NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

A la découverte des oubliés des océans

A la découverte des oubliés des océans
Conçue en 1988 par Jean-Louis Etienne pour son expédition Transantarctica, rachetée par feu le navigateur néo-zélandais Peter Blake pour remonter l'Amazonie, le deux-mâts Tara doit rallier New York courant 2012 après un périple de trois ans à travers tous les océans du globe

Criblé de dettes – et selon ses dires faute de soutien budgétaire suffisant du ministère de l’Écologie – le capitaine de la Boudeuse, ce majestueux trois-mâts qui devait parcourir les mers du globe jusqu’en 2012, a dû mettre un terme prématuré à l’aventure. Il est néanmoins une autre odyssée qui se poursuit, celle du voilier Tara.

Cette goélette de trente-six mètres de long est partie de Lorient (Morbihan) le 5 septembre dernier pour un mission scientifique internationale de trois ans qui consiste à caractériser et à récolter jusqu’à deux mille mètres de profondeur algues, bactéries, larves et autres virus. Il s’agira in fine de lever une partie du voile sur un monde du silence encore largement méconnu des biologistes, celui de la vie microscopique des océans, pour pouvoir appréhender les écosystèmes dans leur ensemble.

Les chercheurs, qui ont déjà traversé la Méditerranée et la Mer Rouge, sillonnent désormais l’océan Indien et se trouvaient vendredi à Mayotte, temple de la biodiversité marine (NDLR : Étendu sur mille cinq cent cinquante six kilomètres carrés, le lagon mahorais est le deuxième plus important au monde en terme de superficie) et futur théâtre d’un parc national marin.

« La base de la chaîne alimentaire »

« Ces micro-organismes, c’est tout un monde qui joue un rôle fondamental dans la régulation du climat mais qui est aussi la base de la chaîne alimentaire », rappelle judicieusement Eric Karsenti, chercheur au Centre national de recherche scientifique (CNRS) et co-directeur de l’expédition Tara Océans, suivie chaque semaine par l’équipe du magazine télévisé Thalassa, soutenue entre autres par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) * et à laquelle sont associés une vingtaine de laboratoires partout dans le monde.

Depuis huit mois ses membres amassent un butin infiniment précieux et extraordinairement varié dans la mesure où chaque litre de mer peut contenir, outre un nombre astronomique de bactéries, « de dix mille à cent mille organismes planctoniques, de un à dix millions de protistes (NDLR : Vocable qui désigne tous les organismes unicellulaires animaux ou végétaux) et de dix à cent millions de virus », dixit Colomban de Vargas, chercheur au CNRS.

Une multitude d’espèces planctoniques donc, filtrées sous l’oeil expert de satellites et de modèles numériques – des robots sous-marins appelés « gliders » peuvent aussi les suppléer lorsque les satellites ne captent que la signature de surface, comme ce fut le cas au large de Chypre il y a quelques semaines – et triées grâce à des microscopes automatiques en fonction de leur forme et de leur taille.

Obstacles

L’inventaire, qui nécessite naturellement la plus grande rigueur scientifique, constitue une grande première au XXIe siècle. « Ces recherches vont permettre de faire un « point zéro » de ces écosystèmes et d’étudier leur évolution », estime Françoise Gaill, directrice de l’Institut écologie et environnement du CNRS. Elles ont d’autant plus de légitimité que le thermomètre mondial est en hausse et qu’on ignore encore avec exactitude quel sera l’impact de cette évolution et de l’un de ses fâcheux corollaires, l’acidification des océans, sur l’ensemble des espèces marines. Alors que la biodiversité dans son ensemble est désormais considérablement fragilisée, comment les micro-organismes supportent-ils le dérèglement climatique, quelle est leur capacité à absorber le gaz carbonique et quelle sera leur résistance à mesure que les températures iront crescendo ? C’est tout l’enjeu de cette épopée magnifique mais que certains ont tenté de compromettre, ainsi les autorités indiennes qui l’assimilent à un pillage en règle des ressources aquatiques du pays et ont donc mis leur véto à une entrée du vaisseau dans leurs eaux.

Les pouvoirs publics et l’industrie, eux, n’ont toujours pas fourni l’aide matérielle idoine à sa réussite. Il manque en effet huit cent mille euros pour boucler le budget 2010 et le volet financier est d’après Etienne Bourgois, président d’Agnès b. (NDLR : Le principal partenaire de la mission) et co-directeur de Tara Océans, « un casse-tête permanent ». « On ne sait pas trop comment financer des initiatives comme les nôtres qui explorent des domaines de la vie méconnus. On part à l’aventure et à l’aveuglette », a renchéri M. Karsenti, qui redoute un destin avorté semblable à celui de La Boudeuse et suggère de « se pencher sur les moyens sonnants et trébuchants à consacrer à la vulgarisation scientifique des travaux ».

Fruit d’un partenariat entre recherche publique et mécénat privé, cette mission mériterait en effet d’être mieux connue du grand public. En somme une communication et une couverture médiatique à la mesure de son exceptionnelle dimension.

* L’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), la Fondation EDF DiversiTerre et la Fondation Veolia Environnement sont aussi partenaires de Tara Océans
Crédit photo : Tara - T.Perillo Taaf
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • https://www.zamara.ch gratis inserate

    gratis inserate…

    [...]Wonderful story, reckoned we could combine several unrelated information, nevertheless really worth taking a look, whoa did one particular understand about Mid East has got a lot more problerms as well [...]…

  • https://www.youtube.com/watch?v=zRKdxtjGFGQ huge dildos

    huge dildos…

    [...]below you will come across the link to some sites that we think you ought to visit[...]…

  • http://www.tnsilicone.com/product/tn-series-silicone-rubber-mix-for-accessories.html silicone rubber material

    silicone rubber material…

    [...]Every the moment in a although we select blogs that we study. Listed beneath are the most up-to-date sites that we decide on [...]…