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Très impliquée ces derniers mois dans la lutte pour la protection de l’environnement, la capitale britannique voit actuellement trois de ses monuments ornés par des anneaux à la portée symbolique forte.
On l’a évoqué à maintes reprises, à quelques mois de la cérémonie d’ouverture de « ses » Jeux Olympiques d’été, Londres fait peau verte. Lancement d’un système de location de vélos en libre-service, apparition de bus green dans tous les sens du terme, déploiement de taxis à hydrogène : autant de mesures – la liste n’est pas exhaustive – destinées à réduire la pollution atmosphérique, assez élevée aujourd’hui pour potentiellement perturber les athlètes.
Dans un registre plus artistique, des anneaux (clin d’oeil au drapeau olympique, qui en compte cinq, comme les cinq continents) fluorescents encerclent actuellement trois colonnes londoniennes, celle du duc d’York, la colonne carrée de Paternoster, érigée sur la place éponyme, et le pilier qui orne le carrefour de Seven Dials, dans le district de Camden. Une initiative loin d’être purement esthétique puisqu’elle vise à alerter l’opinion sur le réchauffement climatique et sa conséquence environnementale la plus illustre, la montée des eaux.

Lesdits anneaux sont en effet installés à plusieurs mètres de la base des monuments, pour la bonne raison que, selon la communauté scientifique (NDLR : qui, eu égard à la longueur de la projection, n’émet bien sûr aucune certitude), sauf renversement de tendance climatique, l’augmentation du niveau de la mer par rapport à l’année en cours pourrait atteindre… vingt-huit mètres en 3012. Abritant des LEDs (Light Emitting Diode) bleues, histoire de boucler la boucle « écolo », délestés de la plus petite fioriture, ils véhiculent de manière simple – et espérons-le efficace – un message choc : dans un millénaire, à ce rythme d’émissions de gaz à effet de serre (GES), la capitale britannique sera pour ainsi dire rayée de la carte. Dans un millénaire, les portes de la cathédrale Saint-Paul seront recouvertes par les eaux et Buckingham Palace sera inondé.
Un scénario-catastrophe mais malheureusement vraisemblable que l’artiste britannique Michael Pinsky, qui jouit d’une réputation planétaire et a entre autres exposé au Tate Britain ainsi qu’au Musée d’art moderne d’Oxford, a voulu dénoncer dans le cadre d’un projet associant le collectif Artsadmin et LIFT (London International Festival of Theatre). À sa manière, à la fois subtile et explicite.
Tous les Londoniens n’ont peut-être pas encore le fin mot de l’histoire. Quand ils sauront le pourquoi du comment de ces anneaux, peut-être que la cause climatique aura progressé dans leur esprit.

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