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« NKM » proclame son attachement à l’énergie nucléaire

« NKM » proclame son attachement à l'énergie nucléaire
La ministre de l'Ecologie Nathalie Kosciusko-Morizet a à son tour exclu une sortie du nucléaire en France avant plusieurs décennies...

L’approche des élections présidentielles rend la ministre de l’Écologie plus pugnace. Une dizaine de jours après avoir sévèrement critiqué le programme environnemental de François Hollande dans les colonnes de nos confrères du Monde, elle s’est gaussée des discussions entre socialistes et écologistes sur le nucléaire hier au micro d’Europe 1.

Les observateurs les plus attentifs le savaient déjà. Nathalie Kosciusko-Morizet n’a pas sa langue dans sa poche. En témoignent, entre autres, ces propos peu amènes à l’endroit de Jean-François Copé et Jean-Louis Borloo, alors respectivement président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale et ministre de l’Écologie, en avril 2008, après qu’elle ait laissé voter un amendement du député communiste André Chassaigne visant à limiter la culture des OGM. À l’époque fraîchement nommée secrétaire générale adjointe du parti présidentiel, elle avait évoqué, après avoir été « recadrée » par François Fillon, qui lui reprocha a posteriori d’avoir rompu la règle de solidarité au sein du gouvernement, « un concours de lâcheté et d’inélégance entre M. Copé, qui essaie de détourner l’attention pour masquer ses propres difficultés au sein du groupe, et M. Borloo, qui se contente d’assurer le minimum ».

Le soufflé a largement eu le temps de retomber depuis et, surtout, l’heure n’est plus aux règlements de comptes en interne. Elle est à la défense du bilan écologique du président sortant, quand bien même « NKM » n’a pas toujours partagé ses vues, et de ce Grenelle de l’environnement si durement jugé par les associations et l’opposition qu’elle s’emploie à revigorer depuis près d’un an. Par voie de conséquence le Parti socialiste et à un degré moindre EELV (Europe Écologie-Les Verts) en prennent pour leur grade, et tant pis si une proportion grandissante de Français souhaite que Paris suive l’exemple de Berlin en abandonnant l’atome.

Telle n’est cependant pas la volonté d’un Nicolas Sarkozy qui n’a pas varié d’un iota sur ce dossier. VRP d’Areva et EDF pour les uns, tout simplement pragmatique pour les autres, le chef de l’État pourrait payer cher son inflexibilité dans les urnes – à condition bien sûr qu’il se porte candidat à sa propre réélection -, surtout si les considérations énergétiques continuent d’alimenter la chronique électorale quotidiennement ou presque comme c’est le cas actuellement. Il n’en demeure pas moins qu’un revirement serait un coup fatal à la crédibilité élyséenne, aussi le président et ses troupes doivent-ils maintenir le cap et marteler que « le nucléaire fera partie du bouquet énergétique français pendant des décennies au niveau mondial » comme l’a fait « NKM » hier, quitte à briser les espoirs des derniers « anti-atome » qui croyaient encore qu’une sortie du nucléaire serait possible en cas de nouveau quinquennat.

« Je ne suis pas engagée dans une discussion électoraliste avec les Verts »

« La France, qui a un haut niveau d’exigence en matière de sécurité et de sûreté nucléaire, est investie et c’est bien qu’elle le reste », a ajouté la ministre après avoir regretté qu’Eva Joly ait émis des doutes sur ce point auprès des autorités nippones lors de sa visite récente à Fukushima (Japon).

La place du nucléaire en France « n’a pas à se négocier », a-t-elle également estimé, faisant clairement allusion aux tractations entre les socialistes et les écologistes, qui officiellement ne sont enclins à un accord à l’issue du premier tour que si les premiers sont disposés à lâcher l’atome. Et de préciser à l’adresse des malentendants, après avoir réfuté toute approche idéologique sur le sujet : « je ne suis pas engagée dans une discussion électoraliste avec les Verts dans laquelle on échange des circonscriptions contre des points de parts du nucléaire dans le mix énergétique […] Le bon niveau nucléaire, c’est la base de ce qui reste quand on a créé de l’emploi et de la compétitivité avec les énergies renouvelables ».

« NKM » en a par ailleurs rajouté une couche sur les aspirations écologiques de M. Hollande, dont le programme « met en péril » la sûreté nucléaire en France. « Ne donner comme horizon au nucléaire que la discussion sur le nombre de centrales qu’on va fermer, c’est déplacer le débat et peut-être laisser (cette question) dans l’ombre », a-t-elle conclu. Sur ce dossier au moins, l’Élysée et l’Hôtel de Roquelaure parlent donc d’une seule voix. À rebours du « nucléocratisme présidentiel », la présidente de Cap21 Corinne Lepage, candidate comme en 2002, réclame elle aussi une sortie du nucléaire civil. Celle-ci est « la seule solution pour une ré-industrialisation de la France et pour sortir de la crise », a soutenu auprès de nos confrères de 20 Minutes l’ex-ministre de l’Environnement, en déplacement à Calvi (Corse) ce week-end à l’occasion du Festival du Vent.

« La mesure phare est de ne plus construire de nouvelles centrales en France pour donner un signal clair en faveur des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Cela va créer de l’économie et des emplois et réduira le coût de l’énergie pour les ménages (NDLR : le gouvernement, lui, n’a de cesse d’affirmer qu’un abandon du nucléaire entraînerait une explosion de la facture d’électricité des particuliers). Je ne fais pas de fixation sur la date de sortie du nucléaire mais il faut y arriver progressivement. Sept millions de personnes vivent en France à proximité d’une centrale et on sait qu’un accident n’est pas inenvisageable », a résumé l’eurodéputée. Elle ne sera sans doute pas entendue si la majorité des électeurs confiait une nouvelle fois les rênes du pays à M. Sarkozy. Reste qu’en cas de succès socialiste, M. Hollande, à défaut de satisfaire les revendications d’EELV, serait lui aussi inévitablement confronté au coût qu’impliquerait une sortie de l’atome (sept cent cinquante-milliards d’euros a minima).

Un coût qui pourrait mettre tout le monde d’accord, d’autant qu’il faudra plus que six mois pour résoudre la crise de la dette.

Crédits photos : flickr – Luc Legay / Lourenço Tomás
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  • visiteur

    A partir de quand allons-nous commencer à réfléchir en termes de coût humain et non en termes financiers pour le nucléaire, comme pour les autres sujets d’ailleurs ? Là est la vraie question…

  • http://www.scoop.it/t/l-orange-pressee-suit-aussi-la-politique-francaise/p/624339493/nkm-proclame-son-attachement-a-l-energie-nucleaire-zegreenweb « NKM » proclame son attachement à l’énergie nucléaire | zegreenweb | L’orange pressée suit l’actu | Scoop.it

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