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L’Union Européenne dépend de plus en plus des poissons importés

L’Union Européenne dépend de plus en plus des poissons importés

Si la France ne consommait que des poissons pêchés dans les eaux européennes, nos réserves auraient été épuisées hier. Une étude de la New Economics Foundation (NEF) parue la semaine dernière a dressé ce constat pour le moins préoccupant.

Celle-ci démontre, à l’échelle globale de l’Union Européenne (UE) mais aussi pour chaque Etats-membres, qu’une part grandissante des poissons que l’on consomme est importée. En d’autres termes, l’offre continentale parvient de moins en moins à s’aligner sur la demande.

A partir des consommations annuelles, la NEF a établi un calcul du « degré d’autosuffisance » des pays européens, c’est-à-dire de leur capacité à subvenir aux besoins de leur population avec leurs propres ressources. Supposant que les réserves continentales sont privilégiées dans la consommation, celui-ci établit une « date de dépendance » à partir de laquelle les poissons ne pourraient plus provenir que des eaux extra-européennes.

D’après la NEF, la date française « de dépendance » pour 2011 aurait donc été le 13 juin, ce qui signifie qu’à compter de ce jour la totalité des poissons consommés par nos concitoyens seraient pêchés dans d’autres eaux territoriales que celles de l’Union. L’étude a par ailleurs mis en avant le fait que cette date avance de plusieurs jours chaque année.

Elle avait ainsi été calculée au 20 juin l’an passé. Plus inquiétant encore : la « date de dépendance » à l’échelle de l’Union a été évaluée au 2 juillet, soit sept jours plus tôt qu’en 2010 et l’équivalent de deux cent mille tonnes de poissons supplémentaires importées en l’espace d’un an, et surtout le basculement ne s’opérait en France qu’au début du mois de septembre en 1990 (!)

Les Etats-membres doivent changer de politique

Le secteur de la pêche est pourtant bien développé en France, grâce notamment à un large accès aux eaux européennes, contrairement à d’autres Etats-membres comme la Slovénie et la Slovaquie, dont les « dates de dépendance » interviennent encore plus tôt dans l’année. Il faut cependant rappeler que nos compatriotes sont particulièrement friands de produits marins, avec une consommation en hausse de 2% chaque année et qui serait deux fois supérieure à la consommation moyenne mondiale [NDLR : 34,2 kilos de poissons par personne et par an contre 17,1 kilos, selon des chiffres publiés en 2008 par la FAO (Food and Agriculture Organization) ].

Outre la demande croissante, la NEF condamne notamment la surpêche. Selon Stéphan Beaucher, l’un des auteurs de cette étude, 72% de la pêche européenne frôle d’ailleurs la limite de la surexploitation. En réduisant considérablement  les quantités de poissons disponibles dans les eaux européennes, la surpêche ne ferait par ailleurs qu’accroître la dépendance de l’UE vis-à-vis poissons étrangers au fil des années.

La NEF en appelle maintenant aux autorités européennes, qui doivent selon elle prendre impérativement et sans tarder des mesures appropriées pour contenir l’épuisement des stocks. Elle dénonce également l’obstination des Etats-membres à vouloir satisfaire une demande grandissante en allant chercher le poisson ailleurs. Soulevée l’an passé par le PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement), l’effrayante hypothèse d’océans dépeuplés d’ici 2050 n’est hélas peut-être pas aussi farfelue que ce que le commun des mortels pourrait croire.

Crédits photos : flickr – Matthieu Godbout
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  • lilou

    Dramatique …

  • vtourisme

    Espérons que nous n’arriverons pas au dépeuplement des océans…