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Si cette étude ne devrait pas, dans les faits, réduire au silence les climatosceptiques, convaincus que la hausse du thermomètre mondial est entièrement imputable à la nature, elle légitime a contrario les nombreux partisans – experts, politiques et quidams – d’un déploiement massif de mesures pour réduire les émissions de CO2 générées par l’Homme…
Indépendante, rédigée par deux spécialistes suisses du climat, Reto Knutti et Markus Huber (NDLR : tous deux membres de l’Institut pour les sciences de l’atmosphère et du climat de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) ), et publiée dans la revue Nature Geoscience, peu réputée pour faire dans le sensationnalisme, elle conclut en effet à un réchauffement climatique à 74 % minimum d’origine anthropique.
Un pourcentage considérable, sensiblement équivalent à celui émis dans plusieurs expertises antérieures et que le duo a déterminé à partir d’une nouvelle méthode de simulation climatique. Basée sur les concentrations connues des gaz et aérosols présents dans l’atmosphère lors du siècle écoulé, celle-ci a donc mis en avant l’impact des émissions de GES d’origine anthropique dans la montée des températures, lesquelles ont crû de 0,85 degré celsius en moyenne depuis le milieu du XXe siècle. Ladite montée n’aurait dans le même temps été que partiellement contrebalancée par l’action refroidissante des aérosols atmosphériques.
A partir des données précitées, MM. Knutti et Huber sont parvenus à calculer la quantité d’énergie que les gaz et aérosols ont fournie au système climatique durant le XXe siècle. Ils ont ensuite intégré ces chiffres dans un modèle climatique certes simplifié mais tenant tout de même compte de la chaleur parallèlement absorbée par l’océan puis « réalisé de nombreuses simulations, en faisant intervenir séparément les facteurs climatiques ou en les associant, de sorte que la température globale terrestre donnée par leur modèle corresponde aux valeurs réelles mesurées », décrypte Stéphane Goyette, membre de l’Université de Genève cité par nos confrères du Temps. « C’est la simplicité de leur modèle qui a rendu cette façon de procéder réalisable. Au final, ils ont pu ainsi attribuer la part de chacun des facteurs, gaz ou aérosol, naturel ou anthropique, dans les fluctuations climatiques », a-t-il poursuivi.

« On arrive toujours à peu près aux mêmes conclusions »
Au cours de la seconde moitié du XXe siècle, les GES anthropiques auraient engendré une hausse du thermomètre de 0,85 degré celsius, soit 0,7 de plus que les facteurs naturels, les aérosols naturels et anthropiques n’ayant dans le même temps refroidi l’atmosphère qu’à hauteur de 0,3 degré celsius environ. Plus inquiétant encore : à ce rythme, les rejets carbone d’origine humaine pourraient conduire à une augmentation des températures planétaires de 3,5 degrés celsius à l’horizon 2050.
Un chiffre là encore similaire à celui avancé par d’autres climatologues, ce qui a fait dire à M. Goyette qu’indépendamment de la méthode utilisée, « on arrive toujours à peu près aux mêmes conclusions ». « Si l’on aboutissait un jour, par le biais d’une autre méthode, à des résultats contradictoires, il nous faudrait revoir nos bases théoriques », a-t-il ajouté.
Dans la mesure où pareil cas de figure ne s’est encore jamais produit, les négociateurs réunis jusqu’à vendredi dans le cadre du sommet de Durban (Afrique du Sud) ont un excellent motif supplémentaire de se battre pour surmonter leurs différends. Et, pour certains, de raisonner autrement qu’en termes de défense de leur pré carré.

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