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Selon une enquête Ipsos réalisée pour la Collective du bioéthanol, près de neuf Français sur dix sont favorables à l’introduction de biocarburant dans le réservoir de leur véhicule pour lutter contre le réchauffement climatique. 74 % d’entre voient par ailleurs dans le développement de l’industrie de bioéthanol une priorité environnementale et sept sur dix pensent qu’il faut encourager son utilisation en réduisant les taxes. Il en va de l’intérêt national pour une large majorité de nos concitoyens et 74 % des automobilistes pensent le bioéthanol à même de réduire la dépendance énergétique française vis-à -vis du pétrole.
Il y a cependant un grand pas entre les (bonnes) dispositions et leur impact environnemental réel et ces pourcentages démontrent aussi – surtout – que le grand public n’est pas suffisamment informé de celui des agrocarburants, objets de nombreuses études ayant fait état une empreinte écologique en réalité supérieure à celle des carburants « standard ».

Publiée le mois dernier par l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IEEP) et commandée par la Commission européenne, l’une d’entre elles a fini par interpeller Bruxelles. Elle démontre il est vrai  qu’au-delà de 5,6 % d’agrocarburants dans le mix énergétique continental, les changements d’affectation des sols dus à leur production augmentent la quantité d’émissions carbone. Sans parler de l’augmentation du prix des denrées alimentaires, dommage collatéral majeur pointé entre autres par la FAO (Food and Agriculture Organization) et de la contribution active de la production de biocarburants de première génération à la déforestation, à l’expropriations des terres et au dérèglement du marché alimentaire mondial. Autant d’effets pervers qui décrédibilisent les agrocarburants et pourraient, à terme, permettre aux biocarburants de deuxième et troisième génération élaborés par exemples à partir d’algues, de cartons d’emballage ou encore de bactéries de conquérir le leadership mondial en matière d’essences « propres ».
Nous n’en sommes toutefois pas encore là , ainsi qu’en témoigne la création récente d’un Observatoire national des biocarburants qui, plutôt que d’apporter sa pierre à l’édifice scientifique, a vocation à appliquer les objectifs devenus très discutables fixés par la Commission européenne…

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