 milliards de dollars (4,65 milliards d’euros) dans le cadre d’opérations de nettoyage, de sauvetage, incluant également les frais engendrés par la cimentation du sinistre puits Macondo et du forage du puits de secours pour parachever l’opération « bottom kill ». BP affirme également avoir déjà commencé à indemniser des centaines de milliers de victimes, car les demandes n’ont évidemment pas manqué de tomber. Le groupe aurait ainsi reçu 145 000 demandes de dédommagement de la part de particuliers et effectué 103 900 paiements, pour un total de 319 millions de dollars (243 millions d’euros).

Ces montants ne constituent probablement qu’une première salve car, en fonction des pérégrinations législatives du « BP spill bill » et du projet de loi sur la réforme de l’énergie, l’amende que pourrait infliger le gouvernement Obama au groupe pétrolier pourrait atteindre les 17,6 milliards de dollars pour l’ensemble des 4,1 millions de barils de pétrole non récupérés dans les eaux du golfe du Mexique, ce qui ferait donc déborder le montant de la provision effectuée. C’est peut-être en connaissance de ce calcul que le groupe se débarrasse autant que faire ce peut de certains de ses bijoux de famille, telle sa filière colombienne il y a quelques jours.

Le spectre de Texas City

Un problème financier d’un autre type s’est toutefois rajouté hier, conséquence des activités passées de BP dans la région. L’Etat du Texas, qu’on ne saurait pourtant habituellement taxer de dureté avec les intérêts pétroliers (NDLR : la fratrie Bush règne en effet sur la vie politique de cet Etat depuis plusieurs années), a effectivement porté plainte contre le groupe pour avoir émis des polluants atmosphériques à la suite de l’incendie d’une raffinerie à Texas City. « BP a fait très peu d’efforts pour minimiser l’émission de polluants atmosphériques causée par ses actions, privilégiant une fois encore les profits au respect des lois sur l’environnement » a notamment accusé le ministre de la justice du Texas Greg Abbott.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que le drame de Texas City est traîné devant la justice. L’explosion de cette structure avait en effet entraîné la mort de 15 employés le 23 mars 2005, ce qui n’a pourtant pas eu la moindre incidence sur la bonne marche de la raffinerie. Le 6 avril dernier, une nouvelle alerte l’a pourtant secoué puisqu’un compresseur y avait pris feu, déclenchant un incendie qui, selon des enquêteurs de l’Etat, aurait pu largement être évité à condition que les équipements soient mieux entretenus. Deux unités liées au compresseur incriminé ont alors été arrêtées, ce qui a déclenché l’émission de 220 tonnes de polluants atmosphériques supplémentaires… avant qu’elles ne soient remises en fonction, « pour ne pas réduire la productivité » dénonce M. Abbott.

Il réclame en conséquence des dommages s’élevant à 25 000 dollars (19 000 euros) par jour pour chaque jour durant lequel BP continuera de violer les critères de qualité de l’air du Texas, en plus de dédommagements des frais de procédure et d’investigation. Ceci pourrait donc bien constituer une ligne débitrice de plus dans les comptes du groupe. Et prouve, si besoin en était, que cette entreprise qui promet inlassablement de faire évoluer ses pratiques semble oublier ses promesses avec une vitesse effarante. Pas sûr que cette médaille d’or du retournement de veste aide à redonner confiance aux sinistrés du golfe…

Crédit photo : Flickr - clicksense
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