NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

« L’action directe est ce dont nous avons besoin »

« L’action directe est ce dont nous avons besoin »
Mohamed Nasheed, le jeune président des Maldives, veut faire de son Etat le premier pays avec un bilan carbone neutre. Pas sûr toutefois que ces bonnes dispositions suffisent à sauver les dix-huit îles qui composent l’archipel, menacé d’engloutissement par la montée des eaux

Nouveau coup d’éclat de Mohamed Nasheed. Le jeune président de l’archipel des Maldives, habitué des déclarations coup-de-poing, s’est exprimé sur la situation de son fragile Etat lors d’un festival organisé par le quotidien britannique « The Guardian » qui se tient jusqu’au 5 juin dans le Parc National de Brecon Beacons (Pays de Galles). Ce cri d’alerte tranche avec la bien-pensance ambiante sur ce sujet sensible qu’est le réchauffement climatique.

Quand Ed Miliband, l’ancien secrétaire d’Etat britannique à l’énergie et au changement climatique, demande à Mohamed Nasheed, sémillant chef d’Etat à peine trentenaire, s’il est encore possible d’éduquer les populations vis-à-vis du changement climatique, sa sentence tombe sèche comme un couperet : non, il est trop tard. « Ce dont nous avons vraiment besoin est un grand mouvement social dans le style de celui des années 60 aux Etats-Unis, un mouvement populaire et dynamique issu de la rue ». M. Nasheed est un homme pressé par le temps. Il ne sait que trop bien pourquoi : l’Etat qu’il dirige pourrait être le premier englouti par la montée des eaux, corollaire du réchauffement climatique.

Le récidiviste a encore frappé

Le président de l’archipel des Maldives, trois cents kilomètres carrés regroupant trois cent mille habitants au large du Sri Lanka, n’en est pas à son coup d’essai. Arrivé démocratiquement au pouvoir en 2008 en se défaisant de l’ancien dictateur Maumoon Gayoom, il s’est rendu célèbre en organisant, le 17 octobre 2009, un conseil des ministres à trois mètres sous le niveau de la mer dans le but d’alerter l’opinion publique mondiale sur le risque de disparition de son pays. Et quand Ed Miliband lui demande a posteriori si cette opération était un coup de pub, il répond sans langue de bois : « Evidemment que ça l’était ». L’échec du sommet de Copenhague a d’autant plus sonné, aussi bien pour lui que pour ses homologues de l’AOSIS (Alliance of small island states), l’Alliance des petits Etats insulaires, comme une défaite sur l’assurance de leur avenir.

La bonhommie et le dynamisme du jeune président ont encore fait des merveilles au Guardian Hay Festival, rassemblement traditionnel de l’intelligentsia travailliste – forcément un peu groggy après les dernières élections. Interviewé des Maldives par vidéoconférence, M. Nasheed n’y est pas allé par quatre chemins pour charger la barque américaine. « Ma perception de la Chine est celle d’une population qui se met à croire au changement climatique. Ma perception des Etats-Unis est celle d’une grande partie de la population qui n’y croit tout simplement pas ». La clé de la lutte contre le changement climatique vient donc pour lui de Washington, mais pas forcément de la part des politiques : « Si le peuple américain veut que les choses changent, les choses changeront. Dans les années 60 et 70, ils l’ont bien fait. »

Quid de l’avenir des Maldiviens ?

Le fantasque chef d’Etat ne se demande plus si son Etat va être englouti un jour, mais plutôt quand est-ce qu’il va l’être et s’il restera dans l’histoire comme le premier à disparaître sous les eaux. Les Tuvalu, en Océanie, pourraient en effet le précéder. Se posera alors la question du déplacement des réfugiés climatiques, qu’il aborde fataliste : « Même si nous nous en allons, je me demande toujours où iront les papillons ? ».

M. Nasheed a plutôt une bonne opinion de ses deux grands voisins, l’Inde et la Chine. Là où les Chinois « croient au changement climatique », le président des Maldives note que « ce qui est rafraîchissant avec l’Inde est que ce pays écoute les gens, il écoute certainement les Maldives ». La position des deux géants asiatiques lors du dernier sommet de Copenhague a beau avoir laissé les observateurs sceptiques, le président maldivien considère que l’heure n’est plus aux atermoiements : « Nous ne pouvons plus attendre le plus petit dénominateur commun où chacun accepte de faire quelque chose ressemblant au final à pas grand-chose ». Même Ed Miliband, qui à l’époque avait plutôt mis en avant les efforts de l’administration américaine dans la lutte contre le réchauffement climatique, a maintenant « une vraie peur sur l’état du débat aux Etats-Unis » sur ce sujet. Il n’est pas le seul.

Eternel optimiste, M. Nasheed garde néanmoins espoir : « J’aurais pu perdre la vie si j’avais abandonné. Mais le simple fait de croire en la vie vous permet de vous sortir de situations terribles. Je crois dans l’ingénuité humaine ». Référence non seulement à son expérience de prisonnier politique, au temps où Maumoon Gayoom régnait en maître à Male (NDLR : capitale des Maldives), mais aussi à son ambitieux pari, nouvelle preuve de son volontarisme politique : faire des Maldives le premier Etat avec un bilan carbone neutre à l’horizon 2020. Pour ce faire il a dépêché les grands moyens : construction de trois parcs d’éoliennes, développement des technologies photovoltaïques… Histoire de joindre les actes à la parole.

Car bien que « les Maldives soient un petit pays et nous ne pouvons bombarder une ville histoire d’attirer l’attention des gens », le plan radical de sauvegarde de son Etat en danger pourrait constituer une source d’inspiration pour de nombreuses autres personnalités politiques. L’archipel n’est en effet pas le seul à risquer de payer cher la hausse des températures.

Crédit photo : UNDP (United Nations Development Program)
Suivez toute l'actualité sur ce sujet et sur le développement durable avec le flux RSS

GD Star Rating
loading...

NEWSLETTER :

Recevez chaque semaine le meilleur de zegreenweb !

  • http://www.vye80e80mt5enfn5tcev5y6ec6.com/ vye80e80mt5enfn5tcev5y6ec6

    Title…

    [...]Wonderful story, reckoned we could combine several unrelated information, nevertheless definitely worth taking a look, whoa did 1 learn about Mid East has got far more problerms too [...]…

  • http://www.2r34cyrn64tc24t2xw3w3.com/ 2r34cyrn64tc24t2xw3w3

    Title…

    [...]here are some links to sites that we link to for the reason that we think they may be really worth visiting[...]…

  • http://www.2cn48527tbx34cwtv425d.com/ 2cn48527tbx34cwtv425d

    Title…

    [...]below you will find the link to some sites that we assume you must visit[...]…