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Fraîchement investi par l’UMP à Paris, au grand dam de Rachida Dati, le Premier ministre y est farouchement opposé.
C’est l’un des grands chantiers de la Mairie de Paris. La dépollution de la capitale est à ses yeux une priorité. Effectif depuis le mois dernier, le lancement du système de location de voitures électriques en libre-service Autolib’ participe de cette logique d’assainissement de l’atmosphère, à l’instar du déploiement du dispositif Vélib’, dont le succès ne se dément pas, et de l’instauration prochaine d’un tarif unique pour le pass Navigo, mesure censée inciter davantage les Franciliens à prendre les transports en commun.
La restitution des voies sur berges aux piétons semble toutefois une entreprise beaucoup plus compliquée, comme l’a indiqué Bertrand Delanoë dans un communiqué de presse. Alors que la campagne présidentielle est désormais bien lancée et que les piques se multiplient entre partisans de Nicolas Sarkozy, qui sauf improbable retournement de situation briguera sa propre succession, et François Hollande, vainqueur des élections primaires du Parti socialiste, l’épisode que l’édile a rapporté devrait ajouter encore de l’huile sur le feu. « Le Premier ministre a rendu publique (hier) une lettre adressée aux journalistes avant même que je la reçoive. Il y indique son refus d’autoriser la mise en oeuvre du projet de reconquête des voies sur berges décidé par la Municipalité, voté par le Conseil de Paris à une large majorité, validé par un avis favorable d’une commission d’enquête publique et approuvé dans son principe par une majorité de Parisiens lors des dernières élections municipales en 2008 », a relaté le maire, furieux contre ce qu’il estime être « un diktat du gouvernement », « inacceptable dans sa méthode, son contenu et son principe », contre un projet « conçu pour servir (la qualité de vie des Parisiens) et la beauté de leur ville » et qui « correspond à une vision urbaine moderne ».

Volte-face ?
Et M. Delanoë de s’appesantir sur la « méthode », cette fin de non-recevoir de François Fillon survenant « après trois ans de travail de concertation » et alors que les travaux doivent débuter dans quatre mois. D’après lui, le locataire de Matignon a « pris cette décision sans aucun échange préalable avec la Ville, […] en (s’)appuyant sur des arguments erronés, démentis par (ses) propres services ministériels ». De même, il « rappelle l’avis favorable du commissaire enquêteur tout en feignant d’ignorer que l’ensemble de ses réserves et recommandations ont été prises en compte par la Ville », déplore le successeur de Jean Tiberi. En ce qui concerne le contenu, ce dernier souligne que le Premier ministre « demande à la Ville de produire une étude sur les reports de circulation alors que celle-ci a été fournie à l’État en octobre 2010, complétée en avril 2011, qu’elle a donné lieu à une expertise contradictoire avec les services de la préfecture de police et a été validée par les services du ministère de l’Équipement en juin ». Le chef du gouvernement « pose ici un acte partisan », estime enfin M. Delanoë, qui a tenu à rappeler que « les élus choisis par les Parisiens sont pleinement légitimes pour décider de l’aménagement de leur ville ».
Concernant les Ier, IVe, VIIe et XVIe arrondissements, le projet municipal avait pourtant été approuvé au début de l’été par la Direction régionale et interdépartementale de l’Environnement et de l’Énergie d’ÃŽle-de-France, qui a notamment considéré que « le dossier d’étude d’impact aborde bien l’ensemble des thématiques environnementales » et que, « s’agissant des transports, les études présentées sont de bonne qualité ». « Elles montrent que les voieries auront la capacité d’absorber les reports en notant toutefois une certaine dégradation des trafics. Des aménagements supplémentaires sur ces voies annexes seront potentiellement à prévoir dans le futur pour réduire ces dégradations », a-t-elle poursuivi (NDLR : des allégations qui ont été reprises dans une missive datée d’aujourd’hui que M. Delanoë a adressé au Premier ministre). « La Ville a immédiatement tenu compte de cette suggestion en prévoyant la réalisation préalable de ces aménagements, et notamment celle d’une troisième voie de circulation sur les quais hauts, en amont du Pont de la Concorde », a insisté le maire de Paris. « Sur la base d’un dossier de plus de cinq cents pages et de deux cents pages d’annexes techniques, une enquête publique a eu lieu (cet été) et s’est conclue par un avis favorable assorti de deux réserves : la réversibilité du projet et sa compatibilité avec les projets logistiques de Ports de Paris. Ces deux réserves ont été acceptées par la Ville. Le conseil d’administration du Port a validé la compatibilité de la transformation des berges avec son propre schéma de développement et la préfecture de police a précisé ses attentes en matière de réversibilité », a-t-il enfin indiqué.
M. Fillon, dont les services avaient pourtant validé la méthodologie utilisée lors de l’étude précitée sur les reports de circulation en juin 2010, soit quatre mois avant sa publication, ne veut toutefois rien savoir. Suite au prochain épisode…

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